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A qui profiteront vraiment les 60 millions du fonds Google ?

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Google a superbement négocié avec les éditeurs de presse français. Non seulement il a évité une loi et ne paiera pas de droit voisin des droits d’auteurs, mais en plus le fonds pour l’innovation numérique des éditeurs français devrait au final lui être encore tout bénéfice.

A qui profiteront vraiment les 60 millions du fonds Google ? © C.C. - Flickr - Robert Scoble

"Accord historique" pour Eric Schmidt, PDG de Google. "Événement mondial dans l’histoire des médias", pour François Hollande, président de la République française. L’accord négocié entre les éditeurs français et Google a eu droit à tous les superlatifs lors de son annonce, sous les ors de l’Élysée, le 1er février 2013. Certes, c’est une première. Google va abonder à hauteur de 60 millions d’euros un fonds privé destiné à financer les projets d’innovation numérique des éditeurs de presse généraliste et économique français, y compris les pure players internet. Moins inédit, l’accord inclut aussi un contrat commercial (donc confidentiel) avec les éditeurs, via lequel le géant américain devrait les aider à mieux monétiser leurs audiences. Un tel type de contrat a déjà été signé en Belgique.

Google a donc évité une loi et le paiement de droits voisins des droits d’auteurs. Pour beaucoup d’observateurs, il s’en sort à bon compte. 60 millions d’euros représentant à peine 0,001 % de son chiffre d’affaires (50 milliards de dollars). Et si, comme l’évalue Eric Valatini sur le blog Margin Call dans un billet intitulé Journalistes, le jour où Google vous a tués, "globalement, en France, Google devrait faire entre 1,19 et 1,9 milliard de marge opérationnelle (avant redistribution)"… ce fonds est une paille.

Surtout qu’une partie devrait indirectement lui profiter. Car quelle innovation numérique les éditeurs français ont-ils besoin de financer ? S’il s’agit du portage de leur apps de smartphone et tablette sur d’autres plates-formes que celle d’Apple qui a eu la priorité, en commençant par Android (présent sur 75 % des smartphone et près de 50 % des tablettes), c’est une bonne nouvelle pour les développeurs français, mais ce sera surtout, à termes, tout bénéfice pour Google. Android, logiciel open source, étant son cheval de Troie dans ces écosystèmes.

S’il s’agit de développer de nouveaux outils de monétisation des contenus, c’est encore bon pour Google, qui justement propose ces services, et contractuellement encore une fois. 

Et même s’il s’agit vraiment de développer des outils numériques inédits pour la presse… c’est encore bon pour Google, qui de toute façon a besoin de fournisseurs de contenus de qualité et pérennes pour monétiser ses services.

De toute façon, en soutenant des initiatives comme la Cantine et le Camping, Google est déjà investi dans l’aide à l’écosystème numérique français, car il y a tout intérêt. Alors, même si le fonds fait des petits dans d’autre pays, ce sera toujours bon pour Google, surtout si à chaque fois il signe en plus des contrats commerciaux avec les éditeurs, pour monétiser leurs audiences.

Mais faut-il s’en plaindre ? Peut-on faire autrement, sans Google, comme l’ont tenté les éditeurs brésiliens ? L’avenir numérique passe-t-il nécessairement par Google ? Aujourd’hui, le moteur de recherche draine la très grande majorité des accès vers les sites éditoriaux. Mais les réseaux sociaux et leurs puissants algorithmes de recommandation, montent en puissance. Et cherchent à leur tour à monétiser ces liens. Dans trois ans, c’est peut-être avec Facebook et Twitter, que les éditeurs voudront négocier les droits voisins des droits d’auteurs de leurs articles. Ce fonds, finalement, pourrait en plus permettre à Google de l’éviter.

Aurélie Barbaux

 

 

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1 commentaire

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06/02/2013 - 15h31 -

Internet n'est pas la presse, et la presse ne représente pas internet. La presse se trompe et le gouvernement avec...
L'argent gagné par google n'est pas issu de la presse IPG, loin de là.
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