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À Fos, le nouveau souffle d’ArcelorMittal

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Pour remédier à la compétitivité déclinante du site, le groupe a procédé à une série d’investissements et de choix stratégiques. Aujourd’hui, les hauts-fourneaux tournent à plein régime.

À Fos, le nouveau souffle d’ArcelorMittal

Il regarde avec gourmandise les longues barres colorées qui s’étirent devant lui. "La cadence est bonne aujourd’hui !", s’enthousiasme Joao Felix da Silva, le directeur d’ArcelorMittal Méditerranée et patron du site de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Il ne s’agit pas de confiseries, mais de brames d’acier rougeoyantes qui défilent dans une succession de laminoirs sur près d’un kilomètre. Même à une dizaine de mètres de distance, on ressent les coups de chaleur lors du passage des immenses barres d’acier. "Les hauts-fourneaux produisent quasiment à 100% de leur capacité", assure Joao Felix da Silva. Le site peut produire plus de 4 millions de tonnes d’acier par an.

Surprenant alors que le taux d’utilisation des hauts-fourneaux dans le monde (hors Chine) ne dépasse pas les 75%. "Nous avons embauché 178 personnes en CDI en 2013", surenchérit Dominique Hannicque, le directeur de l’exploitation. C’est le résultat d’une série d’investissements et de choix stratégiques payants. En quelques années, le site est ainsi passé du statut d’usine vétuste, vieille de 40 ans, à celui, enviable, d’usine ultra-compétitive… ArcelorMittal n’a pas dérogé à sa règle qui consiste à favoriser les grands sites côtiers au détriment de ceux implantés dans les terres. Alors que Florange, en Moselle, a vu fermer ses hauts-fourneaux au printemps 2013, ceux de Fos-sur-Mer, à quelques encablures de Marseille, se portent à merveille. Ils ont été refaits à neuf – l’un en 2007, avant la crise, l’autre en 2011 –, et crachent leurs fumées sans discontinuer. Depuis 2006, date de l’OPA de Mittal sur Arcelor, plus de 700 millions d’euros y ont été investis. Un véritable plan de sortie de crise a été mené sur l’installation industrielle, qui s’étale sur un carré de quatre kilomètres de côté.

 

L’export est une priorité

Le site a diversifié ses importations pour acheminer des minerais de fer et de charbon à des prix plus compétitifs depuis le Liberia et le Mozambique. Pour diminuer les coûts, on recycle à Fos des chutes de production. Vu la faiblesse de la demande d’acier en France, l’export est devenu une priorité. La part de la France est tombée à 10%, tandis que celle de la Turquie, friande de bobines d’acier pour l’automobile, a explosé, atteignant aujourd’hui 21%. Les pays en plein développement économique qui bordent le bassin méditerranéen tendent les bras. "L’acheminement par voie maritime de bobines vers la Turquie nous coûte moins cher qu’en direction de Saint-Chély-d’Apcher où elles sont transportées par voie ferroviaire", affirme Dominique Hannicque. Dans cette commune de Lozère se trouve un autre site d’ArcelorMittal, qui transforme une partie de la production de Fos-sur-Mer, situé à seulement 200 kilomètres.

La stratégie est tout autre dans les pays européens, comme en France : là, ArcelorMittal privilégie les aciers innovants et haut de gamme. "30% de nos aciers ont moins de cinq ans, explique Joao Felix da Silva, et 30% de nos produits sont à haute valeur ajoutée." Fos peut compter sur le soutien du centre de recherche de Maizières-Lès-Metz (Moselle). Des résultats concrets de cette collaboration Fos fournit les aciers spéciaux qui améliorent les rendements des moteurs de la Bluecar de Bolloré et l’i3 de BMW. Preuve, parmi d’autres, que le site s’est relevé. Reste pourtant un défi majeur, humain celui-là : attirer des recrues. Un plan de départs volontaires a fait fondre l’effectif en 2009, mais le site emploie encore 2 500 salariés. "Avoir des jeunes, c’est une force, insiste Joao Felix da Silva. Je me bats pour dire que les gens sont aussi un facteur de compétitivité." Après le traumatisme de Florange, la volonté du groupe de montrer une image plus moderne de la sidérurgie pourrait y contribuer. 

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