A-t-on raison de privilégier une solution française pour Vivendi environnement?

Jean-René Fourtou cède 20,4%du capital du spécialiste du traitement des eaux à un groupe d 'investisseurs *

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Oui : André Santini
député-maire d 'Issy-les-Moulineaux,
président du Syndicat des eaux d 'Ile-de-France

"C 'est la solution la plus réaliste " J 'ai pris position en faveur d 'une solution française pour la reprise des actions de Vivendi Environnement dès que Jean-Marie Messier a envisagé leur cession. Je n 'ai, bien entendu, pas changé d 'avis depuis son départ de
l 'entreprise. Cette position me vaut d 'être traité par certains de «franchouillard ».Président du Syndicat des eaux d 'Ile-de-France, le plus grand service des eaux d 'Europe,je sais qu 'elle correspond à l 'opinion unanime des élus locaux.Une solution étrangère les perturberait. Elle perturberait aussi Vivendi Environnement. Son activité «eau » est l 'un des rares pôles mondiaux que possède la France. Mais, pour se développer à l 'étranger, ce pôle a besoin d 'une assise nationale solide, à l 'image de celle que se sont ménagée les Japonais les plus performants. Il faut savoir défendre son pré carré. Un actionnariat français permettra à tout le monde de travailler dans la sérénité. D 'autant que des solutions nationales existent, avec la Caisse des dépôts, avec des banques, avec EdF qui se manifeste alors que l 'on ne pensait pas à elle il y a peu. La technique du noyau dur peut se révéler ici efficace. On a évoqué il y a quelque temps une piste allemande, mais la solidité financière de l 'entreprise sur laquelle elle reposait suscite aujourd 'hui des interrogations. Pour résumer mon propos, la solution française est celle du réalisme .

Non : Henri Lepage
économiste
"Pas de meilleure solution que le marché " Si une partie du capital de Vivendi Environnement commence à être vendue, c 'est parce que le management qui a eu la responsabilité du groupe Vivendi a failli. Ce groupe a besoin de cash. Il lui faut donc trouver une solution. Qui est mieux à même de la lui fournir que le marché ? A défaut, il n 'y a pas d 'autre alternative que la connivence politique. La logique du marché veut que les candidats à l 'acquisition proposent le prix qu 'ils sont disposés à payer. Si les propositions les meilleures viennent de l 'étranger, c 'est parce que les françaises sont insuffisantes. Je ne raisonne pas en familier du dossier.Je me place simplement au niveau des principes. Par ailleurs, on ne voit pas pourquoi la qualité des prestations d 'un fournisseur d 'eau dépendrait de sa nationalité.La Générale des Eaux,puis Vivendi Environnement,ont conduit avec succès une politique de développement international. L 'entreprise française a remporté à l 'étranger des contrats face à des concurrents locaux et/ou multinationaux. On ne peut pas se flatter de se lancer à la conquête du monde et vouloir protéger son pré carré. A l 'heure où EdF s 'internationalise, c 'est totalement anachronique.Dans certaines activités,on voit d 'ailleurs des entreprises françaises être achetées par des investisseurs étrangers puis, quelques années plus tard, rachetées par des groupes français. Il faudrait simplement que cela soit plus fréquent.

Propos recueillis par Jean Meilhaud

*Ces investisseurs sont dix-sept. Les trois principaux sont EdF, la Caisse des dépôts et Groupama.Ces acquéreurs ont pendant deux ans une option d 'achat sur sur les 20,4 %d 'actions de Vivendi Environnement que Vivendi détient encore.

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