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L'Usine Auto

A Raymond, la fixation innovante depuis cinq générations

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Fort de son indépendance, le groupe familial A Raymond compte sur sa taille et sur sa capacité d’innovation pour être présent aux quatre coins du monde.

A Raymond, la fixation innovante depuis cinq générations
Antoine Raymond, le président d'A Raymond, n'est pas le seul de la lignée aux manettes de l'entreprise. ses frères Albert et Alain-François (que tous appellent François) sont respectivement en charge de la propriété intellectuelle, et du développement des marchés hors automobile.
© Pascal Guittet/"L'Usine Nouvelle"

Escalier de pierre à l’entrée, fenêtres hautes, moulures au plafond et parquets en bois. Le « Château », commel’appellent les salariés. Qui imaginerait que cette maison bourgeoise du cours Berriat, à deux pas de la gare de Grenoble, abrite le siège d’un groupe 100% familial pesant 435 millions d’euros de chiffre d’affaires ? Spécialiste de la fixation par clipage pour l’automobile, A Raymond a su résister durant cent quarante- cinq ans aux sirènes de la Bourse, aux pressions des grands groupes et des fonds d’investissements qui lorgnaient sur lui.

L’actuel président Antoine Raymond (dans la famille, tous les prénoms commencent par un A) raconte : « Beaucoup ont essayé de nous persuader qu’une entreprise familiale n’avait aucune chance de survie dans un contexte international... » Erreur. La société a vu défiler cinq générations de dirigeants, de père en fils, en cultivant la discrétion: pas question de révéler quoi que ce soit sur les résultats financiers, l’endettement ou les mécanismes patrimoniaux et fiscaux utilisés lors des transmissions ! Chez A Raymond, on préfère s’épancher sur les millions de clips métalliques et plastiques exportés à 50% dans vingt-et-un pays ou sur les performances en matière de croissance. De fait, l’entreprise a doublé son chiffre d’affaires entre 1998 – quand Alain Raymond prend sa retraite et laisse les commandes à son fils Antoine – et 2008. « Nous avons toujours cru à un modèle de croissance organique basée sur l’innovation et l’implication des gens », expose-t-il.

94% des ventes dans l’automobile

Pour cette entreprise, créée autour d’un brevet de bouton à hélices pour la ganterie en 1865, et qui a inventé le bouton pression au début du XXe siècle, l’innovation est même un principe fondateur. Au fil des ans, A Raymond va peu à peu abandonner le débouché de la confection pour prendre le virage de l’automobile dans l’entre-deux-guerres. Ce secteur pèse désormais 94% des ventes et le groupe fournit la quasi-totalité des constructeurs mondiaux : PSA, Hyundai, Toyota mais aussi VW ou Ford. « D’où l’importance d’avoir une taille suffisante pour servir nos clients là où ils se trouvent », souligne Antoine Raymond.

Dès le début du XXe siècle, l’entreprise se développe en Allemagne. Depuis, elle n’a cessé de s’internationaliser en Europe puis dans le monde. Presque exclusivement par croissance interne. Le groupe isérois s’est ainsi intéressé au Japon dans les années 1990. Il s’est donc retrouvé prêt à fournir des pièces à Renault quand celui-ci s’y est installé via Nissan.

A Raymond, dont les ventes ont reculé de 13% l’an dernier, attendra décembre 2009 pour faire sa première vraie acquisition à l’international, en rachetant aux Etats-Unis son concurrent Tinnerman (110 millions de dollars de chiffre d’affaires), une société du Michigan. « Nous étions à la cinquième place sur le marché américain, c’était une position fragile, compte tenu du mouvement de concentration. Nous sommes désormais le numéro 2 », se réjouit Antoine Raymond. D’autant qu’il fait face à des concurrents appartenant à d’énormes structures, comme la division fixations d’Alcoa ou celle du groupe ITW, tous deux américains.

Avec le rachat de Tinnerman, il dispose, sur place, d’une gamme complète et peut ainsi accéder à d’autres marchés que celui de l’automobile. Les quatre usines de fixations métalliques de Tinnerman – dont 25% du chiffre d’affaires est réalisé dans le bâtiment, le solaire et l’industrie– viennent s’ajouter aux deux sites américains de pièces en plastique d’A Raymond. Et lui permettra de retrouver son chiffre d’affaires d’avant la crise, de 500 millions d’euros. Bien qu’il ne s’impose pas de limite en termes de croissance, le président reconnaît qu’« à partir d’une certaine taille, il vaut mieux être très bon que très gros... »

Dans cette perspective, le groupe dédie 5% de son chiffre d’affaires à la R&D et s’appuie sur dix centres de développement à travers le monde. Les ingénieurs planchent sur des problématiques spécifiques de sécurité, de réduction de coût, de temps, d’augmentation de la productivité, etc. « On travaille aussi avec des outils de simulation afin d’optimiser au maximum un produit avant de le fabriquer », confie Jean-Jacques Legat, le directeur recherche et développement.

Une diversification vers le bâtiment, la santé...

Côté process, la diminution de la part de main-d’oeuvre sur certaines pièces est l’un des axes de progrès. « On veut rendre compétitifs les produits “made in France” », raconte Jean-Jacques Legat. A Raymond possède aussi un centre de « recherche avancée » à Saint- Louis (Haut-Rhin), où il travaille en collaboration avec des instituts de recherche ou des pôles de compétitivité. « On y développe des concepts, des solutions inédites, même des idées un peu loufoques », s’enthousiasme le dirigeant. L’entreprise a, par exemple, mis au point un adhésif avec une technique de collage originale qui lui permet de livrer des pièces préencollées. L’adhésif, sec au toucher, est directement intégré à la fixation. Depuis 2001, plus de 15 millions de pièces ont été collées grâce à ce système sur plus de 4 millions de véhicules.

L’innovation est certes tirée par l’automobile. Mais le groupe l’utilise aussi pour se diversifier. Par exemple dans le bâtiment –avec notamment l’essor des panneaux solaires– ou vers la traçabilité en travaillant sur l’intégration de composants type RFID dans les fixations. Mais aussi dans les secteurs de la santé et de l’agriculture.

Antoine Raymond ne craint pas de voir grossir encore le groupe. « La taille n’a plus d’importance quand les synergies existent », explique-t-il. Son challenge? Contribuer à mettre en place une organisation « capable d’anticipation et de réactivité », révèle l’arrière-arrière petit- fils du fondateur. Et assure qu’il veut « manager sans tout contrôler ». Une vraie gageure dans un groupe familial.

Carole Lembezat

Une concurrence de poids

Sur le marché de la fixation, les américains dominent. Mais, avec A Raymond et Lisi, la France dispose de deux champions présents partout dans le monde.
Alcoa (Etats-Unis) 13,53 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2009; ITW (Etats-Unis) 10,20 milliards d’euros;
TRW (Etats-Unis) 8,53 milliards d’euros;
Lisi (France) 695,1 millions d’euros.

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