À bord du CMA CGM Bizet

L'explosion du trafic maritime oblige les armateurs à s'adapter. Mais tenir le rythme dans le contexte économique n'est pas chose facile.

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À bord du CMA CGM Bizet
Ils passent et repassent discrètement au large des plages. Ils sont souvent parqués bien loin des ports de tourisme. Ils ne font pas parler d'eux comme les transports routiers ou ferroviaires. Pourtant ces énormes bateaux ont une bien lourde tache : assurer 20% du transport mondial de marchandises en temps et en heure.


Contraint par le rythme effréné de la mondialisation, le groupe de transport maritime CMA CGM surfe sur la vague. Le groupe marseillais tire parti de cette explosion exponentielle du transport par conteneur. Entre 2000 et 2007, la société a considérablement augmenté sa flotte de navires. Ils étaient 120 en 2000. Aujourd'hui 395 navires de la compagnie sillonnent le globe et desservent près de 400 ports. A coût d'acquisitions successives, le groupe étendue sa sphère d'influence dans des régions du monde. En 2006, il a acheté Delmas spécialisée dans l'Afrique de l'Ouest. Cette stratégie d'investissement a porté ces fruit et le français peut s'enorgueillir de s'être hissé au 3ème rang mondial. Avec 7.7 millions de conteneurs ont été transportés l'année dernière et un chiffre d'affaire de 11.6 milliards d'euros, le président peut afficher une certaine fierté.

Mais le travail d'un armateur n'est pas de tout repos et il doit gérer bon nombre de contraintes. Les chargements et déchargement ne boites ne se font pas sans difficultés. « le taux de remplissage des bateaux est un véritable casse tête. Le déséquilibre entre les imports et les exports nous obligent à faire des escales en route » explique Roger Bottau, responsable de la diffusion de la culture d'entreprise au sein du groupe. A bord le remplissage doit s'optimiser afin de respecter les strictes consignes de sécurité. Les boîtes empilées les unes sur les autres selon un plan de charge précis disponible sur un logiciel spécifique. Afin de faciliter la mise en place à bord, les conteneurs n'ont que 2 tailles standards. Des boites de 20 pieds (6 m) qui sont capable de supporter 20 tonnes de marchandises et des conteneurs de 40 pieds pour des marchandises pouvant atteindre 28 tonnes. On utilise une métrique particulière afin de compter les conteneurs : l'evp ou équivalent 20 pieds.

Le Bizet qui effectue des aller- retour entre le Nord de l'Europe et L'Asie est ainsi capable de transporter 6 600 evp soit plus de 130 000 tonnes de marchandises ! Animaux, armes et explosifs sont les seuls interdits à bord. Généralement, l'équipage ne connaît pas le contenu de ces grosses boites bleues et blanches. Sauf dans le cas précis de produit dangereux qui demandent une attention particulière. Ces marchandises sont pistées par des documents qui suivent le conteneur tout le long de son trajet.

Ces problématiques organisationnelles sont bien mineures par rapport à la crise qui se profile. Les bateaux ne voyagent plus à pleins, le pétrole continue son ascension vertigineuse, les ports français ont une faible productivité.

Afin de préserver sa place, le groupe tente des actions de réductions des couts « Pour absorber une partie de la hausse du fioul qui est passé de 200$ à 600$/ tonnes. Nous avons baissé la vitesse de nos navires et rajouter un bateau supplémentaires pour ne pas desservir nos clients » témoigne Jean-Yves Monnot, le commandant de bord. Ces réductions de coûts inquiètent les marins français. Ce soir une grève supplémentaire dans le port du Havre retiendra le Bizet à quai.
Jessy Picard

> Chiffre d'affaire 2007 : 11.8 milliards de dollars (+40% par rapport à 2006)
> Résultat net 2007 : 966 millions d'euros (58% par rapport à 2006)
> 3ème rang mondial avec 7.6% de part de marché
> Effectif : 16 000 personnes

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