Accident, terrorisme, malveillance... L'industrie chimique face aux menaces

Alors que la Chine est endeuillée par les explosions survenues à Tianjin, en France, l’industrie chimique tente de se prémunir contre une autre forme de menace : les actes malveillants et le terrorisme.

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Depuis les explosions survenues mercredi dernier sur un site abritant 700 tonnes de cyanure de sodium dans le port chinois de Tianjin, les questions se multiplient. Comment un tel drame responsable de la mort de 114 personnes a-t-il pu se produire ? En France, une telle situation aurait été inimaginable, veulent croire les industriels. Car depuis le traumatisme suscité par l’accident d’AZF, qui avait causé 31 décès en 2001, les sites industriels dangereux hexagonaux sont encadrés d’encore plus près. Sans compter l’application de la réglementation européenne appelée Seveso. Elle concerne 1 170 usines en France, dont un tiers d’usines chimiques, avec un classement en "seuil haut" ou "seuil bas" selon la quantité totale de matières dangereuses sur place.

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Le traumatisme de l’attentat chez Air Products

Mais cet été, l’industrie chimique française a été confrontée à une menace d’un autre genre : les actes de malveillance. L’assassinat d’un chef d’entreprise et la tentative d’explosion survenus sur le site d’Air Products le 26 juin, les explosions dans l’usine pétrochimique de LyondellBasell à Berre l’Etang (Bouches-du-Rhône) mi-juillet… Deux évènements traumatisants qui ont incité entreprises – dont la vigilance était pourtant renforcée depuis l’attentat contre Charlie Hebdo - et gouvernement à réagir. Le 17 juillet, Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, présidait ainsi une table ronde sur la sûreté des sites Seveso. Une circulaire est en cours pour lister les actions à mettre en œuvre.

Les premiers audits diligentés cet été

"A court terme, nous avons décidé la réalisation d’audits interministériels de sûreté physique des sites (barrière, contrôle d’accès, clôture…) sur un panel d’entreprises volontaires, et l’auto-évaluation de la sûreté sur les sites Seveso", explique Gaëlle Dussin, experte en sécurité industrielle de l’Union des Industries Chimiques (UIC). Durant l’été, plusieurs audits ont ainsi été menés par les gendarmes et le ministère. Problème, "les conseils délivrés n’étaient pas du tout proportionnés, estime un industriel. On ne peut pas construire de bunker ou mettre de caméras infrarouges sur tous les sites !" Et alors que la réglementation Seveso 3 exigeait des industriels qu'ils publient en ligne une description détaillée de ces usines, ils demandent désormais de pouvoir se limiter à des données génériques. Objectif, éviter de donner des idées à des personnes mal intentionnées…

Reste que la France a encore des progrès à faire. Aux Etats-Unis, la protection des sites sensibles a été renforcée récemment. Quant aux PPRT - ces "Plans de prévention des risques technologiques" décrétés, dans la foulée de l’accident d’AZF, pour mieux maîtriser les risques sur le territoire et éloigner ou protéger les habitations des sites Seveso de seuil haut - ils ont pris du retard. A l’heure actuelle, environ 80% des 400 PPRT ont été approuvés. Des conventions de financement doivent alors être élaborées avec de multiples parties prenantes, pour mettre en œuvre d’éventuels travaux et mesures d’expropriations…

Gaëlle Fleitour

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