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L'Usine Agro

A Bruxelles comme en France, le dossier Fipronil soulève des dissensions

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le

Que ce soit entre pays membres de l’Union européenne, ou entre les patrons de Leclerc et Nestlé France, le scandale du Fipronil suscite bien des désaccords, alors que les contrôles se poursuivent et qu’un comité d’experts se tient ce mercredi à Bruxelles.

A Bruxelles comme en France, le dossier Fipronil soulève des dissensions
A Bruxelles, un comité d’experts est chargé de se pencher sur l’affaire des œufs contaminés au fipronil
© parti socialiste CC Flickr

Ce mercredi 30 août, un dossier chaud va être débattu à Bruxelles. A la demande de la Commission Européenne, un comité d’experts est chargé de se pencher sur l’affaire des œufs contaminés au fipronil, la crise sanitaire qui secoue l’Europe cet été. Cet insecticide, pourtant interdit chez des animaux destinés à la consommation, a été incorporé frauduleusement dans des produits de désinfection utilisé dans plusieurs élevages de volailles aux Pays-Bas et en Belgique, contaminant des millions d’oeufs.

Une harmonisation nécessaire en Europe

Bien que le risque pour la santé humaine soit jugé faible par l’ANSES, cette affaire a mis en exergue les failles du système d'alerte européen, déjà ébranlé lors de la crise de la viande de cheval. Des tensions sont ainsi apparues entre Etats membres, certains reprochant notamment aux Pays-Bas de ne pas avoir donné l’alerte suffisamment tôt. Ce qu’espère la France ? Une "concertation au niveau européen, afin que soient harmonisées les mesures de gestion des élevages et des produits alimentaires contaminés", explique le ministère de l’Agriculture.

Mais les critiques du système européen se multiplient. "Nous sommes confrontés en Europe et en France à un double problème face à ces fraudes alimentaires : nous ne sommes pas assez protégés par des mesures préventives, comme la traçabilité et les contrôles pourtant promis après le scandale de la viande de cheval, et la crise est gérée dans une grande opacité", accuse Karine Jacquemart, la directrice générale de l’association Foodwatch France. "Il faut un contrôle européen mieux coordonné, beaucoup plus indépendant et élargi en supprimant tous les conflits d'intérêts dans les agences de contrôle nationales et européennes", estime pour sa part la députée européenne écologiste Michèle Rivasi.

La multiplication des contrôles en France

Les entreprises étaient pourtant déjà vigilantes, selon Loïc Coulombel, le président du Snipo, Syndicat National des Industriels et Professionnels de l'Œuf (voir notre interview). "La présence de fibronil est étudiée dans tous les tests de routine faits dans les entreprises. Il fait partie des 274 matières actives recherchées." Dès l’alerte donnée par les autorités publiques françaises le 5 août, "les entreprises ont pris leurs responsabilités en vérifiant auprès de leurs fournisseurs d’œufs et d’ovoproduits la traçabilité des lots et en bloquant par précaution, après l’identification, les produits concernés", assure Esther Kalonji, la directrice du Pôle Alimentation & Santé de l’Ania, le syndicat des industriels de l’agroalimentaire.

Au 25 août 2017, plus de 520 autocontrôles ont ainsi été effectués par les entreprises françaises, "essentiellement par la quinzaine d’entre elles les plus concernées par le risque de contamination par du fipronil, selon le ministère de l’Agriculture. 34 autocontrôles se sont révélés positifs, entraînant le retrait de la vente des denrées contaminées." En parallèle, des contrôles diligentés par les autorités se poursuivent dans les centres de conditionnement, les établissements de transformation et chez les grossistes français identifiés comme destinataires d’œufs ou d’ovoproduits contaminés en provenance de Belgique et des Pays-Bas.

Passe d’armes entre les dirigeants de Leclerc et Nestlé France

Dans l’Hexagone, l’impact économique de cette crise se fait déjà ressentir. Notamment dans les grandes surfaces, où les ventes d’œufs se sont érodées de 8,7% rien qu’entre le 7 et le 13 août, générant une perte de chiffre d'affaires de l'ordre de 1,6 million d'euros, selon le panéliste IRI. Ce, sans compter l’impact des produits transformés à base d’œufs qui ont dû être retirés depuis de la vente… De quoi soulever l’ire du médiatique dirigeant de la grande distribution Michel-Edouard Leclerc, qui dénonce sur son blog "la difficulté incompréhensible qu'ont certains industriels à tracer correctement et facilement leurs approvisionnements. Un système assez opaque est ainsi pointé du doigt, que les lobbies industriels ont réussi à masquer jusqu'à présent en obtenant des politiques une exigence de transparence bien moins stricte que celle imposée aux distributeurs."

Une attaque que n’a pas laissée passer Richard Girardot, le PDG de Nestlé France, comme l’ont relevé nos confrères de LSA. "Michel-Edouard Leclerc a trouvé sur son blog plus pertinent d’essayer d’exonérer son groupe de toute responsabilité en essayant de détourner les soupçons vers l’ensemble de l’industrie agro-alimentaire et son association professionnelle, relativisant ainsi les problèmes de ses marques Repère ou Eco+ », réplique-t-il sur son propre blog. « Cela est regrettable, car lorsqu’ils vendent leurs marques propres, les distributeurs se retrouvent à faire face aux mêmes difficultés et responsabilités que les marques nationales vis-à-vis des consommateurs..." La trêve demandée par le ministre de l’Agriculture à l’occasion des Etats Généraux de l’Alimentation aura été de courte durée.

Gaëlle Fleitour

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1 commentaire

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30/08/2017 - 10h33 -

Une question qui à ma connaisance n'a pas été posée.: Les éleveurs ne gardent pas très longtemps leurs volailles, et en général ne les jettent pas aux ordures. Elles sont soit recyclées soit misent sur le marché pour consomation. Le corp de ces volatiles doit être plus contaminé que leurs oeufs. Que sont devenues les tonnes de chaires des volatiles abattus par le passé ?
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