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A l’Université d’été du Medef, Pierre Gattaz cultive le "Back to basics"

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Pas d’envolée lyrique, pas de propos intellos pour le nouveau président du Medef qui, dans son discours d’ouverture à l’université d’été, a cherché à prolonger son empathie naturelle avec les patrons. Pour l’instant le style plaît mais son challenge sera aussi d’obtenir des résultats.

A l’Université d’été du Medef, Pierre Gattaz cultive le Back to basics © Pascal Guittet

Ce chef d’entreprise du secteur des sanitaires est ravi de son nouveau président. Il adhère à 100 % au discours que le nouveau patron du Medef a servi à ses adhérents lors de la plénière d’ouverture de l’université d’été de l’organisation patronale. "J’ai aimé son sens de la synthèse. En écoutant Pierre Gattaz, j’ai l’impression d’être intelligent. Il exprime exactement ce que je ressens", explique ce dirigeant. Son enthousiasme contraste avec le ton un peu monocorde voire laborieux du discours lu scrupuleusement par Pierre Gattaz, visiblement plus à l’aise dans le dialogue et l’échange spontané. Ce dernier n’a pas cherché non plus à surprendre sur le fond. De nouveau, comme il l’a fait dans sa campagne pendant des mois, il réexplique que seules les entreprises créent l’emploi, vilipende l’asphyxie des taxes et des normes, dénonce les fausses réformes et promet que les chefs d’entreprises répondront présents au défi de l’avenir si on allège leur fardeau fiscal, social et règlementaire.

France 2020

La redite ne dérange pas. "C’est vrai, ce n’est pas nouveau ce qu’il dit mais on sent que c’est un vrai chef d’entreprise, c’est quelqu’un du terrain", renchérit Claude Barbier, dirigeant d’une entreprise de conseil en immobilier d’entreprise. Ce contact avec le terrain, Pierre Gattaz n’a pas l’intention de le rompre. L’université est l’occasion de lancer son projet participatif "France 2020". A l’entrée de la tente consacrée à ce grand dessein, Jean-Pierre Letartre, président d’Ernst & Young France alpague la foule des dirigeants, polos bleus de l’université 2013 noués sur les épaules : "Entrez, venez apporter vos contributions : en vidéo, sur papier, via Ipad. Ici on recueille toutes les bonnes idées pour une France conquérante en 2020." L’ensemble sera compilé et confié à six commissions pour une synthèse qui sera partagée avec le gouvernement. Mais partagée jusqu’où ? Là est l’inquiétude des dirigeants. "Pierre Gattaz a eu des mots justes mais je crois que le chef du gouvernement et les ministres s’en foutent", maugrée Guy Leclerc, président de la FCA (fédération des enseignes du commerce associé). Les arbitrages d’hier sur les retraites ne portent pas les patrons à l’optimisme. Paradoxalement certains en sont presque à espérer que la situation économique se détériore encore un peu pour obliger le gouvernement à une prise de conscience et à de vraies réformes structurelles.

Combat positif

Pierre Gattaz, qui a été douché dans les dernières 24 heures par une promesse de vraie baisse du coût du travail transformée en simple "compensation de la hausse des cotisations vieillesse", aura l’occasion de faire part de sa déception au ministre des Finances lors d’un débat en face à face, dans le cadre de l’université d’été, ce jeudi 29 août. En attendant, au loin, on entend des sifflements appuyés venant d’une conférence où intervient en guest star Geneviève Fioraso, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Pierre Gattaz s’inquiète "ce n’est pas la ministre que l’on siffle au moins ?" Renseignement pris, c’est bien la ministre qui est visée. "Oh la la,  je n’aime pas ça !", s’exclame Pierre Gattaz. Faux méchant, Pierre Gattaz revendique un "combat positif". "La révolte de rue, ce n’est pas ma tasse de thé", explique-t-il.  Pour l’instant les patrons veulent toute leur part dans le débat mais à la tête, on mise encore sur la pédagogie. Et s’ils ne sont pas entendus ? "Alors, c’est toute la France qui s’enfoncera, les patrons ne manifestent pas dans la rue, ils se démotivent ou ils partent."

Anne-Sophie Bellaiche

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