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A400M : EADS au pied du mur

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A400M : EADS au pied du mur © EADS

Il est désormais quasi certain qu’un accord politique est proche pour régler une fois pour toute le partage des surcoûts de l’A400M (7,6 milliards d’euros). Ce qui pourrait être fait lors de la rencontre informelle des ministres de la Défense de l’Union Européenne qui doit se dérouler mercredi 24 et jeudi 25 février à Palma de Majorque (Espagne). Après viendra le temps de la mise en oeuvre de l’accord. Du côté des sept Etats clients de l’A400M (voir ci-dessous), on considère comme définitive l’offre de prise en charge des surcoûts à hauteur de deux milliards d’euros, accompagnée d’une aide de 1,5 milliard d’euros dont les modalités restent à fixer. Il s’agirait soit d’avances remboursables, soit de garanties à l’export (type Coface). A l’instar des Allemands, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a répété ce matin : « Nous sommes allés au bout du bout de ce que l’on pouvait proposer. Nous n’irons pas plus loin. »

Chez EADS et Airbus, la proposition des gouvernements constitue « un minimum », selon les propos tenus par Tom Enders, le PDG d’Airbus vendredi dans le Financial Times. Un minimum « par rapport à ce dont nous avons besoin pour continuer le programme. Nous avons fait des progrès, c'est indéniable. Je pense qu'il y a de bonnes chances que nous arrivions à un accord. Mais vous ne me verrez pas déborder d'enthousiasme. » Tom Enders estime que l’offre ne garantit pas une « situation confortable » pour l’avionneur et sa maison mère. Les réactions du patron d’Airbus ont cependant déplu dans les milieux gouvernementaux allemands.

Un point de convergence à finaliser

EADS affirmait également la semaine dernière que la lettre des Etats « constitue certainement une étape importante vers un point de convergence ». Le groupe européen a d’ailleurs pris sa plume pour avancer des solutions supplémentaires et obtenir une clarification sur plusieurs points, notamment sur la nature de l’aide financière de 1,5 milliard d’euros. Louis Gallois souhaite éviter un prêt, qui alourdirait le bilan financier. Il préconiserait plutôt un mécanisme de cession de technologies aux gouvernements, qui toucheraient en contrepartie des royalties. Même si tout n’est pas encore clair, EADS se dit prêt pour présenter ses comptes 2009, comme prévu le 9 mars prochain. Car le groupe européen n’a plus tellement d’autre choix que d’accepter les conditions imposées par les Etats clients.

Matthieu Maury et Guillaume Lecompte-Boinet

Zoom sur les surcoûts

-Budget initial de l’A400M : 20 milliards d’euros pour 180 appareils

-Pays clients : Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Turquie, Luxembourg

-Surcoût total : 7,6 milliards d’euros

-Part payée par les Etats : 3,5 milliards

-Part payée par EADS : 4,1 milliards (dont 2,4 milliards de provisions déjà passées)



 

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1 commentaire

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23/02/2010 - 16h14 -

le surcout est-il de 7,6 milliards d'euros ou de 11 milliards ? Les informations sont contradictoires d'un article à l'autre.
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