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L'Usine de l'Energie

A l’université du Medef, les entreprises alertent sur les échecs de la politique énergétique

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Transition énergétique, taxe carbone, gaz de schiste... Les spécialistes de l’énergie s’interrogent sur les conséquences des politiques énergétiques européennes en matière de compétitivité des entreprises.

A l’université du Medef, les entreprises alertent sur les échecs de la politique énergétique © Dustin Gaffke - Flickr - C.C.

C’est avec des huées que la table ronde intitulée "Trouver l’énergie !" a démarré lors de l’université d’été du Medef, ce 29 août. En cause, l’annonce de l’absence du ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, pourtant affiché au programme. Plusieurs des participants auraient souhaité débattre avec lui de l’instauration d’une nouvelle taxe carbone. Avec, en tête, Jean-Louis Schilansky, président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP). Il s’exclame : "Si la France veut faire une taxe carbone, elle doit être européenne, sinon on tire une balle dans le pied de la compétitivité de nos entreprises."

De manière plus générale, les participants tirent le signal d’alarme. Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, lance d’entrée : "La politique énergétique est un grave échec. C’est un triple échec en matière de sécurité d’approvisionnement, de compétitivité et de lutte contre les émissions de CO2." Luc Oursel, le président d’Areva, juge que la politique européenne a été incapable de rendre compatibles les politiques énergétiques nationales. "La dérégulation n’a pas servi les consommateurs et a affaibli les électriciens", constate-t-il.

Pour une croissance raisonnée des énergies renouvelables

Si tous se disent favorables au développement des énergies renouvelables, ils plaident pour une croissance raisonnée. "Chaque année, 50 à 60 milliards d’euros de subventions sont versées aux énergies renouvelables sans pour autant créer de grands champions européens", explique Luc Oursel, dont le groupe s’est lancé massivement dans l’éolien offshore. Didier Houssin, directeur des politiques énergétiques à l’Agence internationale de l’énergie, constate que "pour l’instant, nous avons eu surtout des échecs en Europe avec la création de bulles".

Dans le cadre de ces défis, beaucoup portent un regard sceptique, si ce n’est sévère, au sujet du grand débat national sur la transition énergétique, achevé en juin dernier. Jean-Marc Jancovici, associé du cabinet Carbone 4 et président du think tank Shift Project, donne son sentiment : "La transition énergétique est une auberge espagnole. Chacun y met ce qu’il veut. Pour François Hollande, il s’agit d’y placer son alliance avec les Verts et le chiffre, sorti du chapeau, de 50% du nucléaire." Jean-Louis Schilansky constate que le débat a failli à répondre aux questions sur « les besoins en énergie de la France » et sur le "coût de la transition". "Il a été dit que la transition énergétique était un axiome et non un concept à discuter", déplore-t-il.

Lassitude sur les gaz de schiste

Si les conclusions générales de ce débat ne satisfont pas. Il y a toutefois du bon à tirer. En particulier, les intervenants se sont longuement réjouis de la cohérence qui est apparue autour de la gestion de l’efficacité énergétique des bâtiments. Le débat a cristallisé toutes les bonnes pratiques et bonnes intentions en la matière. "Dans ce  secteur, toutes les technologies existent pour diminuer d’un facteur 10 la consommation. Il y a juste un besoin de courage politique", juge Fabrice Bonnifet, directeur développement durable de Bouygues.

De manière surprenante, le sujet du gaz et pétrole de schiste est abordé sans prendre une grande part à la conférence du Medef. Didier Houssin, de l’AIE, constate simplement que la France ne voit même pas la révolution du pétrole de schiste qui arrive. Gérard Mestrallet, de GDF Suez, juge, quant à lui, qu’ "il ne faut pas fermer la page des gaz de schiste avant de l’avoir ouverte"... Dans toutes ces interventions, on sent une forme de lassitude, peut-être même de résignation. Jean-Louis Schilansky conclut : "Un jour, la France sera tellement isolée que cela ne sera plus tenable."

Ludovic Dupin

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