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L'Usine Santé

A Boston, Ipsen se fait un nom au milieu des géants de la pharma

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

A Cambridge, à deux pas de Boston, le laboratoire pharmaceutique français Ipsen vient d'ouvrir un centre de R&D flambant neuf. A la clé, plus de visibilité au sein du plus grand cluster santé au monde, et un nouveau partenaire : Harvard.

A Boston, Ipsen se fait un nom au milieu des géants de la pharma
Ipsen
© L'Usine Nouvelle

A Kendall Square, au cœur de la ville américaine de Cambridge qu’une simple rivière sépare de Boston, se trouve un cluster exceptionnel dédié à la santé. Universités d’excellence (Harvard, MIT), hôpitaux prestigieux comme le Massachusetts General Hospital, start-up et biotechs historiques (Genzyme, Biogen) mais aussi centres de recherche des plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux (Pfizer, Novartis, Sanofi…), fonds d’investissement dédiés à la santé… Depuis mercredi 2 avril, cet écosystème unique au monde compte un nouveau membre : le laboratoire français Ipsen. Cette entreprise de taille intermédiaire (1,27 milliard d'euros de chiffre d'affaires, en hausse de 4,1% l’an dernier) a fait le pari d’investir 75 millions de dollars pour installer ici, sur deux étages d’un bâtiment flambant neuf partagé avec d’autres biotechs, son centre de R&D américain.

Il était situé jusqu’alors à une soixantaine de kilomètres de Boston, accolé à un site de production dédié à l’hémophilie que le français a cédé il y a deux ans. L’occasion rêvée de transférer et renforcer son équipe de chercheurs américains, qui compte désormais 65 personnes, l’équiper de matériel high-tech et le tourner vers l’"open innovation" en lui offrant la possibilité de nouer des partenariats privilégiés. Un exemple en est l’accord de recherche annoncé ce mercredi avec l’université d’Harvard. D’une durée de plusieurs années, il porte sur les tumeurs neuro-endocrines et les troubles neuromusculaires et utilisera les plateformes technologiques d’Ipsen dédiées aux toxines et aux peptides. Il y a deux ans, le Français avait déjà convaincu un laboratoire d’Harvard de plancher ensemble sur de nouvelles toxines afin d’améliorer les traitements contre les tremblements et les spasmes d’origine neuromusculaire. Il fait aussi régulièrement appel à des experts du MIT comme consultants.

La renommée d'Ipsen grimpe aux Etats-Unis. En témoigne la présence à l'inauguration du centre de plusieurs Prix Nobel et de 200 scientifiques et investisseurs américains. L'ambassadeur de France aux Etats-Unis a également fait le déplacement. Ipsen tourne la page de ses difficiles débuts sur le Nouveau Continent. Après avoir longtemps essuyé des pertes aux Etats-Unis, le plus grand marché pharmaceutique mondial où il ne vend encore que trois médicaments, le français s’y était profondément restructuré en 2012. Il avait transféré son siège commercial de la Californie vers le New Jersey afin de gagner en visibilité. Sa filiale américaine est revenue dans le vert fin 2013 et a enregistré 24% de croissance l’an dernier, même si elle n’était encore que la cinquième filiale du groupe avec un chiffre d'affaires de 79,2 millions d’euros. Ce dernier devrait exploser cette année : Ipsen vient de lancer outre-Atlantique, dans une nouvelle indication en oncologie, Somatuline, un de ses médicaments phares co-élaboré avec une université américaine. Ce qui lui permettra de se frotter au numéro un mondial de la pharmacie Novartis et de pénétrer un marché potentiel de 600 millions de dollars, estime Marc de Garidel, le PDG d'Ipsen, qui a longtemps travaillé pour des big pharmas américaines. Le groupe francais espère également obtenir cette année une nouvelle indication pour sa toxine Dysport. Conséquence, "d’ici à 2020, les Etats-Unis seront notre premier pays", promet Marc de Garidel. A l’heure actuelle, c’est encore la France qui domine ses ventes, suivie de la Chine.

De Boston, Gaëlle Fleitour

La complémentarité, atout R&D d'Ipsen

Le processus d’innovation particulièrement coûteux et long de la pharmacie impose l’agilité aux entreprises de taille intermédiaire. "Comme nous sommes plus petits que les big pharmas, nous devons créer des ramifications, oublier les silos pour être d’une efficacité maximum et miser sur la complémentarité !" estime Claude Bertrand, le patron de la R&D de Ipsen. Il peut désormais compter sur trois centres de R&D mondiaux avec 250 chercheurs à Paris-Saclay, 30 en Angleterre près d'Oxford et 65 près de Boston. S’y ajoutent des partenariats dans le monde entier en neurologie, endocrinologie et urologie-oncologie.

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