Accident mortel d’un électricien à l’aciérie Iton-Seine

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Accident

Une opération courante qui vire au drame. L’aciérie Iton-Seine de Bonnières-sur-Seine (Yvelines) est en deuil depuis le décès, mardi dernier, d’un jeune employé.

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Clément, âgé de 22 ans, cherchait à effectuer une opération de maintenance sur un carreau de protection apposé devant la caméra d’un four de l’aciérie. Plutôt que de respecter le mode opératoire pour effectuer ce type d’opération, le jeune électricien « s’est faufilé dans un espace réduit de 35 centimètres de large », explique Vincent Smeeckaert, directeur de l’usine. Une erreur que le jeune homme a payée de sa vie, en succombant sous le poids d’une porte pesant plusieurs tonnes.

Imprudence ou inexpérience ? « Il n’y a pas de procédure de sécurité précise à suivre pour ce genre d’opérations », signale Manuel Lopez, représentant syndical CGT. Le principal tort, selon lui, est d’avoir laissé un jeune qui sortait de l’école reprendre le poste d’un électricien qui venait de partir. Une information démentie par la direction : « Clément a été recruté en octobre 2009, et pendant un an il a été en formation avec plusieurs accompagnateurs et tuteurs. Il avait toutes les compétences nécessaires pour réaliser cette opération banale. » Alors à qui la faute ? Vincent Smeeckaert reste dubitatif. Aujourd’hui encore, rien n’explique pourquoi la victime a « improvisé et changé le mode opératoire. »

Une enquête de la gendarmerie est en cours. Le désarroi causé par l’accident mortel ne devrait cependant pas conduire à une remise en cause fondamentale de l’organisation de l’entreprise. « On effectue déjà 1000 actions de prévention par an. Notre budget sécurité s’élève cette année à 2,7 millions d’euros. Notre quotidien, c’est la sécurité », assure le directeur. S’il se dit convaincu de la qualité de la formation reçue par Clément, « qui avait quand même un BTS », Vincent Smeeckaert songe à mettre l’accent sur la détection de comportements à risques au sein de l’usine.

Alors que l’usine devrait rouvrir lundi après-midi, le personnel, profondément choqué, bénéficie depuis hier des services d’une psychologue. Loin d’être isolé, cet accident vient s’ajouter à la liste d’affaires graves qui ont émaillé la vie de l’aciérie depuis 2000.

Marie Herbet

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Objectif : zéro accident
L'an dernier, les accidents du travail ont baissé. « Mais ne nous réjouissons pas trop vite, car cette inflexion est à mettre sur le compte du ralentissement de l'activité », explique Stéphane Soulier, le directeur des risques professionnels à la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam).
En réalité, le taux d'accidents semble avoir atteint un plateau depuis 6 ou 7 ans, autour de 700 000 cas par an.
Quant aux maladies, elles continuent de progresser régulièrement à un rythme annuel de 5 %. De mauvais résultats qui ne sont imputables, ni à un manque de réglementation, ni à un manque de sanctions (voir encadré). Les obligations légales sont de plus en plus strictes.
Les contrôles de l'inspection du travail se multiplient pour faire respecter les textes. Et, sur le terrain judiciaire, le nombre de contentieux explose. « Depuis 5 ans, les procès pour faute inexcusable de l'employeur en matière de sécurité et santé au travail ont été multipliés par mille », confirme maître Michel Ledoux, spécialisé en droit social. Avec à la clé, des additions salées en cas de procès….

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