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À la recherche du miraculeux effet TGV

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Grâce aux nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse, Rennes et Bordeaux se rapprochent de la capitale et espèrent des retombées économiques, dont l’ampleur dépendra de leur dynamisme propre.

À la recherche du miraculeux effet TGV
L’arrivée du TGV peut être un atout pour les grandes villes, à la condition qu’elles déploient des infrastructures attractives pour les entreprises.

Depuis des mois, voire des années, Bordeaux et Rennes se préparent à l’arrivée des lignes à grande vitesse mises en service ce 2 juillet : gare en travaux, nouveau quartier d’affaires, réorganisation des lignes ferroviaires régionales… Bordeaux sera désormais à 2 h 04 de Paris, Rennes à 1 h 25. Ces deux régions comptent sur le TGV pour créer des emplois, attirer des entreprises et des salariés, favoriser l’essor des start-up. Pourtant, l’impact économique de la grande vitesse n’est pas si évident et dépend beaucoup du dynamisme de l’économie locale.

À Reims, le directeur général de l’agence de développement économique Invest in Reims, Jean-Yves Heyer, se félicite des effets de l’arrivée du TGV, en 2007. En dix ans, l’agence a accompagné 219 implantations, représentant 8 000 emplois et injectant 663 millions d’euros dans l’économie locale. Dans quelques semaines, Jean-Yves Heyer pourra officialiser l’arrivée d’un grand groupe de l’énergie, qui rassemblera à Reims ses sites de Lille et Strasbourg. C’est ce qu’a fait la division route d’Eiffage, qui a regroupé à Reims ses deux directions régionales Nord et Est (Lille et Strasbourg). « Reims est à 1 h 17 de Strasbourg et à 1 h 30 de Lille en TGV, à 40 minutes de Paris et à 30 de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle », vante Jean-Yves Heyer. En 2014, le japonais Yanmar, un fabricant de moteurs de bateaux, a implanté sa direction marketing et finances à proximité de la gare de Champagne-Ardenne, proximité du centre-ville. « Son président a été bluffé d’être sur son site rémois en 30 minutes de train après être descendu de l’avion », se réjouit Jean-Yves Heyer.

À Strasbourg (à 2 h 17 de Paris entre 2007 et 2016, à 1 h 47 depuis), l’effet TGV est moins flagrant. Pour Vincent Froehlicher, le directeur général de l’Agence de développement d’Alsace, « le TGV a remis Strasbourg dans la course, mais n’a pas entraîné de nouvelles implantations ». L’effet semble surtout positif pour les entreprises déjà présentes sur le territoire, dont de nombreuses entités de groupes étrangers. « Les directions locales sont très contentes d’avoir le TGV pour défendre leur site », estime Vincent Froehlicher.

Plus de compétitivité pour les entreprises locales

L’Insee a mesuré l’effet du TGV sur les entreprises disposant de plusieurs sites éloignés. Selon son enquête de mars 2017, les lignes à grande vitesse ouvertes entre 1993 et 2011 ont poussé les entreprises multisites à se réorganiser, notamment en regroupant leurs managers au siège et en augmentant les effectifs de production dans leurs sites distants. Elles y ont gagné en compétitivité. Dans l’industrie manufacturière, cette rationalisation a permis de gagner 0,6 point de taux de marge. Un impact positif, mais limité. En réalité, l’arrivée du TGV produit des effets différenciés selon le dynamisme. Pour l’économiste Yves Crozet [lire page 36], « le TGV accompagne la croissance, il ne la crée pas ». En période de faible croissance, ou dans des régions qui souffrent, comme la Lorraine, l’arrivée du TGV n’apporte que peu de bénéfices. À Reims, Jean-Yves Heyer est persuadé que les retombées ont été importantes parce que les collectivités territoriales ont massivement investi : nouvel hôpital, tramway, implantation d’une antenne de Sciences Po Paris… « Il faut créer de bonnes conditions d’accueil pour les familles venues travailler, avec une offre scolaire et culturelle de qualité pour les fidéliser. » À l’inverse, Tours, étranglé par ses investissements dans un nouveau centre des congrès, a tardé à engranger les bénéfices de sa liaison TGV avec Paris.

Mais les investissements publics ne suffisent pas. Depuis quinze ans, Bordeaux se refait une beauté et de nombreux cadres veulent y emmener leur famille. Mais l’attrait résidentiel ne peut masquer les faiblesses économiques. Comme la cité aquitaine, Rennes compte sur le TGV pour attirer des compétences. Mais attention, prévient le directeur de l’agence de développement économique de Strasbourg, « le TGV roule dans les deux sens ! Si certains milieux d’affaires strasbourgeois ont trouvé de nouveaux clients à Paris, les Parisiens sont également venus leur prendre du business ». 

 

Le territoire déformé par la grande vitesse

En rapprochant les grandes villes françaises de la capitale, le TGV réaménage le territoire. Nantes, Bordeaux, Lyon et Strasbourg se situent désormais quasiment à équidistance de Paris, aux alentours de deux heures. Et le TGV a considérablement rapproché Montpellier et Marseille de la capitale. Mais attention : si la carte était en relief, on verrait apparaître des territoires en creux, traversés, mais oubliés par la grande vitesse. Cette carte rappelle aussi que le TGV accentue la place centrale de Paris, même si les liaisons province-province (non représentées ici) se développent et déforment elles aussi le territoire.

 

 

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