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L'Usine Santé

A Chicago, les laboratoires contraints de coopérer pour lutter contre le cancer

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Mutualiser les efforts dans la recherche contre le cancer : c’est le mot d’ordre qui a régné au congrès de l’ASCO, le rendez-vous international annuel de l’oncologie. Une révolution culturelle pour les laboratoires, mais qui est en marche. Car indispensable.

A Chicago, les laboratoires contraints de coopérer pour lutter contre le cancer © D.R.

L’immunothérapie, traitement du futur ?

Elle était sur toutes les lèvres. L’immunothérapie, c’est le traitement de l’oncologie de demain, parient de nombreux laboratoires, comme le suisse Roche. Les approches ciblant le système immunitaire ont pourtant enchaîné les échecs depuis trente ans. Mais depuis 2011, quelques médicaments sont parvenus jusqu’au marché. Leur principe ? Combinés à d’autres traitements, ils stimulent la réponse du système immunitaire à la tumeur pour prévenir la progression et la récidive, voire détruire les masses tumorales existantes. Un marché au potentiel de chiffre d’affaires de 35 milliards de dollars par an, selon un analyste de Citigroup. Ce qui explique, entre autres, la bataille que se livrent trois Américains pour traiter la forme la plus agressive du cancer de la peau, le mélanome : le pionnier de l’immunothérapie BMS, la biotech Amgen, et le laboratoire Merck. Dans ce domaine, la coopération n’est pas pour tout de suite.

Cette année, il n’y aura pas eu d’annonce spectaculaire au 49e congrès de la Société américaine d'oncologie clinique (ASCO). Organisé à Chicago du 31 mai au 4 juin, il n’en a pas moins gardé son statut de rendez-vous incontournable de la recherche publique et privée sur le cancer, avec pas moins de 30 000 participants venus du monde entier. Si les efforts se poursuivent pour lutter contre cette maladie qui tue chaque année 7,6 millions de gens à travers le monde, l’ASCO est inquiète. Car les coupes dans la recherche biomédicale menacent l’innovation, notamment aux Etats-Unis où le budget des Instituts Nationaux de Santé (NIH) a atteint son plus bas niveau depuis 2001.

Mutualiser l’élaboration des essais cliniques

C’est pourquoi l’heure est plus que jamais aux partenariats, ont asséné les différents intervenants du congrès. En particulier entre le public et le privé. Ce message, le cabinet Accenture et l’Institut national du Cancer américain (NCI) ont aussi voulu le faire passer en réunissant lors d’une conférence en petit comité les responsables de la R&D ou des affaires médicales de nombreux laboratoires pharmaceutiques (Sanofi, AstraZeneca, Lilly, Boehringer Ingelheim, Pierre Fabre…), ainsi que les dirigeants d’institutions et des acteurs académiques. Leur espoir ? Convaincre les industriels de participer à TransCelerate Biopharma, spin-off d’Accenture une structure à but non lucratif dédiée à la collaboration dans les essais cliniques, ces tests de médicaments réalisés chez l’homme qui conditionnent ensuite l’acceptation des produits par les autorités sanitaires. Car les laboratoires pourraient économiser des millions d’euros en mutualisant certaines informations et outils (gestion des données, comparateur de médicaments…). Et gagner un temps précieux en disposant de protocoles validés en amont avec leurs partenaires académiques et les autorités sanitaires.

Des partenaires institutionnels qu’il reste à convaincre

Pour les laboratoires, cette mutualisation relève de la révolution culturelle. Mais elle est en marche. 16 d’entre eux ont déjà rejoint TransCelerate, et pas des moindres, comme le français Sanofi ou l’anglais GSK. Cela n’a pas empêché quelques participants de se montrer circonspects. Car le succès des différents projets promus par TransCelerate dépendra aussi de l’engagement des acteurs académiques : ce sont les médecins qui conduisent les essais cliniques dans les hôpitaux. Reste aussi à convaincre certains acteurs institutionnels incontournables. Alors qu’il était présent au congrès de l’ASCO, l’Institut national du cancer (INCA) français n’a pas répondu à l’invitation d’Accenture et du NIH. Dommage. Car la lutte contre le cancer, pourtant jugée prioritaire par l’Hexagone, ne pourra pas se faire sans l’industrie.

Gaëlle Fleitour

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