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L'Usine de l'Energie

A deux mois de la COP21, les deux degrés sont encore loin

Olivier Cognasse ,

Publié le

146 pays ont publié leur contribution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Un sursaut louable mais insuffisant pour respecter les objectifs d’une hausse des températures limitée à 2°C à la fin du siècle.

Crédits : Nasa

 

Vendredi 2 octobre, à la mi-journée, l’Argentine, l’Equateur, l’Inde, le Bostwana… ont publié leur contribution pour lutter contre le réchauffement de la planète. En 24 heures, la machine s’est emballée. Il est vrai que l’ONU avait fixé le 1er octobre comme date limite pour envoyer ses INDC (Intended Nationally Determined Contributions).

Il y a trois jours, 82 pays avaient rendu leurs devoirs. Les contributions permettaient tout juste de limiter à 3°C la hausse des températures. Aujourd’hui, ce sont 146 pays - sur 195 - représentant 87 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). La température a baissé… à 2,7°C ! Le progrès est notable, mais il sera insuffisant pour préserver la planète à l’horizon 2100.

Pour rester sous les 2°C, les principaux pays émetteurs de GES auraient du s’engager davantage pour baisser leurs émissions à l’horizon 2030. A commencer par l’Europe (-40 % par rapport à 1990), la Chine et les Etats-Unis (-26 à 28 % par rapport à 2005) qui concentrent la moitié des émissions de la planète.

Le Brésil ambitieux, l’Arabie Saoudite absente

La Chine, par exemple, s’est engagée à pouvoir polluer encore plus jusqu’en 2030. L’Inde, pays également en fort développement, vise 40 % d’énergies décarbonées (renouvelables et nucléaire) en 2030 et une baisse de 33 à 35 % de son intensité carbone. Mais entre 1990 et 2012, les émissions ont augmenté de 67 %.

Plus ambitieux, le Brésil vise une baisse de 40 % de ses émissions par rapport à 2005 et la fin de la déforestation illégale. A contrario, certains pays se sont encore abstenus de donner leurs objectifs, à commencer par l’Iran et, surtout, l’Arabie Saoudite, seul membre du G20 à briller par son silence.

En plus de toutes ces contributions, il faut aussi se demander comment seront contrôlés les Etats pour vérifier qu’ils respectent bien leurs engagements. S’il est encore plus facile que de tricher sur les moteurs diesel, la planète n'est pas au bout de sa peine. A commencer par les pays les plus vulnérables.

Olivier Cognasse  


 

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