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A Flins, Arnaud Montebourg et Carlos Ghosn assurent le service après-vente de l’accord compétitivité de Renault

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Made in France Le timing est parfait. Mercredi 29 mai, c’est PSA qui ouvrira les négociations pour conclure un accord de compétitivité national.

A Flins, Arnaud Montebourg et Carlos Ghosn assurent le service après-vente de l’accord compétitivité de Renault © Renault

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L’opération de communication était bien rôdée. Mardi 28 mai, le PDG de Renault Carlos Ghosn et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg ont vanté dans l'usine de Flins (Yvelines) l’accord national de compétitivité signé le 13 mars dernier chez le constructeur.

Responsabilité sociale

Dans "un des temples de l’automobile française", comme il l’a qualifié, Arnaud Montebourg a salué le dialogue social chez Renault. "Lors de ces négociations, les syndicats ont pris leur responsabilité économique, et la direction a pris sa part de responsabilité sociale, a lancé Arnaud Montebourg à Carlos Ghosn. Vous avez fait le choix de la France et au nom du Président de la République, du Premier ministre, je vous en remercie".

Le ministre n’a pas manqué d’égratigner au passage l’autre groupe automobile français, PSA, qui a lui "dissimulé les problèmes", faisant référence à la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Comble de l’ironie : PSA doit ouvrir mercredi 29 mai des négociations pour signer à son tour un accord de compétitivité pour ses sites français. "Vous avez fait l’an II du redressement productif, a déclamé Arnaud Montebourg. Il y a un retour de Renault en France et dans le made in France !".

Etre compétitif sur les petits modèles

Le site de Flins n’avait pas été choisi par hasard pour cette opération. L’usine fabrique les Clio 3 et 4, des petits modèles, souvent visés pour ne pas être rentables s’ils sont fabriqués en Europe. Or l’accord doit remédier à ce manque de compétitivité de la production française.

"Pour le moment, produire des petites voitures en Europe n’est pas compétitif, a tempéré Carlos Ghosn. Mais avec l’accord, nous préparons l’avenir et la performance du site de Flins d’ici 2016". C’est grâce à l’accord que l'usine fabriquera en 2016 82.000 Nissan Micra. La voiture, du même format que la Clio, est actuellement assemblée en Inde avant d’être rapatriée en Europe. "Il fallait être meilleur au niveau des coûts et de la qualité que l’Inde" a rappelé Carlos Ghosn. Selon le directeur de l’usine Thierry Charvet, l’économie attendue grâce à l’accord se monterait à 300 euros environ par véhicule produit d’ici deux ans.

Accord en cours de négociation à Flins

Mais ce n’est qu’une projection, car l’accord est encore en cours de négociation à Flins. Les salariés savent cependant d’ores et déjà qu’ils devront passer de 32 à 35 heures hebdomadaires, ce qui entrainera une augmentation quotidienne du temps de travail des deux équipes. Le solde de RTT (20 aujourd’hui) diminuera : il passera à 5. Les jours de congé stockés sur des compte-épargne temps devront également être liquidés.

Sur l’ensemble du groupe, 7500 postes doivent également être supprimés suite à l’accord. Ce sont majoritairement des employés seniors dont les postes ne seront pas remplacés. A Flins, seule une trentaine de personnes a pour l’instant quitté l’entreprise.

Gagner des modèles de l’Alliance

Carlos Ghosn est cependant resté silencieux sur l’attribution d’autres modèles de l’Alliance à d’autres sites français. L’usine de Douai se montre très active pour accueillir un modèle Nissan. Sur le site nordiste, l’accord de compétitivité s’applique lui déjà. Les 4600 salariés du site ont perdu huit jours de RTT et chaque équipe travaille désormais 10 minutes de plus. Sur chaque voiture produite, le gain est estimé à quelques centaines d’euros. Entre deux et trois cent salariés de plus de 57 ans ont aussi profité du dispositif de départ à l’usine George-Besse.

Pauline Ducamp

Encadré - 2013, année du rebond à Flins ?

Sinistré par la crise depuis plusieurs années, le site francilien entrevoit une éclaircie en 2013. Aucune journée chômée n’a été enregistrée depuis janvier et aucune n’est pour l’instant programmée. Chaque jour, un peu plus de 600 voitures sortent de l’unique chaine d'assemblage : plus de 400 Clio 4, 100 Clio 3 et 80 Zoé, la voiture électrique de Renault aussi produite dans l’usine. "La production est plutôt soutenue, confirme le directeur Thierry Charvet. Notre capacité est à 150.000 et nous devrions produire 130.000 unités cette année". Ce chiffre dépasse le volume minimum garanti par la signature de l’accord compétitivité : 110.000 exemplaires à l’horizon 2016. Reste à savoir sur ces 110.000 unités seront surtout constituées de modèles Renault ou Nissan.

 

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1 commentaire

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28/05/2013 - 19h36 -

quelle honte! renault est en train de virer 10,000 personnes en france et Arnaud le maléfique se réjouit du dialogue sociale....
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