"A terme, nous n’achèterons que de l’huile de palme durable", promet Marc Toussaint

Six industriels (Ferrero, Nestlé, Unilever, Vandemoortele, CSM et Cérélia) et trois associations professionnelles (Association nationale des industries agroalimentaires, Alliance 7 et la Fédération nationale des industries des corps gras) ont uni leurs forces pour créer l’Alliance française pour une huile de palme durable. Ce groupement - dont les membres représentent 90% de la consommation française d’huile de palme - vise à redorer le blason de cet ingrédient vivement critiqué pour ses effets sur la santé et dont la production contribue à la déforestation et aux déplacements de population en Indonésie et en Malaisie. Pour Marc Toussaint, le président de CSM France et porte-parole de l’Alliance, les industriels veulent accélérer le recours à l’huile de palme durable.

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L’Usine Nouvelle - Pourquoi avoir créé cette alliance ?

Marc Toussaint - Nous nous sommes réunis car nous en avions assez que tout le monde dise tout et n’importe quoi sur l’huile de palme. C’est un excellent ingrédient pour l’industrie agroalimentaire : il garantit notamment la bonne conservation des aliments. L’huile de palme a aussi des qualités écologiques car ses rendements sont près de dix fois supérieurs à ceux d’autres oléagineux. La culture des palmiers requiert ainsi moins de surface. En même temps, les enjeux écologiques sont importants puisqu’il y a bien déforestation et déplacements de population. Nous nous devons de faire quelque chose.

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Qu’entendez-vous par produire de l’huile de palme durable ?

Notre ambition est d’aller le plus vite possible vers une utilisation d’huile de palme durable. Nous nous appuyons sur le label RSPO [Round Table On Sustainable Oil, créé en 2004 et souvent critiqué pour son laxisme, NDLR], qui est un progrès même si nous sommes conscients que le système est perfectible, notamment sur le volet de la protection des forêts. Le label ne protège en effet pas toutes les forêts. Notre ambition est d’aller au-delà. A terme, RSPO ou pas, nous n’achèterons que de l’huile de palme durable.

De l’huile de palme durable est-elle déjà consommée en France ?

40% de l’huile de palme consommée en France est certifiée RSPO. Il faut savoir que la certification comprend plusieurs niveaux : le premier consiste en l’achat d’huile de palme non durable (via un dispositif de certificats) qui aide à financer les producteurs durables ; le second en l’achat d’huile de palme essentiellement durable mais sans traçabilité stricte ; enfin, dans le dernier niveau, l’huile de palme est tracée tout le long de la chaîne d’approvisionnement. En 2012, le premier niveau a représenté la moitié dele l’huile certifiée RSPO en France. En 2013, cependant, on observe que le dernier niveau est en forte progression. Nous voulons acheter 100% d’huile de palme certifiée RSPO d’ici à 2015 mais nous voulons surtout qu’à terme l’huile de palme vienne de plantations durables.

Comment garantir la traçabilité tout au long de la filière?

C’est justement pour cette raison que nous nous sommes réunis. Certains industriels sont déjà avancés sur le sujet, d’autres moins. Nous sommes plus forts tous ensemble.

Allez-vous vous entourer d’ONG ?

Nous avons déjà beaucoup discuté avec des ONG comme Greenpeace, le WWF ou Trust Fund for Forests (TFF) et nous sommes ravis de ces échanges. Greenpeace n’appelle d’ailleurs pas au boycott de l’huile de palme mais dénonce l’impact de sa production sur les forêts.

Travaillez-vous à l’élaboration de substituants à l’huile de palme comme le font par exemple certains acteurs du surgelé ?

Il n’y a pas d’alternative aussi bonne que l’huile de palme, et pas uniquement pour des raisons de coût. L’huile de palme est elle-même une alternative pour arrêter de générer des acides gras trans, présentant certains risques pour la santé. Par ailleurs, il n’y a pas de meilleure alternative en termes écologiques.

Propos recueillis par Camille Chandès

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