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À 347km/h à bord du TGV chinois

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À l'occasion d'un reportage en Chine un de nos reporters a pris ce jeudi 17 février une des dernières lignes ouvertes de train à grande vitesse. Celle reliant Shanghai et Hangzhou, dans l’est du pays. Impressions sur le vif, à la première personne.

À 347km/h à bord du TGV chinois

 

Jeudi 17 février - 6H15 du matin - En plein brouillard, après plusieurs jours de froid, Shanghai se remet doucement des fêtes du Nouvel an. Après une demi-heure de taxi, me voilà à Shanghai Hongqio, l’une des trois gares de la ville. Reliée à l'aéroport voisin, cette gare ultra moderne dans sa coque de verre et d'acier est, elle-même, de la taille d'un bel aéroport. Je me rends à Hangzhou à 200 km au sud-est de Shanghai en reportage pour L'Usine Nouvelle pour visiter les sites de Seb Supor et Manitou.


 

6h45 Panique! les grandes portes en verre automatiques de la gare siglées CRH (les lignes à grande vitesse chinoises) sont en panne. Avec d'autres passagers affolés je finis par trouver une entrée. Direction le « security check ». Après le passage des bagages au scanner, je franchi le portique de sécurité qui sonne sans émouvoir pour autant l'agent de sécurité, impassible. 

6H55 - L'immense hall de la gare n’est guère rempli. Pour un lieu public chinois, c'est même incroyablement calme. Dans la gare de Hangzhou au retour, l’ambiance sera tout autre avec foule, cris et empressements généralisés. Et pour cause, il y a là pas mal de « ming-gong », ces migrants qui regagnent pour un an leur lieu travail après avoir retrouvé leur famille pour les fêtes, dans les provinces de l'ouest à des centaines de km d'ici. Après avoir repéré mon numéro de voie, la 13, je tente de passer mon petit ticket bleu au portillon. Rejeté. Impossible de descendre sur les quais moins de 10 minutes avant le départ. « Please wait » me sourit une jeune hôtesse en uniforme dans un anglais hésitant.


7h10 - Enfin sur le quai ! Il n'y pas grand monde. Avec son faux air de Shinkansen japonais, le train est à quai. Tout neuf évidemment. Voiture 5, place 1A, comme indiqué sur le billet. La finition du train est bonne, mais la largeur des sièges est au standard du chinois moyen avec 5 places par rangées, et 4 en première. Un peu juste pour moi. Toutes les rangées sont pourvues de prises électriques. Les sanitaires rutilent.


7H19 - A l'heure prévue, c'est le départ. Tiens, mon Macbook affiche un signal wi-fi siglé CRH, mais impossible de se connecter. Mystère. Pour avoir des détails sur le train pas besoin de se connecter à internet : une voix off égrène fièrement en anglais les performances dans les hauts parleurs. Vitesse maximale lors des tests : 416,6 km/heure. Vitesse commerciale maximale : 350km/h. La voix anonyme explique combien le développement de la grande vitesse est important pour la Chine. Et promet que bientôt Shanghai sera relié à Canton à 1500 km au sud.

Le train que j'emprunte ce matin est un CRH 159A. Au retour, la voix off, toujours elle, m'indiquera que le train cette fois est un CRH380, le premier développé avec des technologies 100% chinoises. En fait, les « bullets trains » chinois fabriqués par CSR et CNR sont dérivés des partenariats passés par ces deux fabricants avec Siemens, Bombardier ou le consortium japonais du Shinkansen. 


7H45 -
Après un unique arrêt dans une ville proche de Shanghai où le train s'est rempli d'un coup, nous voilà lancés à pleine vitesse. Nous longeons des banlieues sans âme comme la Chine de l'est en regorge. Puis quelques rizières, des zones de maraichage et de petits étangs piscicoles émaillent le morne paysage parsemé de lignes à haute tension. Mais nous ne quittons jamais le contexte urbain. Avec la pluie qui s'acharne sur la plaine du delta du Yang tsé, de toute façon je ne vois pas grand chose. Sur l'autoroute qui longe la voie, les véhicules semblent rouler au ralenti. Le compteur de vitesse juste au dessus de mon siège affiche 347km/h. Plus vite que n'importe quel train français en vitesse commerciale (320kmh). Pourtant, les voitures bougent à peine. Dehors, seules quelques maisons aux toits relevés à la chinoise donnent de temps à autre un cachet local.
 


7H56 -
Nous longeons les travaux d'une autre LGV, sans doute celle qui reliera directement Nanjing à Hangzhou. Partie de rien, la Chine a ouvert sa première LGC Pékin-Tianjin en mars 2008. Elle compte déjà 2 000 km de LGV. Elle en annonce 20 000 pour 2020.


8h00 - Une voie enregistrée sur un fond musical à la Richard Clayderman annonce en chinois, puis en anglais, notre arrivée proche. En fait, le CRH a de l'avance et rentre à petit vitesse dans la banlieue de Hangzhou, conurbation de 8 millions d'habitants. Si de prime abord rien ne la distingue des autres villes chinoises avec ses forêts de tours, cette cité est un haut lieu du tourisme avec un lac très réputé. Elle vient aussi de se voir décerner la palme de l'immobilier le plus cher en Chine. Prix moyen pour le logement neuf : 25 840 yuans/m2, environ 2 600 euros. Ici les riches patrons de PME abondent. CQFD.
 


8h14 -
Arrivée à destination et stop avec une minute d'avance sur l'horaire prévu. Je viens de parcourir les 202 km sans même m'en apercevoir en 55 mn. Au retour avec un train sans arrêt, le voyage sera encore plus court : 47 mn. Mais le service commercial le plus rapide est de 45 mn.

Sitôt le train arrêté, une armée de femmes de ménage en uniforme bleu nettoient les vitres extérieures et montent à bord. Surprise, elles retournent les sièges qui pivotent sur leur axe et se retrouvent dans l'autre sens, face au sens de la marche. Une petite astuce qui permet à tous les passagers d'être tournés vers l'avant. Le chauffeur en uniforme et casquette remonte les rames pour s'installer dans le poste de commande de l'autre coté du train, prêt à repartir.


Me voilà sur le quai. J'emprunte les couloirs. Ouf ! Violette une assistante du patron de Seb Supor m'attend à la sortie avec une pancarte. La journée peut commencer. En voiture cette fois. Place aux bouchons !

De Shanghai à Hangzhou, Pierre-Olivier Rouaud

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