A380 : l'UIMM Aquitaine s'inquiète

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A380 : l'UIMM Aquitaine s'inquiète
Pas de temps à perdre face aux turbulences que traverse le programme A380. De fait, l'UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) Aquitaine s'est dépêchée de lancer une enquête « flash » auprès des entreprises pour prendre la température.
Résultat : 42 entreprises et leur 5 800 salariés sont concernées directement par le programme de l'A380. Ce n'est pas tout ! Le décalage du programme pourrait avoir aussi des effets sur 49 autres PME, qui emploient quelque 2 300 salariés. Voilà pour l'incidence globale.
Pour celles qui sont directement impactées, 41 % d'entre elles ont fait des investissements spécifiques pour ce marché et 22 % se sont lancées dans le risk-sharing pour les commandes liées à ce marché. Sans compter que dans bon nombre de cas, elles appliquent le risk-sharing à d'autres programmes que celui de l'A380. En 2007, 16 % prévoient une baisse du chiffre d'affaires très significative. 28 % s'attendent à de fortes tensions sur leur trésorerie.
« Il faut donc agir vite et fort. Et trouver des pistes de diversification permettant de tirer de la valeur ajoutée. Mais surtout il faut anticiper, se préparer aux nouveaux marchés, être en amont pour avoir un coup d'avance », ne cesse de répéter Jean-François Cledel, président de l'UIMM Aquitaine, qui craint « une déstructuration de toute la chaîne des sous traitants » si la mobilisation globale de tous les acteurs, de l'Etat, de la Région, ne se fait pas.
A court terme, certaines entreprises pourraient se retrouver dans l'impossibilité de mobiliser de nouvelles ressources financières pour s'adapter aux programmes Airbus A350 ou A320. Pour ne rien arranger, l'Aquitaine aurait pris beaucoup de retard en R&D, selon Jean-François Cledel : « Il nous manque ce lien entre le tissu industriel et la recherche ». Et d'expliquer que lorsque Grenoble délivre 1150 diplômes d'ingénieurs, Bordeaux péniblement en délivre 650 par an.
Pour autant, l'UIMM n'entend pas jouer les pleureuses. Elle a concocté un plan d'actions, avec sept priorités allant du marketing industriel, à l'internationalisation, aux actions collaboratives structurantes industrie-recherche-formation, à la pro-activité industrielle et à l'optimisation des avantages de proximité.
Surtout, l'UIMM en appelle à une démarche collective débarrassée des clivages de chapelles institutionnelles et politiques. « On ne peut que regretter l'absence d'un lieu d'échanges qui permette de discuter du fonds des dossiers, estime Xavier Esturgie, secrétaire général de l'UIMM. En fait, il faudrait que les élus aient une culture technique des problèmes et qu'un vrai dialogue entre la société civile et les politiques s'instaure », lâche t-il. Sans trop se faire d'illusions.
De notre correspondante Colette Goinère

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