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L'Usine Auto

[Cybersécurité automobile] Comment l'IRT System X de Saclay prépare la contre-attaque

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Reportage L’IRT SystemX combine le travail des chercheurs à celui du monde industriel pour développer des solutions destinées à sécuriser le véhicule.

[Cybersécurité automobile] Comment l'IRT System X de Saclay prépare la contre-attaque
Des spécialistes travaillent sur des solutions de protection embarquant de l’intelligence artificielle.

Trois représentants de PSA, de Renault et de Valeo réunis sous un même toit, la scène a de quoi surprendre. Ils échangent, débattent et s’affairent autour d’un même projet. Dans les locaux de l’Institut de recherche technologique (IRT) SystemX, implanté sur le plateau de Saclay (Essonne), cette réalité relève pourtant du quotidien. Au sud de Paris, chercheurs issus du public et acteurs de l’automobile, mais aussi du ferroviaire et de l’aéronautique (dont Alstom, la RATP et Airbus Defence and Space) planchent sur les sujets relatifs au ­transport autonome, l’un des quatre axes de recherche de l’IRT. Avec un focus autour de la cybersécurité des véhicules pour l’après-2020, preuve de l’intérêt porté par les entreprises à ce sujet. "Sur les sept projets mis en œuvre, deux sont consacrés à la sécurisation des systèmes autonomes face aux menaces numériques", précise Paul ­Labrogère, le directeur du programme de recherche appliquée transport autonome.

Au dernier étage du bâtiment, la soixantaine de spécialistes réunis au sein du projet Cybersécurité du transport intelligent (CTI) a entièrement désossé une voiture. L’équipe, composée pour moitié de chercheurs et pour l’autre d’employés de l’industrie, n’en a gardé que les phares, le tableau de bord, le système d’info-divertissement et une batterie de capteurs et de modules décisionnels. Tous ces composants ont été reliés à un simulateur pour reproduire des conditions réelles de conduite. Ou presque, puisque c’est un joystick et un écran qui font office de volant et d’environnement extérieur. Grâce à cette plate-forme, les experts développent des solutions pour protéger le véhicule d’une intrusion. Pour ce faire, ils réalisent des tests afin d’éprouver leurs solutions et de les adapter. L’IRT travaille notamment sur un système visant à basculer sur un autre canal de communication en cas d’attaque.

Les équipements sont connectés à un simulateur reproduisant des conditions de conduite réelles

 

Les spécialistes réunis à Saclay s’emparent aussi du deep learning. "En intégrant de l’intelligence artificielle, le véhicule pourrait identifier des événements anormaux, en faisant le parallèle avec ceux qu’il a intégrés comme étant conformes", détaille Witold Klaudel, chef du projet CTI et ingénieur chez Renault. In fine," l’un des enjeux de nos recherches consiste à permettre au véhicule de continuer à réagir en cas d’attaque, en s’arrêtant par exemple sur le bord de la route", résume l’expert.

Certificats d’authentification éphémères

Une équipe s'intéresse aux certificats pseudonymes de courte durée

 

Juste à côté, l’équipe du projet Systèmes autonomes coopératifs sécurisés (SCA, pour Secure cooperative autonomous systems) s’est attaquée à la gestion des échanges de données entre la voiture et son environnement. "Pour circuler en sécurité, les véhicules autonomes devront communiquer entre eux, mais aussi avec les interfaces routières. Une voiture pourra alors émettre plusieurs fois par seconde sa position, sa vitesse et sa direction", explique Arnaud ­Kaiser, ingénieur de recherche à l’IRT. Pour garantir l’intégrité et l’authenticité des données envoyées, les messages sont signés numériquement. Le problème, c’est que chaque voiture est authentifiée par des certificats pseudonymes qui, s’ils tombent entre de mauvaises mains, permettent de la pister. Comment éviter un tel scénario et garantir le respect de la vie privée des conducteurs ? "En changeant régulièrement de certificat. L’attaquant pourra alors suivre le véhicule, mais seulement sur une courte période avant de le perdre", se félicite Arnaud Kaiser. Sur la tablette utilisée pour la démonstration, le véhicule est bien identifié sur la carte. Au moment où le certificat est changé, il disparaît, remplacé par un même véhicule situé au même endroit. Physiquement, il s’agit donc bien de la même voiture. Mais pas numériquement.

Les voitures autonomes échangeront des données qu'il faudra protéger

 

Au total, ces initiatives visent à développer des éléments méthodologiques et des bases logicielles qui pourraient servir aux industriels afin de sécuriser leurs systèmes. "Chaque acteur aura la possibilité d’intégrer le fruit de ces recherches dans sa propre ingénierie au travers d’un transfert technologique, puisque nous faisons de la recherche précompétitive. Notre vocation est de mutualiser les coûts sur ce type de recherche et d’essayer de renforcer la compétitivité des acteurs", insiste Paul Labrogère. Et de leur assurer une longueur d’avance sur les pirates. 

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