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A bord de l’Oasis 3, le plus gros paquebot du monde

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STX France assemble à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) l’Oasis 3, le plus gros paquebot du monde, pour l’armateur américain RCI. La construction de deux autres géants des mers va démarrer en parallèle cette année. L’outil industriel du chantier naval a été configuré pour ce défi hors normes.

A bord de l’Oasis 3, le plus gros paquebot du monde
Chantier de construction de l'Oasis 3 à Saint-Nazaire
© Emmanuel Guimard

Chez STX France, Pascal Favreau est assurément l’un des hommes les plus occupés. Cet ingénieur est responsable de la construction de l’A34, nom de code de l’Oasis 3, présenté comme le plus grand paquebot jamais construit, avec ses 361 mètres de long et de 227 000 tonneaux. Destiné à l’armateur américain Royal Caribbean International, ce géant pourra embarquer plus de 5 400 passagers et 2 100 membres d’équipage. Pour STX France et ses sous-traitants, il représente plus de 10 millions d’heures de travail. Les proportions inédites du navire stupéfient. "Même nous, ce navire nous étonne", glisse Laurent Castaing, le directeur général de STX France qui n’exclue cependant pas de construire, un jour, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) des navires encore plus gros.

Chaque heure est comptée pour pouvoir livrer le navire fin avril 2016, moquette posée et lits faits. Pascal Favreau consent toutefois, ce mardi matin, à une visite du navire au pas de course, prenant toutefois garde de ne pas égarer le visiteur dans les dédales du géant. L’instant est pourtant crucial puisque ses équipes se préparent à tracter le géant de la forme A vers la forme B, plus profonde, 500 mètres plus loin. Il faudra, pour ce déplacement, attendre que le vent tombe dans l’estuaire de la Loire puis immerger la cale qui sera asséchée immédiatement après. "C’est une course de haies, cette étape en est une", mentionne Pascal Favreau. La forme profonde permet de baisser le navire afin que le portique ait suffisamment de hauteur pour déposer les blocs.

Une construction par blocs

On en est, pour l’instant au huitième pont. Le navire culminera à vingt niveaux. A ce stade, 41 blocs sur 86 ont été assemblés, ce qui correspond à 60 % d’achèvement sur le "gros œuvre". S’il manque encore la proue et l’étrave, on devine déjà bien les formes du navire. Ce jour-là, le grand portique dépose tout doucement un bloc de cinq niveaux, tout équipé de ses cabines aux balcons bleus. A l’intérieur de l’A 34, dans les coursives et les lieux publics, c’est encore le métal qui domine. La future patinoire n’est qu’un plancher de bois et l’acier est à nu dans la "Royal promenade", une allée intérieure de 100 mètres de long. Cette esplanade deviendra un centre commercial le jour et une discothèque la nuit. Dans le "conference center", on en est déjà au stade de la décoration. Un plâtrier est à l’ouvrage.
"Le grand défi technique de ce navire, c’est sa taille impliquant un autre séquencement des travaux et la multiplicité des zones", explique Pascal Favreau. Dans d’autres recoins, on a déjà placé des cabines, des éléments très "plug and play". Quelque 500 cabines sont d’ores et déjà embarquées. "L’originalité de ce chantier, explique Laurent Castaing, c’est le niveau de pré armement mis en œuvre, 75 à 80 % de ce qui a pu être pré armé l’a été, notamment le montage des gaines de tuyaux et des réseaux. Le pré armement, au stade des panneaux, permet de diviser certains coûts par trois. Et le défi est d’aller encore plus loin."

Mise à l’eau en juin

C’est en juin que l’Oasis sera mis à l’eau dans la cale C du chantier, dont les grandes dimensions avaient permis d’accueillir le Queen Mary 2. Cela évitera d’avoir recours à la forme Joubert, dont l’usage est parfois rendu difficile par les grèves épisodiques des agents portuaires. STX France a anticipé cette montée en puissance par une série d’investissements : le nouveau portique, un nouvel ERP (informatique), de grands abris blancs en structure textile, permettant de peindre des ensembles de balcon et ainsi de bien tenir le programme de peinture, et une unité d’armement de panneaux, permettant un taux de pré armement sans précédent. Sans le grand portique "il aurait fallu découper différemment, cela aurait coûté plus cher", explique Pascal Favreau.

Quand l’Oasis 3 aura glissé en forme profonde, il laissera la place pour assembler les premiers blocs du B34, l’Oasis 4, son "sistership". Ce navire n’est livrable qu’en 2018 mais l’annulation d’un navire, pour Brittany ferries, libère le créneau. Il s’agit d’optimiser la place et les espaces. En avril, c’est le E34, un paquebot destiné à l’italien MSC, qui va démarrer. Dès lors, trois paquebots, à des phases différentes, seront en construction à Saint-Nazaire en 2015. Avec les lettres d'intention de RCCL pour deux autres navires et les options de MSC pour deux autres, ce sont huit paquebots qui devraient être construits d’ici à 2020. A part d’éventuelles périodes transitoires, le plein emploi est garanti pour plusieurs années.

La vente de STX France toujours d’actualité

"Il y a de la place pour des petits paquebots en 2018 et 2019", nuance Laurent Castaing. A ce jour, le chantier mobilise 6 000 personnes, sous-traitants compris, dont 10 à 15 % d’étrangers, indique le dirigeant, battant en brèche les rumeurs d’une montée en puissance de la main d’œuvre non française. Cette proportion devrait atteindre 20 à 25 % sur les travaux d’agencement. En marge de la visite, Laurent Castaing évoque le projet de cession de STX France par le groupe coréen STX et son actionnaire KDB. "STX nous a demandé de remettre à jour le dossier de vente, confie le dirigeant. On a eu un certain nombre d’auditeurs que l’on n'avait pas vu depuis un an. C’est la preuve que le dossier n’est pas abandonné." C’est le Crédit suisse et Deloitte qui sont chargés de la vente.

Les italiens de Fincantieri, désignés comme repreneurs potentiels par la presse et par le ministre des Finances Michel Sapin, n’ont pas été vus à Saint-Nazaire, pas plus que d’autres visiteurs. L’autre dossier en suspens est la question des Bâtiments de projection et de commandement (BPC) destinés à la Russie, mais dont la livraison est bloquée par la France en raison des évènements en Ukraine. "Cela ne crée pas une situation critique", rassure Laurent Castaing. Le chantier a touché 80 % du prix des deux navires (600 millions d’euros pour les deux BPC). "Côté trésorerie, on a réglé le problème", indique le dirigeant soulignant cependant que l’impayé fera un trou dans les comptes 2014, bien que la commande soit couverte par la Coface…

Emmanuel Guimard

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