Environnement

A la traine en matière de performance environnementale, le Maroc accueille la Conférence de Rabat pour le développement durable

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L'édition 2013 de la Conférence de Rabat pour le développement durable se tient ces 13 et 14 novembre. Le sujet est un véritable enjeu pour le Maroc mal classé dans l'Index de performance environnementale de l'Université de Yale.

A la traine en matière de performance environnementale, le Maroc accueille la Conférence de Rabat pour le développement durable
Le programme solaire marocain prévoit l'installation de 1,7 million de m² de capteurs solaires thermiques en 2020
© brightenergy

Une tache immense. C'est ce qui attend le Maroc pour améliorer ses performances en matière d'environnement et de développement durable. Et c'est sur ce sujet que vont se pencher 400 scientifiques, chefs d'entreprises, haut fonctionnaires et responsables d'ONG, ces 13 et 14 novembre lors de la Conférence de Rabat pour le développement durable.

Les participants vont plancher lors de sessions plénières animées par une trentaine d'intervenants comme Said Mouline, directeur de l'Agence pour le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (ADEREE) ou Nizar Baraka, président du Conseil économique social et environnemental autour de thèmes portant sur les stratégies urbaines, le développement durable des zones rurales, celui des énergies vertes ou encore l'évolution des modèles entrepreneuriaux en Méditerranée.

Car c'est un fait, le Maroc dont la Chambre des représentants pourrait adopter cette année une "Charte de l'environnement" (promise depuis longtemps), reste plutôt en queue de peloton en la matière si l'on en croit l'Environmental Performance Index (EPI) établi par l'Université américaine de Yale.

Dans ce classement qui fait référence, le Maroc a décroché en 2012 une peu reluisante 105e place avec un indice de 45,76 bien loin derrière la Suisse qui figure au premier rang avec un indice de 76,69 et la France (6e) avec un indice de 69. L'Irak est le dernier du classement de Yale à la 132ème place.

De façon plus comparable, au niveau maghrébin, devant le Maroc, on trouve l'Egypte qui arrive à la 60e place avec un indice de performance de 55,18, l'Algérie (86e) avec un indice 48,56 et la Tunisie (99e) avec un indice de 46,66.

Au vu de ces enjeux, pour le royaume, la problématique clé actuelle est de trouver les bons outils juridiques et les financements adéquats pour améliorer ses performances en matière de développement durable, et ce sans oublier ses défis principaux que sont le développement social et économique. Sacré thème de réflexion notamment pour les participants à la conférence de Rabat qui se tient au Sofitel.

Celle-ci initiée par Albert Mallet, son président qui organise par ailleurs le Forum de Paris, est le fruit d'un.partenariat avec l'Union pour la Méditerranée (UPM), la Ville de Rabat et la Confédération générale des entrepreneurs marocains (CGEM).

Elle verra notamment la participation de Meriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM, Ahmed Nakkouch, PDG de Nareva (groupe SNI) et Mustapha Bakkoury, président de l'Agence marocaine pour l'énergie solaire (Masen).

Pour Albert Mallet, natif du Maroc, le thème de la Méditerranée va "donner une dimension régionale" à cette réflexion tout en plaçant les débats "dans un cadre qui dépasse les frontières nationales".

Fathallah Sijilmassi, secrétaire général de l'UPM, estime dans le texte de présentation de la conférence que "la Méditerranée est l’une des régions les plus vulnérables au changement climatique, au stress hydrique et à la dégradation des ressources naturelles disponibles."

On note aussi à Rabat la présence de Michèle Pappalardo, représentante spéciale de la ministre du Commerce extérieur français, Nicole Bricq pour la ville durable qui s'est rendu au Maroc cet été.

Au Maroc, des politiques publiques ambitieuses en matière d'énergie vertes, solaire notamment ont été mises en place ces dernières années, et confirmées en dépit des alternances mais du fait de la latence de ces projets, elles n'ont pas encore toutes porté leurs fruits.

Par ailleurs, les problématiques du traitement des eaux potables ou usées, des déchets urbains et surtout industriels restent, elles, largement entières.

Une thématique accentuée par le développement urbain croissant, ce qui a même conduit le Maroc a lancer des projets de villes nouvelles supposées plus "vertes" comme celle de Zenata, près de Casablanca prévue pour 2020, avec le soutien de bailleurs de fonds comme l'AFD ou la BEI.

La conférence de Rabat quant à elle débutera ce 13 novembre par une plateforme où 300 étudiants appartenant aux grands établissements d’enseignement supérieur et universités marocaines sont invités.

À noter que Rabat, avait déjà accueilli mi-septembre, une autre série de rencontres sur le même thème à savoir la 2e édition de la "Global Conference – Rabat Round" organisée par le think tank les Ateliers de la Terre, en partenariat là encore avec l’Union pour la Méditerranée.

De façon bien plus opérationnelle, le salon Pollutec Maroc qui s'est tenu à Casablanca il y a quelques jours a accueilli 6 420 visiteurs, un niveau en légère baisse.

Car on le sait en matière d'environnement comme pour le reste, plus que les colloques, ce qui compte c'est l'action.

 

Nasser Djama et Pierre-Olivier Rouaud

 

A propos de la Conférence
"La Conférence de Rabat pour le Développement Durable" est une association à but non lucratif. Initiée par Albert Mallet, qui a "délocalisé" l'édition du Forum de Paris à Casablanca. Parmi les fondateurs figurent, Saïd Mouline, vice-président et directeur général de l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE), Ahmed Baroudi, vice-président et directeur Général de la Société d’investissements énergétiques au Maroc (SIEM) et Yasmina Bouzid, conseiller en ingénierie culturelle.

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