A Berlin, Monti demande aux marchés de voir les progrès italiens

par Stephen Brown et Alexandra Hudson

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BERLIN (Reuters) - Angela Merkel a fait l'éloge mercredi du nouveau gouvernement italien pour la rapidité avec laquelle il a engagé des réformes, tandis que le président du Conseil Mario Monti a jugé important que les marchés reconnaissent à leur tour les efforts de l'Italie.

Lors d'une conférence de presse commune des deux dirigeants à Berlin, la chancelière allemande a également déclaré que l'Allemagne était prête à injecter un capital de départ plus important dans le mécanisme permanent de sauvetage de la zone euro, le MES, qui doit être lancé cette année.

"Nous voulons conclure rapidement les négociations sur le MES (Mécanisme européen de stabilité), y compris avec les nouveaux instruments. Et nous voulons peut-être, si nécessaire, et l'Allemagne serait prête à le faire si les autres le font, verser davantage de capital au départ du MES, parce que si le capital est investi, cela envoie un signal important aux marchés", a déclaré la chancelière.

Après cette suggestion, l'euro a bondi vers 1,2730 dollar alors qu'il était à 1,2690 dollar auparavant. La monnaie unique a ensuite reflué.

"Les propos d'Angela Merkel concernant le fait que l'Allemagne est prête à mettre davantage d'argent dans le MES (...) ressemblent à un changement de position. Cela ressemble à une approche plus proactive de la crise", juge un trader obligataire.

Pour Angela Merkel, le gouvernement "technique" de Mario Monti a été prompt à adopter les mesures budgétaires urgentes dont avait besoin la troisième économie de la zone euro, et maintenant les réformes structurelles nécessaires pour doper la croissance.

"Cela va renforcer l'Italie", a souligné la chancelière.

Elle a ajouté que la priorité de la zone euro pour ce début 2012 était de s'assurer d'un deuxième plan de sauvetage pour la Grèce.

MONTI ESPÈRE VOIR LES RENDEMENTS BAISSER

Mario Monti, qui a annoncé la présentation dans les prochains jours d'un large programme de mesures de libéralisation, a souligné que son pays ne pourrait progresser que si les conditions en Europe devenaient plus favorables, notamment au niveau des coûts de financement supportés par Rome.

"Le contexte européen doit devenir plus favorable en permettant à temps la baisse des taux d'intérêt et un renforcement de l'intégration de l'Union européenne", a dit l'ancien commissaire européen.

Le rendement du papier italien à 10 ans continue d'évoluer autour de 7%, un niveau considéré comme difficilement tenable à long terme dans une économie confrontée à une croissance atone.

"Sur les marchés financiers, les forts taux d'intérêt pourraient avoir été justifiés quand les marchés étaient défiants quant à la politique économique de l'Italie, mais ce n'est plus le cas, en particulier après que des représentants de ces mêmes marchés ont dit avoir apprécié les efforts entrepris", a dit Mario Monti.

Il appartient à l'Europe "de faciliter le fait que les bonnes politiques se traduisent par une baisse des taux d'intérêt", a-t-il ajouté, enfonçant le clou après avoir déclaré dans une interview au journal Die Welt que l'UE devait récompenser les efforts de l'Italie pour combattre la crise de la dette.

Ces propos prennent un écho particulier alors que le directeur de la notation souveraine chez Fitch Ratings, David Ridley, avait auparavant jugé que la Banque centrale européenne (BCE) devait augmenter le volume de ses rachats d'obligations afin de soutenir l'Italie et éviter un effondrement "cataclysmique" de l'euro.

L'Allemagne et la BCE s'opposent toutes les deux à cette perspective.

Sur la question de la taxe sur les transactions financières, Angela Merkel et Mario Monti ont souligné que Berlin et Rome ne soutiendraient un tel projet que s'il était mis en place dans l'ensemble de l'Union européenne, alors que la France semble vouloir passer outre l'opposition de certains milieux financiers et du gouvernement britannique.

Jean Décotte pour le service français

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