A trois mois de la COP21, les contributions sont insuffisantes

Alors que le sommet de Bonn se tient cette semaine pour continuer les préparatifs pour la COP21, il reste beaucoup à faire pour respecter une hausse des températures inférieure à 2°C. Pierre Cannet, de WWF France, fait part de ses inquiétudes.

 

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Bonn, Allemagne, nouvelle étape du marathon des négociations à trois mois de la COP21 qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre. Depuis le 31 août et jusqu’au 4 septembre, les délégués des 196 membres de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) tentent de faire avancer les négociations autour d'un accord qui se doit de viser le long terme mais aussi d'être en mesure d'être actualisé régulièrement.

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Pierre Cannet, responsable du programme climat au WWF France, qui fait pression sur les États et les entreprises pour les pousser à agir et à donner leurs contributions, n’est pas très rassuré, même s’il salue les initiatives des Etats-Unis et de la Chine . "Depuis l’élection de Barack Obama, nous avons fait du lobbying et obtenu une contribution plus forte que prévue. En Chine, le pic de pollution est prévu pour 2030, mais nous espérons qu’il sera ramené à 2025. Aujourd’hui, 56 pays sur 195 ont donné leur contribution qui représente 58 % des émissions de CO2, regrette-t-il. Difficile d’être optimiste, car la somme des contributions est bien insuffisante pour ne pas dépasser une augmentation des températures de 2°C".

"Personne n’est dans les clous"
Pierre Cannet ne met pas seulement en cause les pays qui n’ont encore rien donné comme l’Inde et le Brésil. "Les objectifs déjà fixés nous placent sur une mauvaise trajectoire. L’Europe, qui était leader, a mis un frein sur ses objectifs. Personne n’est dans les clous". S'il est quasiment certain qu’il y aura un accord, Pierre Cannet s'interroge sur sa teneur et sur le travail qui sera réellement effectué durant la période 2015-2020. "Chez WWF, nous sommes certains qu’il faut mettre en place un plan d’urgence dès maintenant. Nous avons une fenêtre très courte de cinq ans. Sinon, on va droit dans le mur, s’inquiète-t-il. A ce rythme, en 2040, nous n’aurons plus de possibilités de consommer du carbone".

La taxe carbone, un leurre
Reste que la responsabilité ne repose pas seulement sur les Etats. Les entreprises ont encore des progrès à faire. Les organisations - Carbon Disclosure Project (CDP), United Nations Global Compact, World Resources Institute et WWF - qui ont fondé l’initiative Science Based Targets ont lancé à l’occasion du Business & Climate Summit de Paris (20 et 21 mai 2015) une campagne pour mobiliser 100 entreprises d’ici fin 2015. L'objectif est qu'elles s'engagent à aligner leurs émissions de gaz à effet de serre sur les recommandations des scientifiques du GIEC pour limiter la hausse de la température moyenne en-dessous de 2°C.

Aujourd’hui, 80 % des 500 plus grandes entreprises du monde ont mis en place des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre ou de gestion de l'énergie. Mais seule une douzaine prennent en compte la nécessité de contenir la hausse de la température moyenne mondiale en-dessous de 2°C. Pire, si les industriels se battent pour que soit instauré un "prix mondial du carbone, pour certains ce n'est que de l'affichage. On sait que c’est très complexe à mettre en place. Pendant ce temps-là, ils continuent à faire comme avant".

Olivier Cognasse

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