725 millions d'euros pour démanteler Eurodif

Eurodif Production, filiale d'Areva, cessera toute activité fin 2012 et sera remplacée par l'usine Georges-Besse II. Son démantèlement débutera à partir de 2016 et représentera un coût de 725 millions d'euros.

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725 millions d'euros pour démanteler Eurodif

L'usine Eurodif Production, située sur le site d'Areva NC à Pierrelatte (Drôme), est la seule unité en France à enrichir l'uranium (via la technologie dite de diffusion gazeuse), destiné à alimenter les réacteurs des centrales nucléaires du monde entier.

Opérationnelle depuis 1979, cette unité, filiale d'Areva, cessera toute activité fin 2012. Elle sera alors remplacée par l’usine Georges-Besse II, en cours de construction, qui utilisera la technologie dite de centrifugation, d'un coût de plus de 3 milliards d'euros.

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Ne présentant plus alors aucun intérêt industriel ni financier pour le groupe Areva, Eurodif Production fera l'objet d'un démantèlement complet que le groupe mènera sous l'œil "attentif" des inspecteurs de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire). Couvrant une surface de 190000 mètres carrés, ses quatre bâtiments contiennent pas moins de 130000 tonnes d'acier et 30000 tonnes d'équipements divers. La cascade d'enrichissement contient à elle-seule 28 000 tonnes de barrières de diffusion.

Bien entendu, un tel outil ne s'arrête pas d'un seul coup ! Pas moins de cinq mois seront nécessaires pour y stopper progressivement les machines. Dès l'arrêt définitif de la production en octobre 2012, et ce même si quelques incertitudes demeurent encore concernant notamment la réutilisation (ou pas) de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de ferrailles, les premières opérations à mener se précisent.

"Nous allons mettre en œuvre les savoir-faire que nous avons développés entre 1998 et 2010 pour démanteler les usines utilisées naguère par le CEA pour enrichir l'uranium à des fins militaires. Pendant cette période, ce sont 21 000 tonnes de matériels qui ont été démontées et traitées", expliquait récemment Frédéric De Agostini, le directeur du site d'Areva Tricastin.

60 millions D'EUROS DEJA investis POUR PRISME

Une 1ère étape, appelée "Prisme" (projet de rinçage intensif suivi d'une mise à l'air d'Eurodif), visera d'abord à réduire la quantité de matières radioactives et chimiques qui demeurent dans les installations de l'usine (cascades de diffusion) pour faire baisser le niveau de réactivité sous le seuil des 100 becquerels par gramme et diminuer ainsi tout risque aux opérateurs pendant la phase ultérieure de démantèlement. Cette étape serait engagée en 2013, pour une durée de trois ans.

"La réaction chimique née de l'injection dans les cascades d'un réactif, le trifluorure de chlore fabriqué sur le site du Tricastin par Comurhex, va nous permettre de récupérer sous la forme d'UF6 (hexafluorure d'uranium) près de 300 tonnes de matières, lesquelles seront ensuite réutilisées dans le cycle de production", poursuit le directeur. Ensuite, l'injection d'air humide permettra de rendre chimiquement stables les éléments résiduels présents. Communément appelées "macération", ces opérations seront menées par les mêmes équipes qui, jusque-là, assuraient l'exploitation du site.

Pour engager cette première étape (Prisme), un dossier a été transmis aux ministres chargés de l'Industrie et de l'Environnement en janvier 2011. Ce document qui décrit les opérations de rinçage des installations est instruit par l'Autorité de Sûreté nucléaire. Une enquête publique sera engagée avant la fin de l'année.

Si 60 millions ont été investis dans l'achat d'équipements pour réaliser l'opération Prisme, le coût du démantèlement complet d'Eurodif, qui sera enclenché à partir de 2016 et pour une durée de 10 à 15 ans, a été réévalué à 725 millions d'euros (600 millions précédemment).

Enfin, concernant le "devenir" des milliers de tonnes de ferraille encore en suspens, deux possibilités sont à l'étude : l'acier pourrait être fondu et réutilisé en tant que matériaux de construction ou, à défaut, s'il restait trop radioactif, être enfoui sur l'un des sites gérés par l'Andra.

Par Vincent Charbonnier et Frédéric Rolland

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