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L'Usine Matières premières

A Salau, Apollo Minerals veut établir "un contrat entre la compagnie minière et la Société"

Myrtille Delamarche ,

Publié le

La compagnie minière australienne Apollo Minerals a remplacé sa compatriote Variscan sur le projet de réouverture de la mine de tungstène de Salau, en Ariège. Un projet dont le succès est suspendu à son acceptabilité sociale. C’est à l’obtention de ce "permis social d’opérer" que s’est immédiatement attelé le directeur d’Apollo Minerals, Hugo Schumann.

A Salau, Apollo Minerals veut établir un contrat entre la compagnie minière et la Société
La mine de Salau contient un minerai exceptionnellement riche en tungstène et en or.
© Variscan

Comment Apollo Minerals en est-il arrivé à reprendre 80% du capital de la mine de Salau ?
Apollo a développé des mines partout dans le Monde depuis 20 ans. Nous sommes déjà présents en Europe, sous diverses entités juridiques liées aux actionnaires de la holding Apollo. A Salamanque, en Espagne, nous construisons actuellement une mine d’uranium. Nous sommes également présents dans le charbon en Pologne. Lorsque Variscan a souhaité vendre sa participation au permis de Couflens, notre équipe chargée de détecter des projets intéressants en Europe a étudié le dossier. Et il s’avère que la teneur en tungstène est incroyable, cinq à six fois plus élevée que les autres gisements n’importe où dans le Monde.

Vous vous apprêtez à racheter Variscan France. Cette acquisition concerne-t-elle également leurs autres permis d’exploration ?
Nous rachetons Variscan France pour consolider 100% du permis de Couflens, mais nous ne reprendrons pas les autres permis en France. Nous venons en revanche d’acheter un permis de recherche de tungstène de l’autre côté de la frontière, côté espagnol.

Ce à quoi il faut ajouter les teneurs en or ?
Le cours de l’or ne permettait pas d’envisager son extraction à l’époque de la construction de la mine de Salau. Au cours actuel, proche des 1300 dollars l’once, c’est très différent, et nos actionnaires sont très enthousiastes sur les teneurs, là aussi.

Comment pensez-vous obtenir un "permis social d’opérer" en France, où Variscan a rencontré une forte opposition ?
Il s’agit d’établir un contrat entre la société et la compagnie minière sur le rapport entre l’impact environnemental et l’impact économique. Si nous pouvons à la fois démontrer notre engagement environnemental et social à long terme, si nous pouvons renverser la tendance de l’emploi dans cette vallée où le taux de chômage est élevé, alors nous pourrons atteindre l’acceptabilité et obtenir ce permis social d’opérer.

Comment démontrer cet engagement ?
Nous avons une longue expérience dans l’exploration et la construction de mines, que nous développons dans une philosophie de transparence et de respect de l’environnement. Grâce à cette vision de long terme, nous avons bâti des relations de confiance avec les communautés locales. En Espagne, où nous construisons une mine d’uranium près d’un village, la population locale nous a fait confiance. Il s’agit d’un projet de mine en backfilling continu, avec une revégétalisation progressive. A Couflens, notre première embauche aux Mines du Salat a été sur un poste de directeur du développement durable [pourvu par l’anglais Jon Evans, Ndlr]. Si le fait de laisser l’essentiel des déchets d’exploitation dans la mine est réaliste, nous préfèrerons bien sûr cette option. Nous participons aussi à un projet de fondation pour le patrimoine. Nous avons ouvert un bureau à Toulouse, nous envisageons même une cotation à Paris.

Où en est le programme de mise en sécurité de l’ancienne mine de Salau ?
C’est une étape indispensable, à laquelle nous coopérons du mieux que nous pouvons mais dont le rythme d’avancement est indépendant de notre volonté. Il comporte un audit extérieur sur la présence de gaz et autres substances dangereuses. Il faut aussi s’assurer qu’on ne risque pas de chutes de pierres. Nous espérons que cette étape aura bien avancé d’ici fin 2018. Ensuite, nous effectuerons nos propres forages afin de confirmer si les recettes atteignent le seuil de 25 000 tonnes de tungstène [seuil de rentabilité de la mine, Ndlr].

Des questions se posent aussi sur la présence d’amiante, de transformateurs contenant du PCB et de fûts au contenu indéterminé ?
La présence d’amiante sera tranchée par un auditeur externe, mandaté par l’Etat. Quant aux transformateurs, c’est la responsabilité des anciens propriétaires [donc des actionnaires de la défunte SMA, le BRGM et BNP Paribas, Ndlr] de les évacuer et de les nettoyer. Mais cela ne semble pas très compliqué. Quant aux fûts, il semble qu’ils contiennent du concentré de tungstène.

L’accès à la mine est-il rétabli, après l’arrêté de fermeture de la route cet hiver ?
La route a été fermée en raison d’un risque d’avalanche. Nous sommes désormais au printemps, et rien ne dit que le prochain hiver sera aussi neigeux.

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