[737 MAX] Boeing va payer plus de 2 milliards d'euros pour solder une enquête des États-Unis

Boeing va payer plus de 2 milliards d'euros pour mettre fin à une enquête de 21 mois sur le 737 MAX. Accusé de fraude, le constructeur aéronautique a annoncé le 7 janvier un accord avec le gouvernement américain.

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[737 MAX] Boeing va payer plus de 2 milliards d'euros pour solder une enquête des États-Unis
Le 737 MAX lors d'un vol test en septembre 2020.

Boeing conclut un accord avec le gouvernement américain pour solder un litige lié au 737 MAX. L'avionneur a annoncé jeudi 7 janvier qu'il verserait plus de 2,5 milliards de dollars (2,04 milliards d'euros) dans le cadre de l'enquête du département de la Justice sur les deux accidents de son avion best-seller qui ont fait 346 morts en 2018 et 2019. Le ministère accusait l'entreprise de complot en vue de commettre une fraude.

"Conduite frauduleuse et trompeuse"

"Les accidents tragiques du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d'Ethiopian Airlines ont révélé la conduite frauduleuse et trompeuse des employés de l'un des principaux fabricants d'avions commerciaux au monde", a déclaré le procureur général adjoint par intérim David P. Burns. "Les employés de Boeing ont choisi la voie du profit plutôt que celle de la franchise en dissimulant des informations importantes à la FAA (l'aviation civile américaine) concernant l'exploitation de son avion 737 MAX et en s'engageant dans un effort pour dissimuler leur tromperie", a ajouté le procureur.

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Boeing reconnaît dans des documents judiciaires que deux de ses pilotes d'essais du 737 MAX avaient trompé la FAA au sujet d'un système de sécurité appelé MCAS impliqué dans les deux accidents. À cause de cela, la FAA "n'était pas pleinement informée de la portée opérationnelle élargie du MCAS lorsqu'elle a pris ses décisions en matière de formation pour le MAX", admet l'avionneur dans un communiqué. L'accord "reconnaît à juste titre que nous n'avons pas répondu à nos valeurs et à nos attentes", a commenté David Calhoun, le nouveau directeur général de Boeing.

Une "tape sur les doigts" selon un élu démocrate

L'accord avec le département de la Justice prévoit la mise en place d'un nouveau programme de "conformité" chez Boeing avec des contrôles internes pour prévenir de nouvelles fraudes. Le gouvernement américain a toutefois choisi de ne pas imposer d'inspecteur indépendant à l'entreprise. "La fraude n'était ni généralisée dans l'ensemble de l'organisation, ni commise par un grand nombre d'employés, ni facilitée par la haute direction", argumente le ministère américain.

Le représentant démocrate Peter DeFazio a toutefois critiqué les termes de l’accord, le comparant à une “tape sur les doigts” et parlant d’une “insulte aux 346 victimes qui sont mortes à cause de la cupidité d’une entreprise”. "Non seulement le montant de l'accord n'est qu'une fraction des revenus annuels de Boeing, mais l'accord élude toute responsabilité réelle en termes d'accusations criminelles", a ajouté l’élu qui préside la commission parlementaire des transports et des infrastructures.

Une crise à 20 milliards de dollars

La somme prévue par l'accord comprend une sanction pénale de 243,6 millions de dollars, 1,77 milliard d'indemnités et la création d'un fonds de 500 millions de dollars pour les proches des victimes. En conséquence, Boeing va inscrire une charge de 743,6 millions de dollars dans ses comptes du quatrième trimestre 2020. Le constructeur aéronautique avait déjà mis de côté 1,77 milliard de dollars au cours des trimestres précédents pour dégager une compensation financière aux compagnies aériennes.

Les catastrophes aériennes d'octobre 2018 et mars 2019 ont plongé Boeing dans la période la plus turbulente de son histoire, marquée par une multitude d'enquêtes à son encontre, un remaniement interne et de lourdes pertes financières. Cette crise a déjà coûté environ 20 milliards de dollars (16,3 milliards d'euros) au groupe. Immobilisé pendant 20 mois, l'avion a repris ses vols commerciaux en décembre 2020 aux États-Unis.

Avec Reuters (David Shepardson, version française Jean-Philippe Lefief)

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