L'Usine Aéro

A380, avion électrique, taxi volant… Ce qu'il fallait retenir du passage de Marwan Lahoud, le monsieur stratégie d'Airbus, à l'Assemblée nationale

Pierre Monnier , ,

Publié le

La commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale recevait le 18 janvier Marwan Lahoud. Le directeur général délégué d'Airbus était présent pour s'expliquer sur Gemini, le plan de restructuration du groupe aéronautique. Mais les députés présents en ont profité pour en savoir plus sur certains projets de l'avionneur.

A380, avion électrique, taxi volant… Ce qu'il fallait retenir du passage de Marwan Lahoud, le monsieur stratégie d'Airbus, à l'Assemblée nationale © D.R.

La séance aurait dû dévoiler les grandes lignes de Gemini, le plan de restructuration d'Airbus. Reportée faute de calendrier, l'intervention de Marwan Lahoud, le directeur général délégué d'Airbus, à la commission des affaires économiques a finalement eu lieu le 18 janvier 2017. Seulement, les moindres détails du plan Gemini avaient déjà été dévoilés, notamment lors de son annonce fin septembre 2016 ou plus récemment lors d'une rencontre entre Tom Enders, le PDG d'Airbus, avec les syndicats.

Marwan Lahoud, en charge de l'international, de la stratégie et des affaires publiques de l'avionneur, n'a donc pas pu donner de plus amples informations sur le projet Gemini. Il n'a pu que rappeler que tout serait fait pour que les 1 164 postes supprimés, dont 640 en France, le soient sans licenciement sec. "Je n'ai jamais vu une situation dans laquelle nous sommes allés jusqu'à ce terme-là, rassure-t-il. On va privilégier les redéploiements en interne, certains départs naturels non remplacés, les retraites anticipées, les départs volontaires avec incitation financière."

Des avions d'abord hybrides, puis électriques

Bien que l'ordre du jour ait été le plan Gemini, les députés présents ont posé des questions sur d'autres projets menés par Airbus. Marwan Lahoud a ainsi évoqué l'électrification des avions. Les obligations de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) pour que les acteurs du transport aérien deviennent neutres en émission au-delà de 2020 oblige les constructeurs à se tourner vers la propulsion électrique. "Quelle que soit la croissance du trafic, la valeur absolue des émissions n'augmente pas", explique le directeur général délégué. En 50 ans, les émissions des avions ont été réduites de 75%, mais les décisions prises lors de la COP21 à Paris obligent à "prendre des mesures drastiques. Il ne suffit pas de faire la même chose que jusqu'alors, précise Marwan Lahoud. D'où l'électrification."

Mais faire voler un avion grâce à l'électricité n'est pas aussi simple que de faire rouler une voiture. "Nous avons besoin de beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie pour voler", regrette le cadre en charge de la stratégie. Selon les ingénieurs d'Airbus, à l'heure actuelle, faire voler un avion de 100 personnes tout-électrique est compliqué. L'avionneur se tourne donc vers une démarche hybride dans un premier temps. Mais l'objectif du 100% électrique est bien présent. Contrairement à la majorité des domaines où le stockage de l'énergie pose problème, Airbus est gêné par la circulation du courant et la dissipation thermique. "Il faut une telle énergie pour faire voler un avion, que les fils de cuivre qui ferait passer l'électricité chaufferaient tellement qu'il ne serait tout simplement pas certifiable, avoue Marwan Lahoud. Physiquement, nous sommes bloqués par la capacité à avoir de la supraconductivité à température ambiante, c'est-à-dire à -50 degrés."

Pas d'A380neo prévu pour le moment

Parmi les autres thèmes évoqués, le directeur général délégué s'est expliqué sur le projet de voiture volante à destination des villes congestionnées. "La mobilité urbaine est une autre voie stratégique dans laquelle nous nous engageons. L'idée est de savoir si nous sommes capables de déployer des services de mobilité urbaine utilisant la troisième dimension." Des premiers tests ont eu lieu avec un hélicoptère piloté par l'homme. "Nous avons des objets piloté depuis le sol ou autopiloté, détaille Marwan Lahoud. Nous voulons expérimenter à la fois la technologie, mais aussi la capacité à certifier." C'est d'ailleurs un domaine dans lequel excelle Airbus : "Nous savons ce qu'est la certification et la sécurité."

Lorsque le gros porteur d'Airbus a été évoqué, Marwan Lahoud a définit l'A380 comme "un avion formidable, que les passagers plébiscitent unanimement". Selon lui, le manque de commande sur le plus gros avions de ligne du monde est "une question d'être en mesure de convaincre nos clients, les compagnies aériennes, qui ne sont pas les passagers". Quant à la remotorisation demandé par certains clients et un temps envisagé, mais la rentabilité des coûts par rapport aux bénéfices n'est pas là. "Pour l'instant, il faut vendre de l'A380, insiste-t-il. La priorité c'est vendre, vendre, vendre et encore vendre."

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