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L'Usine de l'Energie

L'Opep s'accorde sur une hausse de la production mondiale de pétrole

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Publié le , mis à jour le 22/06/2018 À 18H40

L'Opep a conclu le 22 juin un accord prévoyant un relèvement de la production de pétrole à compter de juillet. Mais cette modeste hausse ne devrait pas suffire pour compenser la baisse attendue des exportations du Venezuela et de l'Iran.

L'Opep s'accorde sur une hausse de la production mondiale de pétrole
Le ministre saoudien de l'Energie semble avoir convaincu son homologue iranien de soutenir la proposition d'un relèvement des extractions de pétrole. /Photo prise le 22 juin 2018/REUTERS/Heinz-Peter Bader
© Heinz-Peter Bader

Selon deux sources au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, l'Opep et ses alliés, y compris la Russie, se sont entendus le 22 juin sur une augmentation d'environ un million de barils par jour (bpj) de la production de pétrole, représentant environ 1% de l'offre mondiale.

Ce relèvement de la production est nominal. L'augmentation réelle devrait être plus limitée dans la mesure où plusieurs pays, qui ont récemment produit moins de pétrole que prévu, auront du mal à retrouver leurs quotas de production tandis que d'autres ne seront pas autorisés à combler l'écart, ont précisé des sources de l'Opep.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a précisé que la production augmenterait en fait de moins de 700.000 bpj.

De grands consommateurs de pétrole comme les Etats-Unis, la Chine et l'Inde appellent à une hausse des quotas de production afin de faire baisser les prix et éviter le risque d'une pénurie qui pourrait affecter la croissance de l'économie mondiale.

L'Arabie saoudite, chef de file de l'Opep, et la Russie, principal partenaire du cartel, sont en faveur d'un relèvement de la production mais l'Iran y était opposé en raison des nouvelles sanctions américaines qui pénalisent ses exportations de brut.

Troisième producteur de l'Opep, l'Iran avait invité le cartel à ne pas céder à la pression du président américain Donald Trump en faveur d'une augmentation des extractions, en soulignant que les sanctions de Washington étaient à l'origine de la récente hausse des cours du pétrole.

La Maison blanche a imposé de nouvelles sanctions contre l'Iran en mai et les experts estiment que la production iranienne diminuera d'un tiers d'ici la fin de l'année. Un accord sur une hausse des pompages ne serait donc d'aucune utilité pour Téhéran, à l'inverse de Ryad.

Le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al Falih, semble cependant avoir convaincu son homologue iranien Bijan Zanganeh de soutenir la proposition d'un relèvement des extractions quelques heures avant la réunion de l'Opep de vendredi.

L'an dernier, l'Opep et ses alliés ont signé un accord dit Opep+, réduisant la production cumulée des participants de 1,8 million de barils par jour pour désengorger le marché mondial.

Cet accord a contribué à faire remonter le cours du Brent autour de 73 dollars le baril contre 27 dollars en 2016.

Mais les perturbations survenues au Venezuela, en Libye et en Angola ont retiré du marché environ 2,8 millions de bpj ces derniers mois.

"Ce sera suffisant pour le moment mais pas assez pour le quatrième trimestre pour faire face à une baisse des exportations iraniennes et vénézuéliennes", a déclaré Gary Ross, directeur d'études sur le pétrole chez S&P Global.

"Il n'y a pas beaucoup de capacités inutilisées dans le monde: si nous perdons un million de bpj de production du Venezuela et de l'Iran au quatrième trimestre, d'où viendront tous ces barils? s'est-il interrogé. "Nous sommes partis pour prix élevées pendant longtemps

Sur le marché du pétrole, le Brent s'échangeait à 74,41 dollars le baril, en hausse de 1,86%, vers 14h40 GMT après la réunion et le président américain a réitéré son appel à l'Opep d'accroître sa production pour faire baisser les prix.

Les ministres des pays de l'Opep et de plusieurs autres grands producteurs, dont la Russie, se réunissaient ce vendredi à Vienne pour faire le point sur leur politique de production.

RISQUE DE CONTRACTION

Khalid al Falih a noté que le monde pourrait être confronté à un déficit d'approvisionnement pouvant atteindre 1,8 million de bpj dans la deuxième moitié de 2018 et que la responsabilité de l'Opep était de répondre aux inquiétudes des consommateurs.

"Nous voulons éviter la pénurie et la contraction que nous avons constatées en 2007-2008", a-t-il déclaré, faisant référence à la période où le baril était monté jusqu'à près de 150 dollars.

L'accord de l'Opep part de l'idée de revenir au respect à 100% des quotas fixés alors que la production des pays participants est actuellement à 40-50% au-dessus de cet objectif, pour compenser notamment les perturbations de la production au Venezuela, en Libye et en Angola.

Selon Bijan Zanganeh, si l'Opep revenait aux quotas initiaux, le cartel n'augmenterait plus sa production que d'environ 460.000 bpj. L'Iran s'est opposé à ce que les membres disposant de capacités supplémentaires comme l'Arabie saoudite comblent l'écart de production du Venezuela.

Khalid al Falih a lui aussi déclaré que la hausse réelle serait inférieure au million de bpj annoncé. Il a ajouté que l'Opep pourrait se réunir de nouveau en septembre pour ajuster l'accord.

Des sources de l'Opep ont également déclaré que l'Iran avait exigé que les sanctions américaines figurent dans le communiqué final de l'organisation.

Les Etats-Unis, qui disputent à la Russie et l'Arabie Saoudite la place de premier producteur mondial de pétrole, ne participent pas à l'accord Opep+.

(Avec Reuters)

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