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L'Usine Maroc

À Marrakech, les PME françaises regrettent le manque de soutien de l’État sur le site de la COP22

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Plusieurs PME françaises nettoient, éclairent et réalisent le bilan carbone de la Cop22. Pourtant, aucun pavillon France ne les regroupe dans la Zone verte où s’exposent les entreprises qui interviennent dans l’économie du développement durable. Reportage à la veille de l'arrivée du président français à Marrakech.

À Marrakech, les PME françaises regrettent le manque de soutien de l’État sur le site de la COP22
L'omniprésence médiatique de Ségolène Royal, cache un faible soutien public pour les entreprises à la COP22
© UE CE Photo: Mohammed Kamal

Alors que François Hollande arrive ce mardi 15 novembre à Marrakech pour participer au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la COP22, une quarantaine d'entre eux sont attendus. Quid de la présence française à Marrakech du secteur privé?

"Trois entreprises françaises ont remporté des contrats dans le cadre de la Cop22. Fonroche Lighting, spécialiste de l’éclairage public solaire, a décroché l’éclairage des parkings de la Cop22. À Ouarzazate, elle a déjà installé l’éclairage de la centrale solaire Noor, s’enorgueillit Francis Beunot, conseiller pour le développement international de CCI International Aquitaine et représentant à la Cop22 du groupement régional UrbAquitaine. Goupil, spécialiste des véhicules utilitaires, nettoie également la Cop22 avec deux machines Derichebourg"

"Nous allons également réaliser le bilan carbone de la Cop22 pour le compte de GL Events qui organise l’évènement pour le Maroc", souligne Olivier Arquié directeur général adjoint de Alto Ingénierie, spécialiste de la performance énergétique et environnementale pour les bâtiments et les territoires pour le Sud-Ouest. La société développe également pour l’OCP un lycée d’excellence et un Centre des compétences industrielles dans le Technopôle de Foum El Oued, près de Laayoune.

En dépit de ces quelques réussites exemplaires, il n’y a aucun pavillon France dans la Zone verte de la Cop22. En d’autres termes, dans la zone dédiée à l’action des entreprises et de la société civile, aucun stand ne regroupe et ne promeut les entreprises françaises spécialisées dans l’économie du développement durable.

"Nous disposons d’un stand de 18 m² à peine pour... 9 entreprises. Nous avons reçu une petite subvention de la région Aquitaine, mais aucun soutien de la part de l’État, alors qu’il y a un an seulement la France accueillait la Cop21", regrette, amer, Francis Beunot.

Dans la Zone bleue, dédiée aux délégations et inaccessible au grand public, le pavillon France met simplement en valeur sous cadre de verre quelques technologies françaises : l’hydrolienne Sabella, le logiciel d’économie d’énergie Beebryte, un capteur de qualité de l’air de Atmotrack et un matériau composite recyclé par Abval Composites.

Limitée et éclatée

La promotion des entreprises françaises est donc limitée et éclatée. Dans la Zone verte, la Chambre française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM) a décidé, presqu’en dernière minute, d’être présente à la Cop22.

Elle regroupe 6 entreprises françaises, trois clusters, deux agences territoriales - Essone Developpement et la Région Auvergne-Rhône Alpes - et l’Institut National de l’Energie Solaire (INES).

"Nous avons accueilli beaucoup de monde ces trois premiers jours. Des rencontres d’affaires ont eu lieu. Le fait de rassembler de grandes entreprises nous a aussi permis d’attirer plus de responsables, notamment le ministère marocain de l’Energie, et de faire entendre nos doléances", explique Charafa Chebani, ?directrice du pôle CFCIM- Business France, nous accueillerons des PME la deuxième semaine."

Avec Thales, Michelin et le Club Med, Sanofi, qui possède la première installation industrielle pharmaceutique du Maroc, défend son business sous le pavillon de la CFCIM. "

Aujourd’hui, à la Cop22 on est vraiment dans de l’information parce que l’on estime que le vecteur santé n’est pas suffisamment mis en valeur dans les discussions sur les changements climatiques", explique Aziz Yousfi Malki, directeur de la communication pour Sanofi, au Maroc.

"L’impact sur la santé est considérable. Il est mesuré et mesurable et il s’impose de faire urgemment des actions bien concrètes", insiste Amine Benabderrazik, directeur général Maroc, Tunisie et Libye.

François Hollande a prévu de rencontrer les PME françaises de la Zone verte mardi 15 novembre

Juste derrière le pavillon de la CFCIM, le cluster Ea éco-entreprises, le Technopôle de l’environnement Arbois-Méditerranée et le pôle de compétitivité Capenergies se sont coalisés pour emmener une délégation d’une quinzaine d’entreprises provençales à Marrakech.

Attol Energy, qui a développé un système de quadrigénération pour optimiser des installations énergétiques situées dans des zones isolées et Ecologicsens qui propose des capteurs sans fil de la qualité de l’air ont notamment fait le déplacement la première semaine de la Cop22. Les 15 sociétés ont abandonné leur petit stand vendredi 11 novembre. Trop tôt pour recevoir la visite de la délégation du Medef et de François Hollande qui a prévu de rencontrer les PME françaises de la Zone verte mardi 15 novembre.

Faute d’y trouver de nombreuses PME, le président français se tournera certainement vers les très grands groupes dont les intérêts sont déjà bien développés au Maroc.

Engie (ex-GDF Suez), Avril (ex-Sofiproteol), Bouygues ont notamment installé leurs stands rutilants en bonne place dans la Zone verte. "Suez Environnement était leader en Europe, mais assez faible dans les pays en développement. Nous avons donc cherché une feuille de route et nous sommes parvenus au constat que 6 à 7% des émissions de gaz à effet de serre dans ces pays sont liés au fait de ne pas traiter les déchets", expliquait Marie-Ange Debon, directrice générale adjointe pour l’International de Suez à Meknès, lors d’une récente visite organisée pour la presse étrangère.

Suez Environnement très présent au Maroc notamment à travers sa filiale Lydec (eau et électricité de Casablanca) est ainsi venu plaider pendant la Cop22 pour que le plancher des crédits accordés par le Fonds Vert pour le Climat soit abaissé au niveau des emprunts nécessaires au développement d’une décharge contrôlée en Afrique.

Julie Chaudier à Marrakech

 

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