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Accord emploi : nous sommes loin d’un accord de flexisécurité à la danoise, affirme Pierre Gattaz

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Publié le , mis à jour le 14/01/2013 À 09H00

Entretien Pierre Gattaz, président du Groupement des fédérations industrielles et PDG de Radiall, livre en exclusivité pour L’Usine Nouvelle son analyse de l’accord emploi négocié vendredi 11 janvier. Une étape importante a été franchie selon lui. Il s’inquiète en revanche des ambitions que l’on prête à Laurence Parisot. La présidente du Medef souhaiterait se maintenir à la tête du Medef et serait prête pour cela à modifier les statuts de l’organisation. Pierre Gattaz s’y oppose formellement.

Accord emploi : nous sommes loin d’un accord de flexisécurité à la danoise, affirme Pierre Gattaz © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

L’accord signé par les partenaires sociaux, vendredi 11 janvier, est-il un bon accord selon vous ?
Cet accord va dans le bon sens. Il va créer un environnement plus adaptable pour les entreprises et générer plus de confiance. Il est de nature à rassurer certains chefs d’entreprise qui ont peur d’embaucher aujourd’hui. Et je dis bravo aux négociateurs, Patrick Bernasconi, Jean-François Pilliard et Benoît-Roger Vasselin, qui ont mené la délégation patronale. Ils ont fait un très bon travail. Je félicite aussi les représentants des salariés qui ont dit qu’ils signeraient. Ils ont pris leur responsabilité. Cet accord est une première étape importante, et amène des avancées pour les salariés et les entreprises. Il n’y a ni vaincu, ni vainqueur. Ou plutôt un vainqueur : le dialogue social français et le pays.

Et les entreprises également, non ? Cet accord institue une sorte de flexisécurité à la Française…
Nous sommes loin d’un accord de flexisécurité à la danoise. Cet accord n’est qu’une étape. Il n’est pas historique mais c’est une première étape importante. Nous allons maintenant devoir faire beaucoup de pédagogie pour expliquer le contenu de l’accord. C’est un texte complexe et nous avons eu de-ci de-là des retours qui montrent que nous devrons aller sur le terrain pour les rassurer.

"Ce n'est pas un accord historique"

 



Les patrons sont inquiets ? Ils trouvent que cet accord n’est pas bon ?
Ils sont globalement positifs mais il y a aussi des inquiétudes.

Sur la taxation des contrats courts ?
Entre autres. Ceux qui sont inquiets pointent deux sujets : la généralisation de la mutuelle et la taxation des contrats à durée déterminée. Certains patrons n’y ont pas recours mais dans l’hôtellerie-restauration, ou parmi les organisateurs de salon par exemple, c’est un sujet. Et c’est vrai qu’il faut veiller à ce que cette disposition ne renchérisse pas le coût du travail. C’est pour cela qu’à côté il faut de la flexibilité.

C’est ce que vous permettent de faire les accords compétitivité-emploi qui sont encadrés désormais par cet accord ?
Cette avancée est fondamentale. Elle permet de nouer des accords au plus près de la vie de l’entreprise. Chaque entreprise est un cas unique et plus on se rapproche du terrain, plus on a de chances de trouver les bonnes solutions aux problèmes qui se posent en mettant les salariés avec leur patron autour de la table. Le texte sécurise, sur le plan juridique, ces accords compétitivité-emploi.

Vous affirmez que cet accord est une étape, quelle sera la suivante ?
Maintenant, il faut que le gouvernement et le parlement nous fassent confiance et qu’ils respectent l’accord signé entre syndicats et patronat. Sinon, cela voudra dire que l’on ne respecte pas le dialogue social et nous n’arriverons pas à sortir par le haut de ces sujets. Ensuite, ce qui me semble important, c’est que la discussion que nous avons entamée se poursuive sur d’autres thèmes, sans que l’État ne nous mette la pression. Il y a beaucoup de sujets dont nous pouvons nous emparer, autour de l’environnement, de la formation ou de la fiscalité. Je crois que beaucoup de sujets, liés à la compétitivité coût et hors coûts peuvent se traiter par un dialogue social intelligent.

"Je ne veux pas croire que Laurence Parisot soit dans une démarche personnelle"

 



Certains patrons se sont fait entendre suite à la signature de cet accord. Ils craignent qu’il ait été signé pour préparer le terrain à un nouveau mandat de Laurence Parisot. On dit qu’elle pourrait demander une modification des statuts du Medef pour lui permettre de faire un troisième mandat. Cela vous choque ?

Tout d'abord, je voudrais souligner que Laurence Parisot a fait le job car elle achève sa présidence - débutée en 2005 - sur un accord positif pour les entreprises et pour l'emploi et donc pour notre économie. Pour autant, on ne change pas les règles du jeu à cinq mois d'une élection. Ce serait tout simplement irresponsable pour l'image de notre mouvement et désastreux pour la crédibilité du Medef. Mais je ne veux pas croire que Laurence Parisot soit dans ce genre de démarche personnelle... Sur le fond, je comprends qu'elle propose notamment d'accroitre la durée du mandat du président. Vous savez, pour diriger une organisation comme le Medef, je crois qu'il faut avant tout être un patron en exercice, et donc un patron capable de se partager entre les responsabilités du Medef et la gestion de son entreprise. C'est pourquoi je propose de raccourcir la durée du mandat. Je souhaiterais d'ailleurs que tous les candidats à la présidence du Medef qui ne manqueront pas de se déclarer dans les prochaines semaines s'engagent à ramener le mandat du président à 3 ans, éventuellement renouvelable une fois. Nous passerions donc, au maximum, à deux mandats de 3 ans et non un mandat de 5 ans complété par un second de 3 ans comme aujourd'hui. Ce nouveau cycle offre en effet un rythme plus court qui permet à la fois de consacrer du temps pour son pays mais aussi de poursuivre un projet pour son entreprise.

Êtes-vous candidat à la présidence du Medef ?
Nous nous étions engagés à attendre la fin de la négociation sur l'emploi pour nous prononcer sur cette question. A ce jour, l'accord n'est pas encore formellement signé et rien ne justifie de perturber la conclusion du processus. Naturellement, je m'exprimerai. Mais pour le moment, il est encore trop tôt pour répondre à votre question.

Propos recueillis par Thibaut De Jaegher

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