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A cause du réchauffement climatique, les avions devront être moins lourds au décollage

Xavier Boivinet

Publié le

Le décollage des avions trop chargés sera rendu difficile par les pics de chaleur dans la deuxième moitié du siècle. Selon une étude américaine, avec un air plus chaud et moins dense, des restrictions de poids sont à prévoir.

A cause du réchauffement climatique, les avions devront être moins lourds au décollage
Pour une piste et un avion donnés, il existe une température limite au dessus de laquelle le décollage de l'appareil chargé au maximum est impossible.
© CCO IppikiOokami

Les avions vont devoir se serrer la ceinture. Selon une récente étude publiée dans la revue Climatic change, le réchauffement climatique pourrait avoir un impact significatif sur le décollage des avions. L’air plus chaud est moins dense. Le décollage devient alors plus difficile pour des avions trop chargés. En moyenne et dans la deuxième moitié du siècle, entre 10% et 30% des vols annuels chargés au maximum et prévus au moment du pic de chaleur pourraient se voir imposer des restrictions de poids : entre 0,5% et 4% de leur charge en cargaison, passagers ou carburant.

Les gros avions plus concernés

Parmi les modèles d'avions étudiés, les Boeing 777-300 et 787-8 seront les plus touchés. L’Airbus A320 et le Boeing 737-800, plus petits et plus légers, le seront moins : entre 5% et 10% de ceux qui décollent chargés au maximum subiront des restrictions. Ils devront s’alléger en moyenne de 0.5%, soit environ trois passagers. Premier auteur de l’étude, Ethan Coffel indique pourquoi l’Airbus A380 en a été exclu : “Il est très peu affecté car il n’opère que dans les plus grands aéroports”. Sous-entendu : avec des pistes suffisamment longues pour lui permettre de décoller.

Décaler les vols

Pour pallier cette difficulté au décollage, une autre possibilité pourrait donc être d’allonger la longueur des pistes. Une solution chère et qui pose des problèmes d’ordre administratif selon l’étude. “Les compagnies aériennes peuvent aussi changer les horaires des vols les plus impactés à des heures plus fraiches de la journée”, relève Ethan Coffel.

Beaucoup d’avions partent au moment des pics de chaleur. Il reste cependant difficile d’estimer le nombre d’entre eux qui décollent avec un chargement proche du maximum autorisé. “Ces données sont la propriété des compagnies aériennes”, confie Ethan Coffel. Malgré ces incertitudes, il l’affirme : “Des restrictions de charge sont appliquées actuellement, principalement sur les vols long-courriers.” Selon l’étude, cela sera de plus en plus fréquent.

Un phénomène mondial

Les auteurs de l’université de Columbia, du Logistics management institute et du Goddard Institute for Space Studies sont partis des données constructeurs de quatre modèles d’avions commerciaux : Boeing 737-800, Airbus A320, Boeing 787-9 et Boeing 777-300. Ils ont utilisé les caractéristiques et les conditions climatiques de 19 aéroports à travers le monde. Dix aux Etats-Unis, les autres en Asie, en Europe ou au Moyen-Orient. Pour l’évolution des températures, deux scénarios du dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) ont été retenus : un scénario intermédiaire (RCP 4.5) et le scénario le plus pessimiste (RCP 8.5) dans lequel aucune mesure n’est prise pour limiter les émissions de gaz à effet de serre d’ici la fin du siècle. “Nos estimations sont des moyennes de l’ensemble des résultats établis avec ces deux scénarios, en considérant qu’ils ont autant de chances de se produire l’un que l’autre”, précise Ethan Coffel.

Moins dur sera l'atterrissage

Mais dans un scénario ou dans l’autre, le réchauffement climatique ne touchera pas que le décollage. “L’augmentation du niveau de la mer pourrait endommager les infrastructures aéroportuaires au bord de l’eau, avertit Ethan Coffel. Les évènements climatiques extrêmes plus fréquents perturberont les vols. Et les conditions de travail du personnel au sol seront plus difficiles lors des pics de chaleur.”

Et l’atterrissage ? Ne sera-t-il pas plus difficile lui aussi lors des pics de chaleur ? “Généralement non, assure M. Coffel. À l’atterrissage, les avions ont brûlé la majorité de leur carburant et sont plus légers qu’au décollage.” D'après l'Organisation de l'aviation civile internationale, ce carburant brûlé est responsable de 2% du CO2 émis par l'Homme dans l'atmosphère à l'échelle mondiale.

 

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