A Göteborg, les conteneurs prennent le train

Le premier port suédois a réussi, là où les rades françaises échouent depuis des décennies. Assurer le transport des conteneurs par le rail.

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A Göteborg, les conteneurs prennent le train

Un ciel bleu automnal et une légère fraicheur scandinave. Des portiques qui déchargent un porte-conteneur. Un port actif dans la quiétude. Un peu plus loin, un navire a accosté avec des conteneurs Chiquita. La Suède est le premier pays au monde pour la consommation de bananes (20 kg par personne et par an). Un réseau de voies ferrées qui interpelle pour un port de taille moyenne.

Certes, le port de Göteborg est le premier du pays, avec 900 000 conteneurs traités en 2010, mais les plus gros navires n'y font pas souvent escale. Ces porte-conteneurs qui transportent 14 000 "boîtes" sont peu visibles malgré des équipements modernes et adaptés. Un seul de ces navires s'y arrête une fois par semaine.

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Stig-Göran Thorén, le directeur du développement commercial du port, regrette que "les bateaux venant d'Asie ne s'arrêtent que dans les ports du nord, puis des feeders alimentent la Suède. Cette rupture de charge est dommageable". Pour y remédier, il souhaite faire de Göteborg un hub régional.

Le marché du conteneur est estimé à 8 millions d'unités pour la Scandinavie et les pays Baltes. Les projections à l'horizon 2020 évoquent le chiffre de 20 millions.

Les infrastructures existent. Le terminal pour conteneurs peut absorber encore plus de volumes, jusqu'à 3,5 millions au minimum. Il dispose d'un important port pétrolier (trois raffineries), et d'un terminal RoRo qui a exporté l'an passé plus de 230 000 véhicules. L'industrie existe en Suède (automobile, papier, bois, mécanique,…).

300 millions d'euros d'investissement

D'ailleurs, les exportations et les importations s'équilibrent. La ville reste propriétaire du port. Mais l'autorité portuaire a donné des concessions à trois opérateurs dont APM Terminal pour le terminal de conteneurs.

Pas d'engorgement routier pour sortir ou acheminer les conteneurs dans le port. Il n'existe pas de files de camions interminables comme dans certains ports européens et français. Ici, 45 à 50 % du trafic est assuré par le train. Au Havre, seuls 5 % des conteneurs passent par le rail. A Marseille, c'est un peu mieux avec 13 %.

L'ouverture du fret à la concurrence date de 1996 en Suède. Le port de Göteborg travaille avec des opérateurs privés. Il a électrifié les voies. Il a renforcé les quais et modifié l'architecture des rails pour éviter les engorgements. Près de 200 millions d'euros ont été investis pour le rail dans le port au cours de la dernière décennie et plus de 300 millions d'euros sont prévus pour les dix prochaines années, notamment avec un doublement des voies.

Depuis 2002, l'acheminement des conteneurs est passé de 4 à 26 destinations directes. Ces plates-formes permettent de transférer les conteneurs sur des camions pour l'acheminement final.

Cet exemple du port de la mer du Nord traduit l'importance du fret ferroviaire en Suède. Au total, 36 % des tonnages sont transportés par train. En vingt ans, le trafic a augmenté de 20 %. Tout le contraire de la France, où les trains ont perdu la moitié de leur activité en dix ans.

Olivier Cognasse, envoyé spécial à Göteborg (Suède)

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