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L'Usine Matières premières

A Dieu Merci en Guyane, le renouveau minier d'Auplata

Myrtille Delamarche ,

Publié le

La junior minière française Auplata creuse son sillon en Guyane, à Dieu Merci où elle va construire une usine pour récupérer l’or contenu dans les rejets de cette mine exploitée depuis 10 ans, mais aussi à Montagne d’or et à Bon Espoir, où elle a laissé les rênes aux majors Nordgold et Newmont.

A Dieu Merci en Guyane, le renouveau minier d'Auplata
Le site de Dieu Merci en Guyane avant la construction de la nouvelle unité de cyanuration.
© Auplata

La France compte peu de compagnies minières, et encore moins actives sur son sol national. Pourtant, en Guyane, un petit poucet - en comparaison du groupe Eramet par exemple - continue son développement dans l’extraction d’or.

Jean-François Fourt a repris en 2012 les rênes de la compagnie minière Auplata, détentrice de permis de recherche et de permis miniers en Guyane française. Pour modifier en profondeur le modèle d’affaires de la junior qui périclitait malgré des permis prometteurs sur l’or, cet ancien de Truffle Capital, qui gère désormais son propre fonds (4T Commodities and emerging markets) a travaillé sur deux axes de développement. D’une part la multiplication des accords avec des majors pour l’exploitation de gisements nécessitant des investissements lourds, et d’autre part la modernisation des outils de production sur les sites exploités directement.

Dieu Merci, vaisseau-amiral et démonstrateur de savoir-faire d’Auplata

"Dieu Merci, c’est notre vaisseau amiral, le site que nous voulons déployer seuls", affirme Jean-François Fourt à propos de la seule mine de la société, Yaou ayant fermé fin 2013 après deux braquages. "Comme il n’est pas possible de gagner de l’argent avec de la gravimétrie [concentration de minerai], il fallait trouver un vrai modèle d’affaires de junior pour s’assurer de valoriser cette réserve d’or", explique Jean-François Fourt.

Ce sera donc la lixiviation en circuit fermé, déjà testée dans une unité pilote à Cayenne avant la construction d’une usine sur le site de Dieu Merci, autorisée en novembre par la préfecture. Cette future unité de cyanuration permettra de récupérer 95% de l’or en poudre contenu dans le minerai (contre 25% de rendement pour la gravimétrie) en traitant les rejets actuellement stockés dans 9 bassins, dont certains atteignent une profondeur de 17 m. "Pour récupérer cet or en poudre, nous avons besoin de très peu d’énergie. Ce qui nous permet d’extraire de l’or à moindre coût. Ensuite, on traitera les carrières", précise le président du conseil d’administration, qui estime à 5 à 10 ans la durée de vie de ces réserves, suivant la capacité de la nouvelle unité. La nouvelle unité de cyanuration représente un investissement de 10 millions d’euros et les travaux devraient durer jusqu’à fin 2016.

En parallèle, Auplata continuera les forages sur ses 700 km2 de permis, afin de permettre le renouvellement de ceux-ci dans l’attente de nouveaux partenaires pour développer les sites les plus prometteurs.

Recours aux majors pour investir

"En tant que société cotée sur Alternext, nous avons des moyens limités", reconnaît Jean-François Fourt. Alors, pour entretenir ses permis et continuer les forages à la recherche d’autres gisements économiquement exploitables, Auplata s’associe avec des majors sur des projets dans lesquels elle garde une participation minoritaire. "Nous nous constituons ainsi un portefeuille d’entreprise dans l’or en Guyane et en Afrique de l’Ouest", deux régions qui présentent l’avantage de renfermer des réserves d’or en zone euro ou, dans le cas de l’Afrique de l’Ouest, en zone franc CFA donc à parité avec l’euro.

En Guyane, Auplata a signé deux accords importants avec des majors. Le gisement de la bien nommée Montagne d’Or (155 tonnes de ressources) est exploré par Colombus Gold, en coentreprise avec le groupe russe Nordgold. Auplata conserve 15% du capital de Colombus, cotée à Toronto. Et à Iracoubo et Bon Espoir, c’est Newmont Mining qui accélère l’exploration initiée par Auplata, via une coentreprise dont la minière française conservera à terme 25%.

Renouveau minier français

"La France était un grand pays minier, mais elle a abandonné cette activité dans les années 1960 pour faire des fusées, des TGV…" Jean-François Fourt croit au "renouveau minier" annoncé par Arnaud Montebourg en 2013 et repris à son compte par son successeur Emmanuel Macron, sans que les effets en soient très lisibles dans l’Hexagone. La situation est très différente en Guyane, où les importantes réserves d’or sont actuellement exploitées à 90% par des orpailleurs illégaux. Colombus Gold participe au groupe de travail sur la mine responsable lancé par Emmanuel Macron et le directeur général d’Auplata, Didier Tamagno, participe à la commission de révision du code minier français.

Auplata a vendu l’an dernier 462 kg d’or affiné et affiche une perte nette de 5 millions d’euros (contre 8,5 millions en 2013) pour un chiffre d’affaires consolidé de 18,5 millions d’euros.

Myrtille Delamarche

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1 commentaire

Nom profil

16/12/2015 - 19h00 -

A l'heure de l'urgence climatique, il parait incroyable qu'une petite société comme Auplata puisse avoir les moyens de brader des surfaces aussi importantes de forêt primaire au bénéfice de multinationales.
Pour quels bénéfices au regards des dégâts environnementaux dont souffriront les générations futures ?
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Nom profil

02/02/2018 - 18h40 -

La surface occupée n'est rien comparé aux destructions de la forêt pour récolter des subventions pour l'herbe ( à l'hectare ) mangé par vache : terre très appauvrie pour que la forêt ne revienne...... Par contre, les idées de réhabilitation ( une espèce d'Inga ) ne tiennent quand même pas la route. Ce qui m'inquiète le plus est le transport et le stockage de la cyanure, au risque de mort très rapide. Mercure, plomb, arsenic, cadmium etc...: si on s'applique à la phyto-remédiation, on fait de l'énergie en éliminant les métaux lourds , y compris initiaux. Mais , il reste 5% d'or en plus dans les résidus.... et, les clandés, évidemment , n'investissent pas dans la biomasse avec récupération des métaux lourds ( distillation et cendres ). Ce qui me met en colère, c'est que les employés ne verront leur famille , comme c'est déjà la révoltante pratique ailleurs, que dix jours d’affilée tous les trois mois à peu près.... sauf que les gosses iront quand-même à l'école. Bref, le bagne social.
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