"Abandonner la filière MOX, c'était abandonner le nucléaire"

Nicolas Goldberg est analyste nucléaire chez Sia Conseil. Il estime que c'est une bonne chose que l'accord entre le Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts ne prévoit plus l'abandon de la filière retraitement et MOX (combustible Uranium-Plutonium).

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L'Usine Nouvelle - Est-ce que l'accord entre le PS et EELV est un coup dur pour la filière nucléaire française ?
Nicolas Goldberg - Hier soir, je vous aurais dit que c'était une catastrophe à cause de l'abandon de la filière de fabrication de combustible MOX (mélange d'uranium et de plutonium). Areva contrôle environ 90 % de parts de marché du MOX dans le monde. Abandonner cette filière, c'était abandonner le nucléaire français. L'industrie française aurait perdu son principal atout à l'étranger et aurait perdu son avance technologique par rapport à ses concurrents. L'annonce, aujourd'hui, que cette filière ne serait pas touchée par l'accord est plus sage.

Est-ce que le MOX est un élément de l'indépendance énergétique française ?
En partie. Dans le combustible nucléaire, 12 % est issu du recyclage des déchets en France, utilisable dans les 22 réacteurs certifiés. En 2010, cela représente 120 tonnes de MOX sur les 1 000 tonnes de combustible brulé dans l'Hexagone. L'ambition est de monter à 17 % d'ici 2020. Ce n'est pas gigantesque mais cela signifie que nous sommes indépendants sur au moins une part de notre production d'électricité nucléaire… autant d'économie sur nos imports de matières premières.

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Comment jugez-vous l'arrêt de 24 réacteurs du parc français d'ici 2025 ?
Les 24 réacteurs les plus anciens sont âgés de 28 à 34 ans. Le plus vieux, Fessenheim (Haut-Rhin), serait arrêté immédiatement. C'est nécessaire à François Hollande pour abaisser la part de l'atome dans le mix énergétique et EDF arrêterait un réacteur qui pose des problèmes techniques. L'un dans l'autre, tout le monde est gagnant. Pour les autres, EDF perdrait 5 à 10 ans d'exploitation sur ses réacteurs. Cela lui imposerait de revoir son business-model car l'électricien perdrait 10 ans de vente de kWH . Or une part du prix vente comprenait le coût de démantèlement des réacteurs.

Est-ce que la France peut gérer l'arrêt de 24 réacteurs ?
Sur un horizon de 15 ans, oui. D'une part, la France exporte beaucoup d'électricité. Elle pourra réajuster ses échanges. D'autre part, le nucléaire français est utilisé pour la production de base (tout au long de l'année) et la production de semi-base (ajustement des variations prévisibles sur le long cours). Or si l'on diminue la part du nucléaire, l'ensemble du parc sera utilisé pour la production de base, là où il est le plus performant. Donc, le taux de disponibilité des centrales sera augmenté de 80 % aujourd'hui à 85%, voire 90%. Le reste de la puissance sera compensé par le développement d'énergies renouvelables mais surtout du gaz. EDF s'y prépare d'ailleurs déjà avec la construction du terminal méthanier à Dunkerque (Nord-Pas-de-Calais) et avec sa participation dans le gazoduc Nordstream.

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