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L'Usine Campus

A l'Ecole 42, sur le terrain du eSport, les étudiants de la Student Gaming League remportent une victoire

Cédric Soares , ,

Publié le

Reportage Les 27 et 28 mai, après dix semaines de compétition en ligne, les meilleurs joueurs eSport se sont retrouvés à l’Ecole 42, basée à Paris, pour disputer les finales de la Student Gaming League. Gros enjeu pour les organisateurs, s’imposer comme référence auprès des étudiants ne s’avère pas facile.

A l'Ecole 42, sur le terrain du eSport, les étudiants de la Student Gaming League remportent une victoire
Samedi 28 mai, les étudiants bénévoles de la Student Gaming League préparent la salle de l'école 42, située à Paris, où aura lieu la compétition
© Cedric Soares

Les entreprises citées

Un crissement strident trouble le calme de la grande salle où se joue la finale sur Overwatch. Les joueurs de l’équipe Impose Ton Style de l’Epita se lèvent, comme un seul homme, exaspérés. La Student Gaming League reprend tous les codes des événements sportifs, jusque dans les impondérables. Ceux qui forcent l’interruption d’une manche. En voile, une dérive casse. Au tennis, une averse noie le court. Ce dimanche 28 mai, à l’Ecole 42, située dans le XVIIe arrondissement de Paris, la connexion internet plante. Les images saturées de couleurs vives du jeu de tir, d’ordinaire saccadées, se figent sur les écrans. Impossible de reprendre la partie. L’équipe organisatrice impuissante, décide de reporter cette dernière finale de la compétition, en ligne. Le championnat qui a commencé sur internet y prendra donc également fin.

La veille au matin, l’amphithéâtre de l’Ecole 42 vibre doucement au son de la musique métal.  “Allo, Allo vous regardez ce stream formidable” apostrophe Florian, régisseur de 23 ans, au microphone. Une vingtaine de bénévoles s’affaire à quelques heures du début des rencontres.

Une partie du staff termine l’installation de la salle adjacente, où s’affronteront les compétiteurs. Trois kakémonos et quelques affiches A4 aux couleurs de la compétition personnalisent les 100 mètres carrés de la pièce. L’un des murs est couvert de photos de graffs, celui qui lui fait face d’une surface métallique dont l’apparence rappelle celle d’un frigo américain. La climatisation offre un air rafraichissant en cette matinée du mois de mai aux airs d’après-midi d’été.

Les équipes terminent d'installer le matériel. Ici une caméra qui filme une partie des équipes qui participeront à la compétition

Les autres volontaires attendent le début des hostilités sur les banquettes en sky multicolore de l’amphi. Leurs yeux sont rivés sur leurs smartphones et leurs ordinateurs portables. Une batterie de néons blancs jalonne les murs de la pièce. Un projecteur frappe le pupitre des commentateurs de ses rayons. Les éclairages chauffent à blanc ce lieu, aux parois noires, qui accueillera le public dans quelques heures.

Une passion qui aboutit à une fédération

 L’aventure a commencé début 2015. Vincent Bachelet, 23 ans à l’époque, termine ses études en école de commerce à Neoma Reims Management School. Le jeune homme se passionne pour les jeux vidéo depuis l’enfance. Son stage au Syndicat des Editeurs de Logiciel de Loisirs (S.E.L.L.) lui permet de mettre un pied dans le secteur. L’organisme fédère les intérêts français de grands éditeurs tels que Nintendo, Bethesda ou Ubisoft. Lors de cette première expérience, il participe à la préparation de la Paris Games Week, plus gros événement vidéoludique hexagonal avec 272 000 spectateurs. Son envie de créer une structure spécialisée pour la communauté étudiante naît de là.
 
Vincent s’entoure de treize associations étudiantes et fonde en mai de la même année une fédération, le Student Gaming Network (SGN). L’organisation souhaite offrir des ressources et des contacts aux jeunes souhaitant créer un club eSport au sein de leur école. La tâche est ardue. Si le jeu vidéo s’avère une pratique ancrée dans la culture des étudiants ingénieurs, il en va autrement pour les autres. “Nous avons une clientèle majoritairement issue d’écoles d’ingénieurs. Le jeu de stratégie est assez raccord avec leur culture high-tech” explique Sophia Metz fondatrice du Meltdown, chaîne de bar spécialisée eSport. Son antenne parisienne a accueilli la première édition de la compétition.
 
Même chez les joueurs, le eSport ne fait pas l’unanimité. Beaucoup jouent pour le plaisir et refusent de s’adonner à une pratique compétitive.
 
Au-delà des étudiants, l’administration de certaines écoles de commerce affichent parfois leurs réticences. “Ils ont le cliché de joueurs qui restent enfermés” concède Vincent Laurent, 24 ans, secrétaire général de la fédération et étudiant de Kedge Business School à Marseille.

La tendance se confirme ce samedi, les ingénieurs dominent d’une courte tête la compétition. Sur les huit équipes et joueurs finalistes, cinq sont issus d’instituts technologiques. Hormis Overwatch, les compétiteurs s’affrontent ce weekend sur trois autres disciplines : Counter Strike Global Offensive, League of Legends et Hearthstone.

 Le parcours du combattant  

Les places pour la finale se paient au prix de la sueur. Pour cette seconde édition, la Student Gaming League prend une nouvelle ampleur. Le nombre d’inscrits est passé de 400 à 2000 en une saison. Depuis début mars, les compétiteurs engagés dans chaque discipline s’affrontent en ligne une fois par semaine de 19h à 1h du matin. Les Qbyte de l’Université Catholique de Louvain en Belgique, vainqueurs sur League Of Legend ont bataillé 18 matchs en ligne avant d’accéder à leur ultime confrontation. “On joue quatre games par jour pour s’entrainer” confie Mathias 20 ans, alias Qbyte Saitan, capitaine de l’équipe.  Leur victoire les qualifie pour la ligue européenne organisée par Riot Games, éditeur du jeu.

L'équipe Qbyte de l'Université Catholique de Louvain remportent la finale de League of Legend

Les soirs de matchs, les rencontres sont diffusées sur internet via Twitch. L’audience peut aller jusqu’à 300 spectateurs pendant les phases qualificatives. Dimanche, la finale de Hearthstone en regroupe quasiment 1600 sur la chaîne du partenaire Gamers Origin qui diffuse la retransmission. Si la compétition rassemble à l’autre bout de la toile, seuls une cinquantaine de personnes ont fait le déplacement. 

“L’offre eSport était fournie ce weekend. Red Bull organisait un tournoi Street Fighter V à Paris et Domingo un événement League of Legend à Lille” explique a posteriori, la Sophia Metz.
 
Les spectateurs parisiens n’occupent pas les banquettes mais s’assoient entre elles. Leur dos se calle sur celle derrière eu, leurs jambes, en l’air, sur celle devant. Leur posture leur confère une allure de gaufrier entre-ouvert.
Quatre caméras pour sept régisseurs

Les spectateurs parisien de la Student Gaming League dans l'amphithéâtre où les casteurs commentent la compétition

Les regards sont braqués littéralement dans le grand écran qui retransmet les matchs. Les casteurs, nom donné aux commentateurs, regardent eux leurs écrans d’ordinateur. Un néon aux couleurs changeantes éclaire le pupitre où ils sont installés, face au public. Dans leurs bouches, les matchs prennent toute leur saveur. À l’image de chaque sport, les jeux ont leur vocabulaire spécifique. “On prend la banane” sur Counter Strike, “un joueur push sa lane” sur League of Legend. Le micro-casque vissé sur leur tête leur permet d’entendre les indications fournies par la régie.

La régie assure une production d'un niveau professionnel

L’équipe qui l’anime, s’affaire dans son local à quelques mètres de là. Les écrans de contrôle, consoles et les étagères chargées de matériel remplissent une grande partie de l’espace. Les sept étudiants techniciens ont peu de place pour se mouvoir. Quatre caméras quadrillent joueurs, spectateurs et casteurs. La tension monte aux lancements des matchs “10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, LIVE” scande Justin, 19 ans, étudiant à l’Ecole 42 et réalisateur de l’événement. Le jeune homme pousse les manettes afin d’alterner les plans. “Communique aux casteurs que ça va être rallongé” demande le jeune homme à Claire, 20 ans, qui gère la liaison.

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