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L'Usine Aéro

À Orly, dans la clinique des avions

Publié le

La filiale d’Air France-KLM, spécialisée dans la maintenance, remet en état les avions, du moindre rivet à la rénovation complète des cabines. Cette activité méconnue affronte une rude concurrence.

À Orly, dans la clinique des avions
Entre 5 000 et 8 000 heures de travail sont nécessaires pour assurer la maintenance de chaque Boeing 777.

L’équipe d’experts s’agite autour d’eux, les ausculte, évalue les dommages. Puis procède aux premiers soins, avec des gestes assurés, formant une chorégraphie virtuose. L’objet de toute son attention ? Des moteurs d’avion. Les ingénieurs et techniciens d’Air France Industries KLM Engineering & Maintenance (AFI KLM E & M) s’attellent à préserver le capital santé des appareils et de leurs innombrables équipements. Le site de l’aéroport d’Orly est le plus important de cette filiale d’Air France-KLM. Un immense hôpital industriel de 280 000 m2, comprenant des dizaines de hangars, mobilisant plus de 3 000 personnes.

La maintenance constitue l’activité la plus méconnue et la plus rentable de la compagnie aérienne. Ce marché, aujourd’hui estimé à 60 milliards de dollars, pourrait atteindre 80 milliards de dollars en 2025. L’avenir d’AFI KLM E & M, numéro deux mondial derrière Lufthansa Technik, est assuré : vu la croissance du trafic aérien mondial, le vieillissement des flottes d’avions est inéluctable et les besoins de réparations explosent. Mais Air France-KLM va devoir déployer tout son savoir-faire face à une concurrence grandissante.

"Depuis la fin du mois d’octobre, notre banc d’essai qui est adapté aux gros moteurs peut tester le GP7200 d’Engine Alliance équipant l’Airbus A380", commente José-Marie Louis, le directeur de l’activité moteurs sur le site. Au total, 250 moteurs, équipant aussi bien des avions d’Air France-KLM que d’autres compagnies, passent chaque année entre les mains des techniciens. Afin de faciliter les opérations, les moteurs sont suspendus en l’air malgré leurs huit tonnes : les GE90 (Boeing 777) côtoient des CFM56 (B 737 et A 320). Les premiers sont reconnaissables à leurs portiques violets, les seconds aux portiques orange.

5 000 heures d’inspection pour le Boeing 777

Une clinique spécialisée ne renierait pas les équipements employés dans l’atelier tout proche : ici la magnétoscopie décèle les défauts des matériaux ferromagnétiques, là des ultrasons révèlent des déformations internes dans des pièces de moteurs. Plus loin, un opérateur muni d’un masque de protection plonge une pièce dans un bain de pénétrant fluorescent : le liquide verdâtre s’infiltre dans les microfissures qu’un révélateur dévoile, après rinçage, dans une cabine soumise aux rayons ultra-violets.

Autre bâtiment, autre spécialité : Eole, où près de 900 personnes sont mobilisées pour la réalisation de 80 000 réparations par an sur presque tous les équipements aéronautiques. Bam ! Pschiiiiit ! Un toboggan se déploie en quelques secondes. Il faudra au technicien un temps infiniment plus long pour le replier… Dans les pièces adjacentes, les blouses bleues examinent des systèmes pneumatiques et hydrauliques ; les blouses blanches l’avionique et les systèmes électroniques, dont les fameuses boîtes noires. "Selon les clients, nous vendons des équipements réparés ou de la disponibilité d’appareil", souligne Charly Métreaud, le responsable opérations industrielles équipements.

La visite s’achève dans l’immense bâtiment dans lequel défilent les VIP du site. "Chaque année, une vingtaine de Boeing 777 passent leur grande inspection durant près de 5 000 heures chacun", atteste Xavier Malavergne, le responsable de l’activité chantiers avions d’Orly, face à un vénérable appareil de seize années révolues, bardé d’échafaudage. Plus de 500 techniciens, ingénieurs et autres chaudronniers désossent les cabines, installent des équipements flambant neufs, vérifient les câblages électriques, remplacent les trains d’atterrissage, inspectent la soute électronique. L’appareil semble anesthésié. Grâce aux soins prodigués, il a encore de belles années devant lui.

Olivier James

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