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7 raisons pour lesquelles le pétrole va encore baisser

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le

Dès que plus de deux acteurs de la filière pétrole sont réunis, la question est systématiquement posée : le prix du pétrole a-t-il atteint son point bas (sous-entendu: va-t-il enfin rebondir)? Pour sept raisons, la réponse est plutôt non.

7 raisons pour lesquelles le pétrole va encore baisser © Swisscan - Flickr - C.C

Les stocks américains atteignent un niveau critique. Les stocks américains de pétrole brut devraient continuer à augmenter jusqu’en mai, au point que les négociants commencent à se demander quelles capacités vont encore pouvoir être mobilisées. Fin février, 60% des capacités de stockage étaient  déjà remplies et mi-mars, les Etats-Unis étaient à la tête de plus de 450 millions de barils de pétrole, selon l’American Petroleum Institute. Le stock moyen sur cinq ans varie entre 340 et 380 millions de barils.

La Chine réduit ses importations. Car les Etats-Unis ne sont pas les seuls à atteindre les limites de leurs capacités de stockage. Alors que s’ouvre la saison des maintenances de printemps dans les raffineries asiatiques, la Chine freine sur les importations de pétrole brut (-5 % depuis le pic de décembre). Pour atteindre le niveau de réserves stratégiques visé par les autorités chinoises (90 jours d’importations), il faudra attendre la construction de nouvelles capacités de stockage, qui devraient être opérationnelles en 2016. La constitution de stocks par la Chine était depuis août 2014 le principal facteur de croissance de la demande asiatique de pétrole brut, Pékin étant le deuxième consommateur mondial de pétrole.

Le pétrole iranien va revenir sur le marché. Avec la progression des négociations entre les puissances occidentales et l’Iran sur son programme nucléaire se profile la levée des sanctions et, partant, le retour du pétrole iranien sur le marché mondial. L’arrivée en Europe de quelques centaines de milliers de barils de brut iranien suffira à faire baisser le prix du Brent, qui frémit déjà à cette idée.

Le Japon relance ses centrales nucléaires. Alors que les 48 réacteurs nucléaires japonais étaient à l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, l’autorité de régulation japonaise a donné son accord pour le redémarrage de plusieurs réacteurs en 2015, ce qui réduira d’autant les importations énergétiques. La baisse de deux tiers du coût du gaz naturel liquéfié asiatique avait déjà provoqué le remplacement d’une partie des approvisionnements en produits pétroliers de l’industrie japonaise au profit du GNL, comme le relève la banque Goldman Sachs dans une note abaissant les prévisions de prix du baril de WTI à 40 dollars.

La croissance, en baisse, est en outre de moins en moins énergivore, du moins en ressources fossiles… La transition énergétique à laquelle l’Europe s’est attelée commence à porter ses fruits, malgré tous les retards pris dans les objectifs de décarbonation de l’économie. La part croissante des énergies renouvelables participe au ralentissement de la croissance de la demande pétrolière.

L’Arabie saoudite prépare elle aussi la transition énergétique. L’une des interprétations du refus catégorique du poids-lourd de l’Opep de baisser les quotas de production du cartel pétrolier, outre son refus de subventionner la croissance de la production de pétrole de schiste américaine en soutenant les prix aux dépens de ses parts de marché, est liée aux réserves encore disponibles dans son sous-sol. Alors que les Etats-Unis disposent de réserves évaluées à 6 ans (au rythme actuel d’extraction), l’Arabie saoudite a encore 60 ans d’extraction devant elle. Or nul ne sait, dans dix ou vingt ans, si le prix du pétrole aura doublé ou baissé de moitié en raison de la croissance des énergies de substitution. Dans le doute, il est possible que Ryad, grâce à ses coûts de production très faibles, préfère maintenir son rythme d’extraction tant que la demande est relativement forte et le prix acceptable.

La météo devient plus clémente. Selon les relevés de la Nasa et de l’Université de Columbia (New York), 2014 est l’année la plus chaude depuis qu’on compile les données climatiques mondiales (+0,68° en comparaison avec la moyenne 1951/1980), devançant 2010 (+0,66°) et 2005. Moins contestable (car les écarts restent faibles), 9 des 10 années les plus chaudes de la période sous revue ont été relevées au XXIe siècle. Tout porte à croire que ce réchauffement est bien tendanciel, et non conjoncturel.  Les hivers, notamment, sont plus cléments (+0,72° sur les mois de décembre de la période de référence), réduisant d’autant le besoin de chauffage des régions développées. Une réduction qui n’est pas encore compensée par l’usage accru de la climatisation dans les régions en développement. Même si, urbanisation oblige, cela finira par venir.

Myrtille Delamarche

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