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L'Usine de l'Energie

A bord de l’Apollo, plate-forme d'installation d'éoliennes en mer, en cours de transformation à Dunkerque

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Reportage L’Apollo, plate-forme autoélévatrice, est en cours de transformation sur le chantier naval Damen à Dunkerque (Nord). Le navire peut notamment installer des éoliennes en mer. Son propriétaire, le belge DEME, compte parmi les candidats en lice pour le futur champ éolien au large de Dunkerque.

A bord de l’Apollo, plate-forme d'installation d'éoliennes en mer, en cours de transformation à Dunkerque
La proue de l'Apollo, plate-forme auto-élévatrice, au chantier naval Damen à Dunkerque (Nord).
© Mathieu Hébert

Quel drôle de navire volant ! Maintenu au-dessus de la surface de l’eau, l’Apollo semble évoluer dans les airs. C’est le principe de cette catégorie de navires utilisés pour les travaux maritimes : grâce à ses quatre pieds dont la semelle s’enfonce sur les fonds marins, cette plate-forme auto-élévatrice, ou jack up, peut s’élever au-dessus de la crête des vagues, s’affranchissant ainsi de la gîte et résistant mieux au vent.

Conçu pour travailler sur les sites de forage ou les champs éoliens en mer, bien stabilisé sur ses quatre appuis hauts de plus de cent mètres, le navire fait office de socle pour sa grue, qui peut lever jusqu’à 800 tonnes.

"Le fleuron de la flotte de DEME"

A Dunkerque, les ouvriers du chantier naval Damen lui apportent plusieurs transformations, dont une de taille : au centre du navire, une ouverture est effectuée sur toute la hauteur du navire, entre la coque et le pont supérieur. Grâce à cette "moon pool", on peut accéder à l’eau à partir du milieu du pont du navire, et ainsi battre trois pieux : un sur chaque bord, et un au centre, "sans déplacer le navire", explique Guillaume Fallourd, architecte naval, qui coordonne les travaux depuis le début du projet en 2015.

Ses quatre propulseurs lui permettent un maintien dynamique, sans l’assistance de remorqueurs. Vitesse de pointe : douze nœuds. Pour un navire de ce type, à fond plat, c’est plus que correct. L’Apollo est "le fleuron de la flotte de DEME", assure Jan Vandenbroeck, directeur général des filiales françaises de ce groupe belge spécialisé dans les travaux hydrauliques. Outre le dragage, le groupe développe depuis vingt ans une expertise croissante dans le domaine de l’éolien en mer.

Bientôt la mer d’Ecosse

Construit sur le chantier naval de Pula, en Croatie, l’Apollo a été mis en service en août 2018 et a déjà effectué plusieurs missions, en mer du Nord essentiellement. Ses dimensions ont été conçues pour cette zone, qui concentre l’essentiel des fermes éoliennes au large des Pays-Bas et du Royaume-Uni. Fin avril, l’Apollo naviguera vers Flessingue (Pays-Bas), pour d’ultimes préparatifs sur un autre chantier naval de Damen, avant de gagner un chantier au large de l’Ecosse le 1er mai.

Un ouvrier au travail sur le pont supérieur - Photo Mathieu Hébert

Le calendrier est serré. L’équipage vient d’apprendre que le chantier à Dunkerque aurait quelques jours de retard. "Rien de dramatique ; c’est habituel dans ce genre de travaux", assure Serge, marin. Il y a seize ans, cet ancien pêcheur de la côte belge a quitté son chalutier pour rejoindre le groupe DEME. "Ce n’est pas la même ambiance : c’est international : il y a des Wallons, des Flamands… et des Belges", glisse-t-il, pince sans rire. Sans compter les ouvriers et prestataires du chantier, dix-sept nationalités composent l’équipage d’une cinquantaine de personnes.

Dunkerque : pas un hasard

Ce n’est pas un hasard si l’Apollo a été confié au chantier dunkerquois. DEME est membre de l’un des neuf consortium candidats à l’appel d’offres pour la réalisation d’un parc éolien au large de Dunkerque. Le groupe belge est associé dans ce dossier à Shell et Quadran Energies Marines, la seule PME française en lice dans cette compétition. Parmi les autres groupements candidats figurent les principaux acteurs de l’énergie : EDF, Total, Engie, le Suédois Vattenfall ou encore le norvégien Equinor (ex-Statoil).

"Notre stratégie est de développer l’ancrage local", explique Jan Vandenbroeck, lui-même basé à Lambersart, près de Lille (Nord). Moulins de Flandre, le groupement qui réunit DEME, Shell et Quadran, a ainsi noué plusieurs partenariats avec les acteurs socio-économiques dunkerquois (pêcheurs, associations environnementales, office de tourisme, collectivités). Parmi les initiatives co-construites avec ces derniers : un financement participatif, la mise en place de radars destinés à modifier l’activité des pales des éoliennes en cas de passage de groupes d’oiseaux migrateurs, un centre d’information pour le grand public…

"L’éolien, on espère en faire de plus en plus"

Mais c’est avec l’emploi et l’activité économique induite que le groupement espère convaincre. En dix ans, DEME a ainsi fait réaliser une vingtaine d’interventions par les chantiers de réparation navale de Dunkerque. Porté par la croissance de l’activité éolienne, le groupe belge fait aussi travailler l’industrie sidérurgique locale : en 2018, Dillinger France, à Dunkerque, lui a ainsi livré 800 000 tonnes d’acier pour des monopieux de fondations d’éoliennes en mer.

Jan Vandenbroeck, DG filiales françaises de DEME - Photo Mathieu Hébert

"Nous connaissons le marché de l’éolien. On veut emmener la toile industrielle du Dunkerquois dans ce monde-là. Et pas seulement pour un an ou deux : le marché européen se profile à une échéance plus longue", affirme Jan Vandenbroeck.

Chez Damen, on confirme la perspective de nouveaux marchés. "On était de simples chaudronniers. Nos clients, de plus en plus, nous demandent de l’ingénierie, de l’accompagnement et de l’optimisation de leurs projets", explique Fabien Guillemot, responsable commercial du chantier naval. "L’éolien, on espère en faire de plus en plus".

Si le consortium Moulins de Flandre est lauréat de l’appel d’offres, il promet également d’implanter à Dunkerque son site de maintenance, soit jusqu’à 150 emplois. Le site est déjà identifié.

Le lauréat retenu pour le futur parc éolien dunkerquois devrait être annoncé par le gouvernement début juin. D’une puissance de 500 mégawatts – l’équivalent d’une demie centrale nucléaire – le parc pourrait commencer à produire de l’électricité à partir de 2024.

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