A400M : Louis Gallois lance un cri d'alarme

Louis Gallois, le patron d'EADS, lance un cri d'alarme pour la survie du programme A400M, qui est en grande difficulté financière.

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"Si aucune décision n'est prise par les pays clients sur la prise en charge des surcoûts, il est clair qu'EADS ne pourra pas continuer car nous perdons trop d'argent". Le PDG d'EADS, qui présentait ses voeux à la presse à Séville dans l'usine même où l'avion de transport militaire d'Airbus est assemblé, estime que chaque mois, le groupe supporte 100 à 150 millions d'euros de surcoûts sur ce programme en raison du retard de plus deux ans. Du coup, sur les 180 premiers avions commandés par les sept pays clients, EADS fait des pertes, et le groupe européen a du déjà passer 2,4 milliards d'euros de provisions.

Selon un audit de PriceWaterhouseCoopers, le surcoût global de l'A400M est d'environ 8 milliards d'euros pour un budget de départ de 19 milliards prévu dans le contrat passé en 2003. Une réunion des sept pays clients (France, Allemagne, Royaume-Uni...) est en principe prévu d'ici fin janvier pour décider s'ils prendront ou non en charge une partie des surcoûts, mais pour l'instant, plusieurs pays sont soit restés silencieux sur leur position, soit certains, comme l'Allemagne, ont fait savoir qu'il ne voulait pas financer ces surcôuts audelà d'un certain montant (650 millions d'euros pour l'Allemagne). Insuffisant pour EADS. Le groupe estime avoir fait sa part avec les provisions déjà prises. "A mon grand regret, il n'y a pas le début d'une négociation avec les clients, et cette incertitude n'est pas supportable pour un groupe industriel comme EADS", ajoute Louis Gallois.

Pour l'instant, le patron d'EADS ne parle pas d'un arrêt du programme et de la fermeture de la chaîne d'assemblage de Séville. Mais il en agite la menace. "Le programme A400 M en l'état met en danger toute l'entreprise Airbus et sa capacité à poursuivre ses autres programmes", appuie Tom Enders, PDG d'Airbus. Si un arrêt était décidé par le conseil d'aministration d'EADS, près de 10 000 emplois directs seraient menacés et 40 000 au total avec tous les sous-traitants. Par ailleurs, cela sonnerait le glas des ambitions européennes en matière de défense. Enfin, la stratégie de rééquilibrage entre activités civiles et activité défense d'EADS serait mise à mal.

A Séville, Guillaume Lecompte-Boinet


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