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L'Usine Maroc

Abdelhamid Addou, un nouveau patron à la tête de Royal Air Maroc pour succéder à son redresseur Driss Benhima

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Publié le

Ayant longtemps travaillé dans l'industrie du tourisme, Abdelhamid Addou a succédé inopinément ce samedi à Driss Benhima à la tête de la compagnie nationale marocaine. Royal Air Maroc était dirigée depuis 10 ans par Driss Benhima qui l'a sorti du rouge et relancé avec notamment l'accroissement des liaisons vers l'Afrique subsaharienne.

Abdelhamid Addou, un nouveau patron à la tête de Royal Air Maroc pour succéder à son redresseur Driss Benhima
Le premier "Dreamliner" de Royal Air Maroc
© 2014@The Boeing Company

Transition expresse et surprise. Après son annonce le 6 février, lors d'un conseil des ministres, déconcentré à Laâyoune, dans le sud du pays, à l'occasion d'une visite du roi dans la région, le départ de Driss Benhima de la tête de Royal Air Maroc a été consommé ce lundi 8 février.

Une cérémonie de passation de pouvoir avec Abdelhamid Addou son successeur à la présidence du groupe public s'est déroulée à Rabat au siège de la compagnie.

Quadragénaire, Abdelhamid Addou (photo à droite avec le roi Mohammed VI), était depuis janvier 2014 président de la Société d’aménagement de la station d’Essaouira et de Mogador (SAEMOG). Il a été directeur général de l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) de 2008 à 2013, poste duquel il avait été limogé. Formé à l’Ecole Mohammedia des ingénieurs, il a occupé plusieurs postes dans le secteur privé chez Procter, Coca, Meditel ou Diana Holding. Ce pro du marketing et du tourisme devra poursuivre la relance de la compagnie et surtout l'amélioration de son image.

Patron de la Royal Air Maroc depuis exactement 10 ans (février 2006), Driss Benhima, un X de 61 ans né d'une mère française, a été pour sa part l’artisan du redressement de cette compagnie.

Avant cela, celui qui a débuté sa carrière à l'OCP avait occupé de nombreux postes de premier plan au Maroc notamment wali (préfet) de la région de Casablanca ou encore patron de l'Office national de l'électricité (ONE).

Le départ de Driss Benhima n'était pas attendu. La compagnie marocaine est l'objet de critiques récurrentes, notamment sur les réseaux sociaux, pour sa qualité de service, sa propreté ou le traitement privilégié dont font l'objet certains "VIP". Certains y voient une relation de cause à effet, voire une "colère royale", selon l'expression consacrée au Maroc, sans éléments probants pour l'instant.

Longtemps mal en point, la "RAM", une petite compagnie à l'échelle mondiale (moins de 10% d'Air France-KLM en passagers) a été remise d'équerre par Driss Benhima (photo ci-dessous à gauche).

Ces dernières années, il l'a aussi orientée vers une belle niche de marché : les liaisons vers l'Afrique subsaharienne. L'objectif est même de transformer peu à peu Casablanca, en hub vers les pays au sud du Sahara, ce que handicape pour l'instant la vétusté de l'aéroport Mohammed V.

L'ancien patron de la RAM, fort du redressement des comptes avait par ailleurs lancé ces dernières années un plan de modernisation de la flotte, avec notamment une commande de cinq "Dreamliner" Boeing 787 dont deux déjà en exploitation. Ou encore l'arrivée de moyen-courriers Embraer ERJ 190.

A noter qu'au grand désespoir des industriels européens, Royal Air Maroc, sous la présidence de Benhima, est toujours restée sourde aux propositions commerciales d'Airbus.

RAM exploite une flotte d'une moyenne d'âge de 7 ans, comprenant  48 avions dont un dédié à l’activité cargo, selon son site web.

Les Boeing constituent l’essentiel de la flotte. Cette dernière comprend des long courriers (4 Boeing 767 et un Boeing 747 qui doit être remplacé), des moyen-courriers (38 Boeing 737 nouvelle génération dont 32 de type 800 et 6 de type 700) et pour les vols domestiques et court courrier cinq ATR de type 72-600.

RAM devrait donc exploiter à terme cinq Boeing 787 "Dreamliner" et en a déjà pris livraison de deux unités depuis janvier 2015.

Du côté des services, Royal Air Maroc se désengage peu à peu du catering dans le cadre d'une alliance avec Servair. La compagnie a aussi noué une alliance avec Air France industrie dans la maintenance.

RAM a été l'an dernier co-investisseur auprès du toulousain STTS dans la création d'une des premières salle de peinture du continent à Casablanca.

Enfin, au plan commercial, un des grands handicaps de la RAM est que la compagnie marocaine ne fait partie d'aucune grande alliance aérienne mondiale type Skyteam. D'autant que le Maroc ambitionne de doubler (à 20 millions par an) son flux de touristes à horizon 2020-2025.

Une mission sur mesure pour le nouveau patron.

Pierre-Olivier Rouaud

Le trafic passager de la RAM a progressé de 6% en 2014 à 6,2 millions de passagers
Le chiffre d’affaires de la RAM a atteint près de 14 milliards de dirhams en 2014 (1 000 dirhams = 93 euros), soit une augmentation de près de 4% et son bénéfice net de 183 millions de dirhams a fait un bond de 9,3%.
Toujours en 2014, illustration de la stratégie continentale de la compagnie aérienne, ses liaisons avec l’Afrique avaient progressé de 17% en nombre de passagers.

 

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