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A Tchao Les Guignols ! Ces industriels ne vont (sans doute) pas vous regretter

Sylvain Arnulf

Publié le

Vidéo A leur plus belle époque, les Guignols ont caricaturé avec talent les patrons et l’industrie. Florilège, alors que l’émission jadis culte de Canal+ sera diffusée pour la dernière fois ce 22 juin.

A Tchao Les Guignols ! Ces industriels ne vont (sans doute) pas vous regretter
Pierre Gattaz, l'une des cibles favorites des Guignols.

Ce 22 juin, dans l’indifférence quasi générale, les Guignols de l’info tireront leur révérence. Pendant presque 30 ans, ces doubles de latex de personnalités publiques, auxquels plusieurs équipes d’auteurs et d’imitateurs ont donné vie, ont caricaturé avec plus ou moins de brio la vie politique, artistique et économique française et internationale. Quelles étaient leurs cibles favorites dans le monde économique ?

Jacques Calvet et Peugeot

Y’a-t-il un chef d’entreprise que les Guignols ont plus brocardé que Jacques Calvet ? Le patron de PSA de 1983 à 1997 a été l’une des têtes de Turc des Guignols, et les "wouatures" (telle que le disait sa marionnette, de sa voix chuintante) de la marque Peugeot ont elles-mêmes été régulièrement brocardées sous l’ère Halin / Gaccio / Delepine, présentées comme polluantes, balourdes, ringardes. Il faut dire que ses prises de position musclées - contre Maastricht, la "dictature écologiste", l’arrivée des constructeurs japonais en Europe, ou encore sa défense zêlée du diesel - ont fourni de la matière aux caricaturistes.

Mais Peugeot n’a guère apprécié d’être malmené de la sorte, estimant son image de marque entachée, et a porté l’affaire devant les tribunaux en 1994. Canal + a finalement gagné, à l'issue de nombreux recours, indique Libération. L’un des rares procès subis par les Guignols. Philippe Varin, patron de PSA de 2009 à 2014, a lui aussi eu droit à sa marionnette.

Renault a bénéficié de plus de clémence de la part des auteurs de Guignols… sauf quand le groupe français s’est rapproché du japonais Nissan. Mais le constructeur automobile n’est pas vraiment la cible de ce sketch, plutôt les indignations à géométrie variable…

La World Company

C’est le monde économique, et pas le monde politique, qui dirige le monde. Pour symboliser la super-puissance des entreprises à l’ère de la mondialisation, les Guignols ont inventé une fausse multinationale, la World Company, une entité supérieure au-dessus des gouvernements et des lois, dirigeant le monde. Ses dirigeants sont des sosie de Sylvester Stallone qui sèment pollution, pauvreté, destruction, sur leur passage.

Le Baron Sellière, Gattaz et le Medef

"Les 35 heures, une aberrrrration" ! C’est la punchline du "baron" Ernest-Antoine Sellière, alors patron du Medef, fréquemment croqué comme un seigneur du Moyen-Age, hors du temps et des réalités terriennes. Son obsession, selon les Guignols : faire perdre leur emploi au plus de travailleurs possibles.

Même mantra pour Pierre Gattaz, lui aussi présenté comme coupé de toute réalité, dont la mission est de baisser à tout prix le coût du travail, et capable de flairer des "gauchistes" à des kilomètres grâce à un odorat sur-développé. Un personnage franchement antipathique, comme l’illustre cette parodie du programme court "Connasse", sobrement rebaptisé "Gattaz".

Afflelou, Servier, Lauvergeon…

D’autres patrons auront droit à leur quart d’heure de gloire guignolesque. Alain Afflelou, accusé de délocaliser en Chine pour faire baisser le prix de ses montures, Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva, comme symbole de l’industrie nucléaire, Jacques Servier, au moment de l’affaire du même nom… Autant de cibles pour dénoncer les ravages du capitalisme financier.

JPP et Cacolac

Les Guignols peuvent avoir un regard moins sévère sur certains industriels… mais pas moins moqueur. C’est ainsi que la fabrique bordelaise de boissons chocolatée Cacolac est devenue, bien malgré elle, propulsée boisson emblématique de Jean-Pierre Papin (prononcez P-a-p-1). Mine de rien, cette caricature fera beaucoup pour la "renommée" de la boisson cacaotée…

Vincent Bolloré himself

Les patrons de Vivendi, maison-mère de Canal, ont presque tous eu droit à leur marionnette. On se souvient du financier Jean-Marie Messier, par exemple. Vincent Bolloré, plus récemment, a poussé le curseur du mélange des genres plus loin. Accusé d’avoir affaibli l’émission lors de sa prise de contrôle de la chaîne en 2015 (réclamant des marionnettes moins politiques, moins polémiques), l'industriel breton a commandé un sketch aux auteurs de l’émission (dont le sujet serait… lui-même), et souhaite désormais récupérer son double de latex après la mort de l’émission. La réalité (en chair et en os) dépasse la fiction (en latex).

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