A La Réunion, la "dodo" fêtera ses 50 ans en 2012

L’emblématique bière réunionnaise passe la cinquantaine l’an prochain. La brasserie, qui produit aussi 60% des soft drinks consommées sur l’île, bénéficiera d’un investissement de 11 millions d’euros d’ici à juin 2012.

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A La Réunion, la

"La dodo lé la"… S’il est une publicité en créole que l’on ne peut pas rater à La Réunion, c’est bien celle vantant la Bière Bourbon, plus connue sous le nom de "la dodo". Représenté sur l’étiquette de cette bière, l'oiseau endémique des îles de la zone, disparu vers la fin du XVIIème siècle, en a toujours été l’emblème.

"Six bières sur dix consommées dans l'île sont des dodo", rappelle fièrement Philippe El-Bez, nommé à la direction générale des Brasseries de Bourbon voilà dix-huit mois, après avoir passé cinq ans au Nigeria. Un marché local de la bière, très légèrement en hausse, que la dodo partage avec les marques Fisher (produite localement par la Société réunionnaise de Brasserie/Sorebra) et Phénix, une bière mauricienne.

"Notre bière fait partie de la carte postale réunionnaise ! Nous avons chaque année plus de 3 000 demandes de visites de notre brasserie, la seule à produire la dodo", explique-t-il. "Il y a une vraie fierté à travailler ici, car tout le monde connaît notre produit", ajoute Jean-Charles Steckler, le directeur des ressources humaines de ce site de 300 salariés, dont la moyenne d’âge à la production est de 45 ans.

Un recyclage original
Les bouteilles de bière ne sont pas consignées. Pour autant, récupérées par une quinzaine de « collecteurs » répartis dans toute l’île, elles sont réutilisées deux ou trois fois au maximum par l’industriel. Ainsi, 60 % de la production est faite avec des bouteilles recyclées. « Nous rachetons 7 centimes d’euro la bouteille aux collecteurs, précise Philippe El-Bez. C’est une économie particulière, car les collecteurs eux-mêmes les reprennent à une multitude de petits ramasseurs locaux… avant de les nettoyer, les palettiser et nous les retourner à l’usine ».

L’an prochain, cette célèbre bière locale fêtera ses 50 ans. Un anniversaire que le groupe hollandais Heineken International, son "heureux" propriétaire, compte bien valoriser. Nouvelle étiquette depuis six mois et produits dérivés en tous genres à l’appui. "Du fait de notre ancrage quasi patrimonial, nous faisons très attention à ce que l’on fait. A nous de faire avancer en douceur la marque dans la modernité", précise le directeur général.

Situé dans le quartier du Bas-de-la-Rivière Saint-Denis, à Saint-Denis-de-La Réunion, le site tourne avec deux types de production, la Bière Bourbon ou la dodo (200 000 hectolitres/an) sur une ligne "verre" ; et les boissons gazeuses (400 000 hectolitres/an) sur deux lignes "plastique", aux marques Coca-Cola, Fanta, Schweppes… Ce qui correspond à pas moins de 60 % des soft drinks consommées dans l’île.

D’autres développements prévus d’ici à trois ANS

"Pour cette seconde activité, nous installerons d’ici à juin 2012, une nouvelle ligne de production d’un coût de 11 millions d’euros. Quatre fois plus rapide, elle nous permettra d’abaisser nos coûts de production pour limiter les augmentations de prix". Le groupe, qui a réalisé 85 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010, a en effet vu son résultat net baisser légèrement du fait de la pression de la grande distribution et de l’augmentation des prix des matières premières (malt importé, brisure de riz…). Sans oublier le doublement de la taxe sur les boissons sucrées…

Les petites bouteilles de bière en verre brun - modèle inchangé depuis l’origine - sont fabriquées en Tanzanie. "Quant aux canettes [3% du total], elles nous arrivent de Mons, près de Lille, dans le nord de la métropole". Mais la force de la dodo réside aussi dans les 15% distribués en pression, puisque la marque dispose du plus grand parc de bière pression de l’île.

Pour la dodo, le groupe réfléchit aussi à investir. "La capacité de production de notre ligne d’embouteillage, qui a plus de vingt ans, est atteinte. Nous envisageons son remplacement d’ici à trois ans, pour un coût estimé entre 20 et 25 millions d’euros. Mais la décision n’est pas encore totalement arrêtée", tient à préciser Philippe El-Bez.

Il est clair que la Bière Bourbon reste un produit à défendre : "Pour autant, la dodo n’est pas atypique dans notre groupe, qui est composé de centaines de marques locales", conclut-il.

Catherine Moal, à Saint-Denis-de-La Réunion

Heineken à La Réunion

•    Propriétaire depuis 1986 des Brasseries de Bourbon à hauteur de 85 % du capital (l’entreprise a été créée en 1962 par des industriels locaux)
•    300 employés (ETP) à fin 2011
•    Un seul site de production : 1/3 bières (classique, rousse, blanche et métiss) et 2/3 boissons gazeuses (la production est uniquement destinée au marché réunionnais, hors métropole, mais en très faible quantité)
•    Deux centres de distribution, au nord et au sud de l’île (1 400 clients sont livrés en direct par le brasseur depuis l’usine, soit 80 % des clients clés)
•    Chiffre d’affaires de 85 millions d’euros en 2010 (2/3 boissons gazeuses et 1/3 bières), pour un résultat net, un peu en baisse, de plus de 6 millions d’euros

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