Abbott cède ses actifs non américains à Mylan

Mylan va mettre la main sur un portefeuille de plus de 100 médicaments d'Abbott. L'opération est estimée à 5,3 Mrds $ et se réalisera par transfert d'actions. Une fois la transaction finalisée, Abbott détiendra 21 % du capital de Mylan.

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La sphère pharmaceutique internationale continue d'être le théâtre d'opérations à coup de milliards de dollars. Alors que son ex-division purement pharmaceutique AbbVie tente de racheter Shire, Abbott s'apprête à sérieusement alléger son portefeuille. Le laboratoire américain a l'intention de céder plus de 100 médicaments à son compatriote Mylan, spécialisé dans les génériques, dans le cadre d'une transaction évaluée à environ 5,3 milliards de dollars (3,9 Mrds €). Près de 90 % des produits cédés sont des médicaments de spécialité et des génériques, les 10 % restants étant des OTC. Ces produits sont commercialisés dans 40 pays, principalement en Europe, au Japon, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Abbott a précisé que la transaction ne concernait pas ses actifs aux États-Unis et dans les pays émergents. « Notre activité de produits pharmaceutiques de marque et de génériques se focalisera sur les marchés émergents, où les changements démographiques et l'accès croissant à la santé devraient entraîner une croissance durable », a confié Miles White, le p-dg d'Abbott. Le génériqueur reprendra deux usines de production de son compatriote, localisées en France, à Rungis (Val-de-Marne) et au Japon. En revanche, Abbott conservera ses sites de production situés aux Pays-Bas, en Allemagne et au Canada. Les actifs acquis par Mylan ont généré environ 2 Mrds $ de ventes en 2013 et emploient environ 3 800 salariés. Ils couvrent cinq aires thérapeutiques majeures, à savoir les pathologies cardiaques liées aux troubles du métabolisme, les problèmes gastro-intestinaux, les anti-infectieux et maladies respiratoires, le système nerveux central et le traitement de la douleur, ainsi que la santé féminine et masculine.

Abbott ne restera pas au capital de Mylan

Cette opération de 5,3 Mrds $ s'effectuera par transfert d'actions. Les actionnaires d'Abbott recevront 105 millions d'actions Mylan à un prix unitaire de 50,20 $, ce qui représente environ 21 % du capital de Mylan. « Abbott ne s'attend pas à être un actionnaire à long terme de Mylan et prévoit au final de redéployer le produit net de cette opération vers des opportunités qui pourraient être relutives au fil du temps », a cependant prévenu le laboratoire américain. L'opération devrait être bouclée au premier trimestre 2015. Via cette acquisition, Mylan s'attend à générer des ventes pro-forma 2014 de 10 Mrds $ et un Ebitda ajusté d'environ 3 Mrds $ (voir graphe). En 2013, le génériqueur avait dégagé un chiffre d'affaires de 6,9 Mrds $. Les ventes 2013 d'Abbott se sont, elles, élevées à 21,85 Mrds $. Ce rachat présente également un intérêt fiscal pour Mylan. Le génériqueur a en effet expliqué qu'il avait l'intention de transférer les actifs acquis au sein d'une nouvelle société, New Mylan, implantée aux Pays-Bas. Une fois le transfert effectif, Mylan fusionnera avec New Mylan, qui deviendra alors la maison-mère de Mylan. La nouvelle entité sera renommée Mylan N.V. Elle sera dirigée par l'équipe de management actuelle du groupe de génériques et conservera son siège social à Pittsburgh, aux États-Unis. Cette démarche rappelle celles d'autres groupes américains, notamment Pfizer et AbbVie, qui ont tenté de se domicilier fiscalement aux Royaume-Uni via les acquisitions d'AstraZeneca et Shire. Et ce phénomène ne se limite pas qu'au secteur pharmaceutique. D'après l'AFP, de nombreux groupes veulent se domicilier hors des États-Unis, où ils estiment l'impôt sur les sociétés (35 %) trop élevé.

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