A Zhuhai, la Comac montre les muscles

L’avionneur chinois totalise désormais 430 commandes pour le C919, et réfléchit déjà à la suite avec un nouvel appareil qui pourrait être construit en partenariat avec le russe UAC. Et son avion régional ARJ21 devrait être certifié par les autorités chinoises d’ici la fin de l’année.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

A Zhuhai, la Comac montre les muscles

Trente de plus ! Sur le salon de Zhuhai, l’avionneur chinois Comac a annoncé une nouvelle commande de 30 exemplaires de son moyen-courrier C919 de la part d’une compagnie de leasing chinoise, ce qui porte son carnet de commande à 430 avions.

L’appareil, d’une capacité de 158 à 174 sièges, se veut un concurrent de l’A320 d’Airbus et du 737 de Boeing. Le premier exemplaire de l’avion est actuellement en construction : "Il ne manque plus que le cône arrière et la voilure", explique un industriel français qui a visité la Final Assembly Line (FAL) de Pudong, près de Shangaï. Six exemplaires sont prévus pour les essais en vol, et deux autres pour destruction lors de tests. Les premiers tours de roues sur la piste (roll-out) sont prévus pour mi-2015, et le premier vol devrait se produire au mieux à la fin de l’année 2015, et la livraison démarrera en 2018.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

"Depuis le 777 de Boeing, tous les programmes aéronautiques récents ont été livrés en retard", fait-on remarquer chez Safran, seul fournisseur retenu pour équiper le C919 en moteurs, avec le Leap, via la coentreprise CFM avec l’américain General Electric. "Comac a été le premier client du Leap en décembre 2009, rappelle Bruno Cotté, directeur général adjoint de Safran, en charge de l’international. Et c’est ce qui a occasionné la réponse d’Airbus avec l’A320Neo et de Boeing avec le 737Max".

2200 ventes comme objectif

Le premier moteur du C919 devrait être livré à l’avionneur chinois en avril 2015. "Nous représentons 30 % de la valeur de l’avion", indique Bruno Cotté. Outre le moteur, Safran fournit en effet via ses filiales les nacelles et le câblage de l’appareil, pour un total de 14 millions de dollars par appareil. L’équipementier français est donc particulièrement intéressé au succès de son client chinois.

"Dans les vingt ans qui viennent, 2200 avions de ce type vont être vendus en Chine, et Comac vise 800 exemplaires, soit un tiers du marché. Ce n’est pas hors de leur portée", souligne le directeur adjoint de Safran. Et au total, l’avionneur chinois espère vendre quelque 2200 exemplaires du C919 dans le monde. Sauf que pour l’instant, un seul des 430 exemplaires a été acheté en dehors de la Chine.

Un concurrent pour l’A330

La Comac (Commercial aircraft corporation of China), contrôlée par l’Etat, ne compte pas s’arrêter là. Elle prépare déjà un autre modèle d’avion qui pourrait venir concurrencer l’A350 d’Airbus. Initialement appelé C929, le projet porte désormais le nom de code SRLRWB pour "Sino-Russian Long Range Wide Body".

Il serait développé avec le russe UAC (United Aircraft Corporation). "Le patron du programme est chinois, et son adjoint est russe", croit savoir un industriel français. Le programme devait être présenté ce mardi 11 novembre aux partenaires industriels de la Comac.

L’ARJ21 bientôt certifié

La Comac est par ailleurs en passe de franchir une étape importante avec la certification de l’ARJ21, son avion régional bi-moteur d’environ 70 places, qu’il a vendu à 278 exemplaires. Celle-ci pourrait intervenir le 28 décembre prochain de la part de la CAAC, autorité chinoise de l’aviation civile. "La FAA, l’organisme américain de certification, pourrait délivrer la certification dans un ou deux ans, explique un observateur français. Cela veut dire que les Chinois sont désormais capables de fabriquer un avion répondant aux normes internationales".

Le projet, dont les premières livraisons étaient prévues en 2009, a largement dérapé, faisant de l’ARJ21 un avion "mal-né" : "Les Chinois se sont aperçu qu’il y avait beaucoup d’éléments de design qui ne correspondaient pas aux standards internationaux", explique un industriel français. Initialement porté par Avic (avec sa filiale Avic Commercial Aviation Corporation), le projet a été repris par la Comac en 2011.

L’avion, dont les deux premiers exemplaires seront livrés à Chengdu Airlines début 2015, était présenté en vol ce 11 novembre lors de l’ouverture du salon de Zhuhai.

A Zhuhai, Patrick Déniel

Partager

NEWSLETTER Aéro et Défense
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS