A Milipol, Manuel Valls insiste sur l'importance de l'effort technologique en matière de sécurité

Lors de l'inauguration du salon de la sécurité, ce 19 novembre, le ministre de l'intérieur a annoncé la désignation prochaine d'un délégué ministériel aux industries de la sécurité pour être l'interlocuteur de la filière. En pleine recherche de l'individu qui s'est attaqué aux rédactions de Libération et BFM TV, il a souligné l'importance de garder un temps d'avance technologique pour mieux lutter contre toute forme de criminalité.

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A Milipol, Manuel Valls insiste sur l'importance de l'effort technologique en matière de sécurité

Au salon Milipol, le ministre de l'Intérieur a été rattrapé par l'affaire de l'individu toujours en cavale après avoir attaqué les rédactions du journal Libération et de BFM TV. Analyse des traces ADN sur les balles tirées mais aussi dans le véhicule emprunté par l'individu, diffusion d'un portrait plus précis directement extrait des images de vidéosurveillance de la RATP... Manuel Valls a fait un point rapide sur l'enquête. L'endroit s'y prêtait à merveille: le salon de sécurité accueille plus de 900 exposants qui pour certains présentaient les technologies potentiellement mises en œuvre pour retrouver l'individu qui échappe toujours aux forces de polices.

Le ministre a eu donc bon jeu de rappeler l'importance de l'effort technologique en matière de sécurité alors que selon lui, les menaces qui pèsent sur nos sociétés se diversifient, se complexifient, et notamment du fait des évolutions technologiques mises au service des plus mauvaises intentions. "Nous devons donc toujours être à la pointe des technologies, voire posséder une technologie d'avance pour toujours agir et lutter efficacement contre ces dévoiements de la technologie" juge-t-il. Il a ainsi mis en avant l'usage accru des nouvelles technologies par ses équipes: la biométrie, l'informatisation des fichiers d'empreintes digitales et génétiques, la vidéoprotection, la lecture automatique des plaques d'immatriculation... Pour continuer cet effort, il vient de lancer le projet de "Police 3.0", afin d'avoir une police et une gendarmerie au fait des dernières technologies agissant dans une monde en réseau.

Un délégué ministériel aux industries de la sécurité

Après sa visite dans les allées du salon, le ministre s'est félicité des technologies de sécurité "made in France". "Autorisez-moi un peu de chauvinisme, les entreprises françaises tiennent (à Miliopol, ndlr) une place éminente. 10 milliards de chiffre d'affaires annuel, une croissance de 7%, 50 000 emplois. Ce secteur dynamique et en pleine croissance est un exemple qui vient contrecarrer les discours pessimistes sur l'industrie française."

Pour le ministre de l'Intérieur, l'installation du nouveau comité de filière des industries de la sécurité (Cofis) permettra d'amplifier ces positions. Ainsi le premier groupe de travail de cet organisme doit se réunir en marge de Milipol à la fin de la semaine. "J'en attends des résultats très concrets en matière de radio numérique sécurisée, de vidéo de nouvelle génération ou d'équipements de protection des forces", a-t-il précisé. Un délégué ministériel aux industries de la sécurité sera d'ailleurs désigné dans les jours qui viennent pour être l'interlocuteur de la filière représentant le ministère de l'intérieur. En plein salon Milipol, Manuel Valls a tenu a rappeler son soutien aux industriels. "Les industriels expriment légitimement des réticences pour se lancer dans le développement d'outils en mobilisant des fonds propres importants pour lesquels les débouchés sont incertains. La structuration de la filière a donc vocation à rompre ce cercle vicieux pénalisant pour tous, pouvoirs publics comme industriels (…) Les pouvoirs publics doivent définir plus précisément leurs besoins en même temps qu'ils définissent leur stratégie en matière de lutte contre la délinquance et la criminalité", a t-il conclu.

Un point important pour les industriels quand on sait que le ministère de l'Intérieur est le second acheteur ministériel derrière la Défense avec 2,8 milliards d'euros d'achats publics par an.

Hassan Meddah

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