A cause du vent, Alteo remet une couche de pollution

Malgré ses efforts pour réduire son impact environnemental, l’usine d’alumine de Gardanne (Bouches-du-Rhône) joue de malchance. Le 8 avril, un vent violent a dispersé sur des habitations de Bouc-Bel-Air les poussières des résidus solides entreposés sur son site de Mangegarri depuis l’arrêt des rejets en mer. Elle va renforcer la protection du lieu.

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A cause du vent, Alteo remet une couche de pollution
Le site Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône)

Après avoir dévoilé en mars de nouveaux investissements pour épurer au maximum ses rejets en mer de résidus liquides, Alteo se retrouve encore une fois sous le feu des accusations pour ses émissions de poussières rouges… sur la terre. Pour cesser fin 2015 l’évacuation de "boues rouges" au large de Cassis, l’usine avait investi dans des filtres-presses qui lui ont permis d’obtenir un sous-produit potentiellement valorisable dans la construction ou la dépollution des eaux ou de sols qu’elle a baptisé commercialement Bauxaline. Mais dans l’attente de marchés pour écouler les quelque 300 000 tonnes annuelles issues du procédé, elle entrepose ses résidus de bauxite sur une colline proche de l’usine, le site de Mangegarri (Bouches-du-Rhône). Dimanche 8 avril, un vent violent a soufflé sur la Provence et Gardanne en particulier, disséminant les poussières sur les alentours et colorant de rouge une multitude d’habitations et des équipements publics (dont une école) de Bouc-Bel-Air. L’événement a déclenché la colère des riverains, une plainte le 9 avril du maire Richard Maillé, puis une injonction du Préfet des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout, qui a pris un arrêté d’urgence le 11 avril pour ordonner à l’industriel la réparation à sa charge des dommages causés par cet "accident de grande ampleur". Il lui réclame également un rapport sous quinze jours. Depuis un incident similaire par le passé, le site de stockage de Mangegarri fait l’objet d’une surveillance spécifique par la commission de suivi mise en place par la Préfecture, parallèlement à l’étude de l’impact et de l’évolution des rejets en mer.

Nouveaux investissements

Alteo a d’ailleurs pris des mesures pour tenter d’annihiler les envols de poussières : arrosage des pistes de circulation et des parcelles en exploitation, encroûtage des parcelles inactives mais exploitées, végétalisation des parcelles non exploitées… L’entreprise devait installer des dispositifs d’arrosage complémentaire pour améliorer les performances des installations. "Ces techniques se sont avérées efficaces l’été dernier. La commande a été passée en octobre et nous nous apprêtions à reprendre l’encroûtage ce printemps, mais les conditions météo n’ont pas permis de conduire les travaux, dans la mesure où il faut 48 heures pour polymériser le sol, indique le directeur des opérations d’Alteo, Eric Duchenne. Les investissements s’élèvent à 400 000 euros. Avec l’amélioration météo, l’ensemble sera opérationnel d’ici trois semaines à un mois. Nous réfléchissons aussi à d’autres solutions."

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Alteo s’est rapproché de la mairie et des riverains pour le nettoyage des édifices souillés. Eric Duchenne rappelle que "l’impact est visuel et non sanitaire", ces poussières ne présentant pas, selon lui, de caractère toxique. A l’occasion d’un bilan sur la pollution atmosphérique sur le pourtour de l’étang de Berre, le 10 avril, Air Paca a été interrogé sur l’incident du 8 avril à Gardanne par Daniel Moutet de l’association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos. Le directeur opérationnel d’Air Paca, Xavier Villetard, a expliqué que huit stations de mesures et de contrôle avaient été disposées de février 2017 à mars 2018 autour de l’usine et de Mangegarri. "Les analyses des résultats sont en cours, mais sur l’année, nous n’avions pas de valeur de toxicité avec impact immédiat" a-t-il confié. A terme, Alteo espère réduire les apports de résidus sur le site grâce à la valorisation de sa Bauxaline. Mais la perspective passe préalablement par une modification de la réglementation.

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