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L'Usine Matières premières

A Matignon, les syndicats de Florange vont chercher des garanties

Astrid Gouzik , ,

Publié le

[ACTUALISE] - L’intersyndicale du site lorrain d’ArcelorMittal est reçue à 17h30, ce mercredi 5 décembre, à Matignon. Au menu des discussions : des engagements sur la répartition des investissements et des garanties sur la mise en veille des hauts fourneaux.

A Matignon, les syndicats de Florange vont chercher des garanties © François Hollande - Flockr - c.c.

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"Le combat des 'Florange' n’est pas vain ". Le message affiché en en-tête du communiqué de presse diffusé par la CFDT samedi dernier après les annonces du gouvernement, semble optimiste. Pourtant ce sont bien des explications que vient chercher l’intersyndicale de Florange auprès de Jean-Marc Ayrault. "Nous voulons des éclaircissements sérieux sur le contenu de l'accord", commente Dominique Gillier, secrétaire général de la Fédération des mines et de la métallurgie, contacté par L'Usine Nouvelle.

Car, en creux, c'est bien les détails du supposé "accord secret" conclu entre l’Etat et ArcelorMittal qu'ils espèrent obtenir . Depuis que la rumeur a commencé à se répandre dans les médias, chacun cherche à se procurer le fameux document. Les syndicats en tête, afin de connaître les tenants et les aboutissants des négociations avec le sidérurgiste luxembourgeois."Nous avons eu des morceaux de l'accord. Mais la moindre des choses serait que l'on nous remette le document dans sa totalité ce soir", souligne-t-il, quelques heures avant la réunion à Matignon, à laquelle il participera aux côtés d'Edouard Martin. Une demande à laquelle le chef du gouvernement devrait accéder, comme annoncé en début d'après-midi.

Ce serait la moindre des choses que l'on nous remette ce soir le document dans sa totalité

 

Dans les bribes de dossier qu'il a pu avoir entre les mains, nulle mention de transferts d'ouvriers de Florange vers Basse-Indre et inversement, comme l'affirmait la veille Valérie Debord, adjointe au maire de Nancy. "Il est stipulé qu'il y aurait une nouvelle répartition de charges entre Florange et Basse-Indre sur la partie 'packaging' (les tôles fines pour l'emballage). Mais comme il y a un plan global, il n'est pas impossible qu'il y ait des offres de mutation".

La Fédération Générale des Mines et de la Métallurgie de la CFDT entend obtenir des clarifications sur 4 points précis :

  • un calendrier de réalisation des investissements et une commission tripartite de suivi ;
  • une mise en veille des hauts-fourneaux qui en assurent les conditions de redémarrage, notamment un dispositif de préservation du savoir-faire collectif ;
  • un plan d’emploi des salariés des sous-traitants sur le site ;
  • la tenue d’une réunion tripartite, État, ArcelorMittal et organisations syndicales qui formalise l’accord conclu.

"Nous voulons savoir quelles perspectives sérieuses sont envisagées concernant le redémarrage d'une filière liquide moderne à Florange. Quel investissement sur la filière froide et avec quel contrôle de leur réalisation ? Et concernant le plan social, la question des salariés et des sous-traitants qui vont être impactés doit être sérieusement posée", détaille Dominique Gillier.

Mais le point noir de l'accord, selon le syndicaliste, reste le flou qui règne autour du projet Ulcos. "Certains disent qu'Ulcos est technologiquement prêt. On pourrait même commencer le travaux. D'autres estiment le contraire. Il faut qu'on tire cette affaire au clair". L'enjeu ? Que l'Etat continue à faire pression sur ArcelorMittal pour que Florange puisse accueillir le projet européen de captage-stockage de CO2.

Mais pour voir le jour, une enveloppe de 600 millions d'euros devra être allouée à Ulcos. Pour le moment, outre les industriels qui en financent une grande partie,  l'Etat s'est engagé à hauteur de 150 millions d'euros, les collectivités territoriales pour 30 millions et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) pour 10 millions. Bruxelles pourrait accorder un complément de financement européen. La Commission européenne doit rendre sa décision - qui scellera probablement le sort du projet - avant la fin de l'année.

Astrid Gouzik

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