500 EUROPÉENSLa high-tech invente ses recettes anticriseLes victimes de la crise sont déjà nombreuses dans les rangs des lauréats 2000 d'Europe's 500 dans la catégorie high-tech, le secteur le plus représenté avec 218 sociétés sur 500. les moyens existent pourtant pour poursuivre la croissance...

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500 EUROPÉENS

La high-tech invente ses recettes anticrise

Les victimes de la crise sont déjà nombreuses dans les rangs des lauréats 2000 d'Europe's 500 dans la catégorie high-tech, le secteur le plus représenté avec 218 sociétés sur 500. les moyens existent pourtant pour poursuivre la croissance...



Une première précaution s'impose avant de se réjouir du succès d'une entreprise répertoriée dans le classement 2000 dans la catégorie high-tech : vérifier qu'elle n'ait pas fait les gros titres de la presse économique ou financière pour mauvais, voire très mauvais, résultats. Car la crise dans laquelle est plongée le secteur depuis quelques mois n'a pas épargné les sociétés distinguées par Europe's 500. Le sort réservé à Intershop, qui occupe cette année la tête du classement, est à ce titre éloquent. La société s'illustre désormais plus par l'ampleur de ses pertes que par le succès de sa technologie (voir encadré ci- dessous).

Beaucoup de précédents lauréats ont disparu

Difficile, bien sûr, d'attendre de sociétés qu'elles reproduisent d'une année sur l'autre des performances remarquables ! Reste que la faible proportion des rescapées du classement, parmi les sociétés de high-tech, est inquiétante. Disparus, les champions européens 1998 dont " L'Usine Nouvelle " rapportait les success-stories dans les domaines des composants électroniques, de la revente de PC ou, bien sûr, d'Internet, tels que Elcoteq, R. Frazie, Qualton Teoranta ! Plus de trace non plus d'une grande partie des distinguées de 1999, à quelques exceptions près : la SSII française Neurones, son homologue suédoise IFS, ou le spécialiste d'e-commerce allemand Brokat. Le turnover des sélectionnées devrait être plus spectaculaire encore l'an prochain. Les qualifiées de cette année qui auront franchi le cap de 2001 en affichant une forte croissance et qui se retrouveront dans le classement 2002 mériteront une palme spéciale. Car c'est sur les résultats d'un exercice complet de crise que se vérifiera la violence du séisme qui secoue la high-tech. La raréfaction des capitaux privés, le marasme de la Bourse, associés au resserrement du marché, laissent peu de chances à des industries fortement consommatrices de cash pour le développement de leur technologie, pour le démarrage de leur activité ou pour le financement de leur croissance... Mais parfois, aussi, pour faire face au train de vie d'entreprise " imposé " par l'univers de la high-tech.

Toute la palette des métiers de la high-tech est présente

Les nouvelles technologies constituent cependant toujours le secteur d'activité le plus représenté de la sélection, avec 218 sociétés sur 500. Leur nombre enregistre même une forte progression par rapport à 1999 ! Editeurs de logiciels spécialisés ou généralistes, fabricants de matériels informatiques, de composants électroniques, sociétés de services en informatique, de conseil ou spécialistes d'Internet. Cette année encore, toute la palette des métiers de la high-tech est représentée, avec une prédominance des activités de software (101 sociétés). Le marché spécifique de l'Internet a constitué en 2000 un moteur de croissance exceptionnel, puisqu'il a permis à 49 sociétés d'entrer dans le classement, deux d'entre elles se retrouvant même dans le Top 5 de la performance : l'allemand Brokat, toujours lui, et son compatriote Teles.

Internationalisation, nouveaux marchés...

Si l'état de grâce semble bel et bien terminé pour certains, comme les Web agencies, nombreux sont les chefs d'entreprise qui restent confiants dans l'avenir de leur groupe. A quelques conditions, cependant. Le regroupement est l'une d'entre elles. Trouver des partenaires à l'étranger doit permettre à la fois de faire face à la contraction des marchés intérieurs, de maintenir un certain niveau d'activité et de rester compétitif. C'est en tout cas l'avis de Roberto Polillo d'Etnoteam, pionnier de l'Internet italien. Pour le gallois Total Network Solutions, le maintien de la croissance passe par une maîtrise rigoureuse des coûts, mais aussi par le développement d'une activité récurrente. " Les services d'hébergement alimentent nos revenus de façon continue, ce qui nous autorise à faire face aux aléas de la distribution de matériel ", explique Mike Harris, le fondateur de TNS. Face à l'effondrement de leur secteur, les PME européennes spécialisées dans les télécommunications ont également dû trouver des solutions. Le fabricant belge de semi-conducteurs Melexis affiche, lui, une santé et des perspectives insolentes. La société s'est positionnée dès 1994 sur le créneau de l'industrie de l'automobile comme partenaire des grands équipementiers, " un marché beaucoup plus stable que celui des télécommunications, au dire de son P-DG, Roland Duchâtelet. La recherche de nouveaux marchés - toujours dans l'automobile, ou dans les télécommunications optiques - devrait aussi permettre à Picogiga de sortir de la crise sans trop de casse. Dans le cas du fabricant français, ce développement commercial s'accompagne d'une diversification technologique prometteuse, notamment vers les semi-conducteurs composés. Internationalisation, revenus récurrents, recherche de nouveaux marchés, maîtrise et développement technologique... C'est le prix à payer, dans la high-tech, pour avoir une chance de figurer dans le prochain classement Europe's 500. Ou même tout simplement pour ne pas être rayé de la carte.



INTERSHOP, CHAMPION DÉCHU

Numéro 1 du classement, l'allemand Intershop voit ses pertes s'alourdir et son chiffre d'affaires fondre.

Grand habitué du classement d'Europe's 500, numéro 1 de la cuvée 2001 avec une progression de son chiffre d'affaires, sur cinq ans, de... 8 852 %, Intershop se retrouve pourtant dans la tourmente. Celle qui frappe le monde de la high-tech et qui pouvait difficilement épargner l'ambitieux éditeur allemand de logiciels pour le commerce électronique. Celle qui secoue aussi le Neuer Markt, dont Intershop était l'une des valeurs phares. En grande difficulté depuis quelques mois, Intershop voit ses pertes s'alourdir. Elles atteindront 28,3 millions d'euros au deuxième trimestre de 2001, contre 1,3 million d'euros sur la même période l'année précédente, pour un chiffre d'affaires de 22 millions d'euros, en baisse de 32 % sur un an. Le titre Intershop a, lui, perdu 92 % de sa valeur depuis janvier. La chute de la clientèle que représentaient les " . com " n'explique pas tout. Le passage rapide, trop rapide diront certains, de 500 à 1 300 salariés, a lui ausssi contribué à plomber les comptes de la société. Ensuite, de l'aveu même de ses dirigeants, la transition d'un modèle de vente indirecte peu coûteux à un modèle de vente directe plus lourd à gérer a achevé de creuser les pertes du groupe. Il faudrait désormais un miracle pour qu'Intershop, à la santé financière désormais précaire, réapparaisse dans la sélection d'Europe's 500...



DESCENTE AUX ENFERS POUR LERNOUT & HAUSPIE

Malversations, prison, mise en redressement... Funeste sort, que celui de l'ancienne vedette des technologies liées à la parole et aux langages.

" Le tribunal a estimé que le plan de redressement ne comporte pas suffisamment de chiffres précis. " Cet avis du tribunal de commerce d'Ypres, tombé en juin, a accordé un nouveau sursis à la société de technologie vocale belge Lernout & Hauspie. Sa mise en faillite pourrait intervenir à la fin de ce mois. Elle mettrait un terme à un imbroglio judiciaire qui a conduit en prison plusieurs dirigeants de l'un des leaders mondiaux de la reconnaissance vocale, dont ses fondateurs, Jo Lernout et Pol Hauspie.

La descente aux enfers de cette entreprise, symbole de la high-tech belge, implantée sur une zone économiquement sinistrée, a débuté en fin d'année dernière avec la découverte d'irrégularités comptables, de faux en écriture et de manipulations de cours. Sanctions immédiates de la justice belge dans la foulée des réactions des autorités boursières américaines, qui avaient accueilli Lernout & Hauspie au sein de la cote du Nasdaq. Rectifications faites, le chiffre d'affaires cumulé des exercices 1998, 1999 et du premier semestre ne serait pas de 535 millions de dollars, mais de 162 millions ! De fait, Lernout & Hauspie a souffert de la morosité d'un marché de la reconnaissance vocale qui ne décolle pas en raison de la mauvaise réputation de nombreux produits qui souffrent de leur manque de convivialité. D'après l'administrateur judiciaire, entre 100 et 125 millions de dollars d'investissement sont aujourd'hui nécessaires pour remettre l'entreprise sur les rails. Quant au marché de la reconnaissance vocale, il ne devrait pas décoller avant 2005...



Allemagne

MATERNA, MINI-MESSAGES, MAXI-CROISSANCE

Après un pari audacieux sur les messages courts pour téléphones mobiles, l'intégrateur allemand a multiplié en quatre ans son chiffre d'affaires et ses effectifs par trois.

" Personne ne sera assez stupide pour aller taper des messages écrits sur un téléphone portable ! Ça ne marchera pas. " Lancé il y a cinq ans par un opérateur de téléphonie mobile, l'avertissement fait aujourd'hui sourire, dans ses bureaux de Dortmund, Helmut an de Meulen, président cofondateur de la société de services informatiques allemande Materna. Ses serveurs sous-traitent désormais chaque mois, pour des opérateurs en télécommunications comme Vodafone, quelque 400 millions d'envois de ces messages tapés du bout des doigts sur le clavier d'un téléphone mobile GSM, et mieux connus sous le nom de SMS. Materna, du nom de son autre co-fondateur, attendait son heure depuis longtemps. " Dès les premières recherches, dans les années 80, pour tout le monde, le protocole GSM, ce n'était que de la voix. Beaucoup avaient oublié que son infrastructure pouvait aussi servir de véritable réseau d'échange de données numériques ! ", se rappelle Helmut an de Meulen. En 1997, le battage médiatique autour du Wap est l'électrochoc tant attendu. Sans attendre, Materna se positionne comme le premier opérateur de services SMS " non télécommunications ", un mode de communication plus simple et moins onéreux que l'Internet mobile. Rentable depuis plusieurs années, la société embauche, investit vite. Le marché semble suivre. Pendant ce temps, le Wap stagne. Forte de son expérience, elle se trouve un avantage concurrentiel : la capacité à reconfigurer plus rapidement que les opérateurs son centre de traitement pour gérer les pics d'envois de messages. Le marché du SMS décolle. Et Materna n'oublie pas de prélever au passage quelques centimes sur chaque message transmis. Résultat : en quatre ans, elle triple ses effectifs, et son chiffre d'affaires s'envole à 175 millions d'euros.

Prochaine étape : l'expansion à l'étranger

Seul regret aujourd'hui, pour l'ancien spin-off de l'Université de Dortmund : ne réaliser que 10 % de son chiffre d'affaires à l'étranger. Après la France l'année dernière, la mise en place de filiales en Europe du Sud doit l'aider à rapidement corriger le tir. " Avec des prix encore un peu élevés et une interconnexion entre opérateurs tardive, des pays comme la France conservent un fort potentiel. Un utilisateur français n'envoie, par exemple, que 0,5 message par jour, contre 2 pour un Allemand ! ", précise Helmut an de Meulen, jonglant avec des portables de marques différentes, adaptant, stratégie européenne oblige, l'objet à la nationalité de son interlocuteur. Sur ces marchés déjà occupés par les opérateurs de télécommunications, la conquête se fera avec d'autres services sans choc frontal. Après la gestion des téléchargements de sonneries des abonnés SFR, Materna parie maintenant sur l'envoi de messages multimédias, notamment grâce aux téléphones GPRS. Empêtrée dans des retards de livraisons des terminaux, prévues désormais pour la fin de l'année, la nouvelle norme tardera peut-être à s'imposer. Mais, si certains doutent encore d'un succès rapide de Materna, cette fois, plus personne n'ose ricaner.



MATERNA

Dortmund

Activité Services SMS

Chiffre d'affaires 2000 175 millions d'euros

Chiffre d'affaires 1996 51 millions d'euros

Croissance 1996-2000 343 %

Effectif 1 200 personnes



Italie

ETNOTEAM, UN PIONNIER TOUJOURS EN POINTE

Créé par des professeurs d'informatique dans les années 70, Etnoteam est l'un des vétérans de l'Internet italien, et attend un mariage qui lui permettrait de s'étendre hors de la Péninsule.


Espace massage, salon de réflexion, salle de musculation, le tout planté au gré de plateaux d'une surface totale de 11 000 mètres carrés agencés et meublés par le pape du design milanais, Sottsass. Roberto Polillo, le patron d'Etnoteam, s'est finalement laissé tenter par cette volupté toute " nouvelle économie " en offrant à ses 1 360 employés un siège " branché " à l'image de leur société. Vétéran du secteur, il n'a pas tenu à différer son projet malgré la crise de l'Internet et des télécommunications qui sévit en Italie comme ailleurs. Le quinquagénaire a créé Etnoteam en 1978, avec un collègue de l'université où il enseignait, et enseigne toujours les technologies de l'information. Société de services informatiques, Etnoteam s'est développée principalement dans les systèmes d'intégration avant de prendre, en 1994, le virage de l'Internet pour devenir l'un de ses acteurs incontournables en Italie. Etnoteam se spécialise alors dans les services d'e-business pour grands comptes et dans le secteur des télécommunications. Le groupe milanais vient justement d'inaugurer un " laboratoire du sans-fil ", une vitrine de ses compétences en matière de services couplant Internet et téléphonie mobile. " Nous représentons aujourd'hui 15 % du marché italien des services informatiques, estime Roberto Polillo. Notre chiffre d'affaires a doublé de 1999 à 2000 et devrait encore progresser de 50 % pour atteindre 170 millions d'euros cette année ", prédit le Milanais. Le développement du groupe s'est accompagné d'un déploiement de bureaux ou de filiales sur l'ensemble de la Péninsule. Il est désormais limité par le poids sur le secteur de géants mondiaux du conseil en technologies de l'information. Et par un marché, en Italie comme ailleurs, qui connaît un ralentissement, que Roberto Polillo considère " exagéré ". " Il y a la Bourse et il y a l'activité quotidienne. Nous qui faisons beaucoup d'administration de réseau, nous ne sommes pas trop perturbés. "

" Chi va piano va sano "

Ce contexte a cependant considérablement freiné les ambitions européennes d'Etnoteam. " Notre objectif est d'entrer dans les cinq plus gros en Europe ", précise Roberto Polillo. Autant dire qu'Etnoteam attend son heure pour réaliser une fusion ou une acquisition. La patience est une vertu que cultive sans conteste Roberto Polillo. Par trois fois déjà, il a reporté l'introduction en Bourse de sa société pour cause de mauvaises conditions de marché. Car être cotée simplifierait le projet de rapprochement d'Etnoteam. " On échangerait nos titres, et basta ! ", soupire l'informaticien aux allures de professeur Tournesol. En attendant, la cession récente de sa participation dans un fournisseur d'accès Internet pour les entreprises garantit une réserve de cash suffisante à Etnoteam pour le préserver des démons de la nouvelle économie, qui ont entraîné, en Italie comme ailleurs, une hécatombe dans les sociétés de l'Internet.



ETNOTEAM

Milan

Activité Services informatiques

Chiffre d'affaires 2000 106,3 millions d'euros

Chiffre d'affaires 1996 22,7 millions d'euros

Croissance 1996-2000 368 %

Effectif 1 360 personnes



Grande-Bretagne

TOTAL NETWORK SOLUTIONS SOIGNE SES COMPÉTENCES

Distributeur, intégrateur, prestataire de services pour réseaux de télécommunications en tout genre, Total Network Solutions a su se diversifier sans se disperser.

Perdue dans la campagne galloise, à quelques centaines de mètres du petit village en pierres sombres d'Oswestry, la société Total Network Solutions ne paie pas de mine. Ses murs en préfabriqué, les nombreux mètres carrés dont elle dispose, les trophées et les photos exposés dans le hall d'entrée lui donnent un air de pure start-up Internet. Et pourtant, Total Network Solutions a déjà dix ans d'ancienneté et quelques belles expériences en poche. " En nous installant ici, nos coûts sont moins élevés, signale Mike Harris, fondateur de l'entreprise. De plus, la qualité de vie ici est bien meilleure, et, en moins de quatre heures, nous pouvons être partout en Angleterre. " Le choix se révèle d'autant plus judicieux que la croissance de la société a été extrêmement rapide, tant en termes de chiffre d'affaires que d'effectifs. Ainsi, en dix ans, Total Network Solutions est passée de 4 à 150 salariés, alors que son chiffre d'affaires augmentait régulièrement de 60 % par an. Et ce n'est fini ! Dans les quatre mois qui vont suivre, Mike Harris envisage de recruter 30 personnes et espère obtenir un chiffre d'affaires 2001 de 50 millions de livres sterling (l'an passé, il en réalisait 26,5 millions). Les nuages qui s'amoncellent au-dessus du secteur des télécommunications ne l'effraient pas. " Certes, le marché devient de plus en plus dur, mais nous avons de la chance, beaucoup de nos concurrents font faillite. Et il existera toujours une demande ", signale Mike Harris. Il faut dire que, en bon Anglais habitué à la pluie, cet ancien ingénieur de British Telecom est résolument optimiste et sûr de lui. Et la chance ne semble pas l'avoir quitté depuis qu'il a gagné un appel d'offres pour gérer les réseaux de télécommunications locaux et internationaux de la filiale britannique de Heinz, le producteur de Ketchup. Succès qui signe l'acte de naissance de Total Network Solutions.

Des compétences techniques fortes

Si la première activité de la so-ciété est bien d'offrir aux entreprises des services d'hébergement, d'intégration et d'installation de leurs réseaux de télécommunications voix ou données, Total Network Solutions a aussi choisi de se diversifier dans la revente de matériels, tant pour les entreprises, les opérateurs de télécommunications, les fournisseurs de services Internet que pour les intégrateurs. " Les activités sont complémentaires. Les services d'hébergement alimentent nos revenus de façon continue, ce qui nous autorise à faire face aux aléas de la distribution de matériels. Celle-ci nous permet d'autre part d'acquérir et de conserver des compétences techniques fortes ", précise Mike Harris. Et il ne badine pas avec les compétences. Ainsi, hors de question pour lui de faire des ponts d'or à des ingénieurs finalement peu doués, même s'il y a pénurie. Du coup, Total Network Solutions s'est engagée dans un programme de formation. Tous les trois mois, il recrute 10 personnes qui seront formées puis soumises à des examens. Si elles réussissent, elles intégreront définitivement l'entreprise. De l'aveu même du dirigeant, seules cinq personnes restent à la fin de la formation d'un an. " Mais ce sont les compétences de nos salariés qui sont au coeur du succès de l'entreprise. " Pas étonnant, dès lors, que Mike Harris compte sur son personnel britannique pour conquérir l'Europe. Le mot est un peu fort, car les ambitions de Total Network Solutions sont avant tout de suivre ses clients paneuropéens. " Cela permet d'explorer les marchés, en réduisant les coûts, puisque nous pouvons bénéficier de leurs locaux ", précise Mike Harris. Un peu de culot et des compétences qui l'ont fait devenir un prestataire certifié " Gold Partner " par Cisco, voilà les clés du succès de la petite société galloise...



TOTAL NETWORK SOLUTIONS

Oswestry

Activité Distributeur, intégrateur et prestataire de services de télécommunications

Chiffre d'affaires 2000 44,84 millions d'euros

Chiffre d'affaires 1996 7,1 millions d'euros

Croissance 1996-2000 531 %

Effectif 150 personnes



France

POUR PICOGIGA, L'AVENIR EST AUX SEMI-CONDUCTEURS COMPOSÉS

Le fabricant français de plaquettes de semi-conducteurs à très hautes fréquences s'attaque à de nouveaux marchés en misant sur des matériaux aussi exotiques que prometteurs.


Pour Picogiga, la crise des télécommunications, c'est déjà presque de l'histoire ancienne. Tout en y restant attaché, le groupe a su bâtir sa croissance hors du marché des mobiles. Et, sans pour autant renier l'AsGa (arséniure de gallium), développer des compétences dans de nouveaux matériaux semi-conducteurs. Les télécommunications, Picogiga connaît bien. Ce pionnier de l'AsGa a fourni les premières plaquettes de ce semi-conducteur à Sony pour des antennes de réception par satellite. Il s'est ensuite intéressé aux applications militaires des radars, pour lesquelles le silicium n'est pas apte à répondre en fréquence. Puis, il y a eu l'explosion des mobiles en 2000. Une année euphorique pour Picogiga, comme pour tous les acteurs de la filière semiconducteurs. Concrètement, cela s'est traduit par une augmentation de 80 % de son chiffre d'affaires, à 20,7 millions d'euros, un doublement de sa marge brute, et des résultats opérationnels multipliés par trois !

Une meilleure visibilité à moyen terme sur les marchés

Mais les mobiles n'ont pas été les seuls moteurs. " Cette croissance est due également à la boucle lo- cale radio ", analyse Jean-Pierre Renault, directeur exécutif. La raison ? " Nos clients, comme Toshiba ou Triquint, présents historiquement dans le militaire, se sont ouverts aux applications civiles de haut de gamme. " Et la boucle locale radio pèse aujourd'hui la moitié du chiffre d'affaires, contre un tiers l'année dernière.

Conséquence, fin juin, le carnet de commandes est plus élevé qu'en 2000, où il était composé pour les deux tiers de demandes pour les mobiles. Revers de la médaille, les délais de livraison sont plus longs, car il s'agit avant tout d'équipements pour les infrastructures. " Nous gagnons ainsi de la visibilité à moyen terme sur les marchés ", se félicite Jean-Pierre Renault. Pour le plus long terme, Picogiga avance déjà ses pions dans les télécommunications optiques, et surtout les radars anticollisions pour l'automobile. " Ce marché devrait voir le jour d'ici à deux ans, bien en avance sur les prévisions ", estime Jean-Pierre Renault. Cette recherche de nouveaux marchés s'accompagne d'une autre diversification, technologique cette fois. " C'est une ramification plus qu'une diversification ", corrige Linh Nuyen, fondateur et P-DG. Tout en restant fidèle à l'AsGa, qui a fait le succès de la société, il s'intéresse aux autres " semi-conducteurs composés ". Ces arséniures, phosphures et autres nitrures sont issus des colonnes III et V du célèbre tableau périodique des éléments de Mendeleïev (le silicium appartient à la colonne IV). Ils offrent tous des possibilités intéressantes dans les très hautes fréquences, comme la commutation optique ou l'anticollision, à respectivement 40 et 77 gigahertz. Il faudra certainement ajouter bientôt de nouveaux termes à notre vocabulaire électronique, et ne pas hésiter à parler d'" antimoniure d'indium " (InSb).



PICOGIGA

Villejust

Activité Fabrication de semiconducteurs

Chiffre d'affaires 2000 20,7 millions d'euros

Chiffre d'affaires 1996 7,85 millions d'euros

Croissance 1996-2000 164 %

Effectif 60 personnes



Italie

COMPEL ELECTRONICS S.P.A. L'INDÉPENDANCE GAGNANTE

Le groupe italien de conception et de fabrication de composants et de systèmes électroniques s'est développé en fonction des besoins de ses clients.

Se développer en fonction des besoins des clients et répercuter les avancées techniques auprès de tous les acteurs : la stratégie de Compel est simple, mais efficace. Pour preuve, le groupe affiche pour 2000 un chiffre d'affaires de 95,7 millions d'euros. Et peut se targuer d'une croissance plus qu'honorable de 168 % en cinq ans ! A l'origine de ce succès, Fernandino Colombo, toujours président de l'entreprise. En 1972, il décide de s'attaquer au marché alors émergent des connecteurs électriques et fonde Compel Electronics. Mais la seule fabrication ne lui suffit pas. Au début des années 80, il oriente la société vers la conception afin de répondre aux exigences particulières de ses clients. Dans ce but, il étoffe l'entreprise et crée de nouvelles entités. " Notre volonté n'est pas de devenir un grand groupe sous un seul et même nom, mais d'avoir plusieurs petites sociétés, très spécialisées, explique Fernandino Colombo. Nous devons être capables de mener à bien l'intégralité d'un projet. " Fernandino Colombo est aujourd'hui à la tête d'un ensemble de dix-huit entreprises. Chacune d'entre elles n'excède pas les vingt salariés. L'Italien les répartit selon trois grands pôles : les connecteurs, les hyperfréquences et les systèmes électroniques. Elles couvrent les télécommunications, la mécanique et la fabrication de matières plastiques. Cette diversité cultivée permet à plusieurs sociétés du groupe de travailler en partenariat sur un même projet, chacune apportant ses compétences. Ainsi, pour la fabrication d'une imprimante, l'une va s'occuper des composants, puis une autre du design de la coque plastique. Cette organisation permet de réduire les coûts et d'être très flexible à la demande, le groupe n'intervenant que sur l'aspect commercial.

Un catalogue très diversifié

Tandis que Compel se développe, ses premiers clients se trans- forment en gros acteurs sur les marchés de l'électronique et des télécommunications : Alcatel, Siemens, Ericsson, IBM, Marconi, Cisco, Olivetti, Thomson, Bosch, Motorola, entre autres. Leurs exigences deviennent les standards de leur secteur respectif, ce qui permet à Compel d'être à la pointe et d'offrir un catalogue très diversifié. Une palette de produits qui s'étend des circuits à couche fine ou épaisse aux connecteurs de fibre optique, des modules hyperfréquences aux antennes pour radio mobiles.

Des partenariats commerciaux à l'étranger

Chaque projet mené avec un client est l'occasion d'innovations qui profitent ensuite à tous par transfert. Ce qui est indispensable à l'un peut être utile à l'autre. Parmi les travaux en cours, la conception d'un nouveau connecteur de fibre optique, toujours plus petit. Côté recherche, un partenariat avec Alcatel doit se mettre en place pour la réalisation d'un câble électrique destiné au secteur des télécommunications. Toujours pour satisfaire au mieux ses clients, Compel tisse des partenariats commerciaux à l'étranger. En Espagne, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Brésil, c'est-à-dire où se trouvent leurs clients. " Avec nos partenaires, nous sommes sur le même secteur, mais pas concurrents ", précise Francesco Carvelli, le directeur général. Compel apporte son savoir-faire technique, et le partenaire sa connaissance du marché local. Quant à la production, elle reste italienne. Mais, face à l'internationalisation de l'activité, elle pourrait s'étendre à d'autres pays... Les projets ne manquent pas à Fernandino Colombo pour continuer de croître. Il aime à répéter, pointant de son stylo l'organigramme du groupe : " Une bonne organisation est celle où des cases prévues restent à remplir. " La preuve que l'on peut se développer encore.



COMPEL ELECTRONICS S.P.A.

Cornate d'Adda (Milan)

Activité Conception et fabrication de composants et de systèmes électroniques

Chiffre d'affaires 2000 95,7 millions d'euros

Chiffre d'affaires 1996 35,7 millions d'euros

Croissance 1996-2000 168 %

Effectif 550 personnes



Belgique

MELEXIS, LE SALUT PAR L'AUTOMOBILE

La société belge a échappé au ralentissement du marché des semiconducteurs en se spécialisant dans la fabrication de puces pour l'industrie de l'automobile.


Les géants souffrent. Motorola, Intel, Infineon..., aucun grand fabricant de semi-conducteurs n'a échappé à la crise du marché des télécommunications et des PC. Incapables de la prévoir, ils voient leurs bénéfices s'effondrer depuis l'hiver dernier. Pas Melexis. Cette société belge de moins de 400 employés continue d'afficher une santé financière insolente, avec un taux de croissance d'environ 60 % par an depuis 1998. Son secret ? Fabriquer des puces, mais pour l'industrie de l'automobile. " C'est un marché beaucoup plus stable que celui des télécommunications ", explique Roland Duchâtelet, P-DG et cofondateur de Melexis.

La recherche d'une fiabilité exemplaire

Assembleur classique de circuits intégrés à sa création en 1984, Melexis a pris le virage de l'industrie de l'automobile dix ans plus tard. Aujourd'hui, 75 % de son chiffre d'affaires (85,4 millions d'euros en l'an 2000) est généré par ses ventes aux équipementiers, tels que Delphi, Bosch, TRW ou Magneti Marelli. L'entreprise, établie à Ypres, leur fournit essentiellement des capteurs (de pression, d'accélération, de position...) Autant de circuits qui servent à contrôler le déclenchement des airbags, la régulation de la climatisation ou l'ouverture des vitres électriques. Confiant pour l'exercice fiscal en cours (le chiffre d'affaires devrait dépasser les 100 millions d'euros), le P-DG de Melexis l'est aussi pour les prochaines années. " Les accidents de la circulation sont de moins en moins tolérés. Les fabricants d'automobiles se focalisent donc sur la sécurité en développant des systèmes passifs (par exemple, les airbags) et actifs (suspensions intelligentes, régulateurs de vitesses). Ils ont besoin de plus en plus de capteurs. " En contrepartie, et " parce que les gens partent du principe que leur voiture ne doit pas tomber en panne ", l'industrie de l'automobile exige des semi-conducteurs presque parfaits. " Le niveau de fiabilité est d'une puce défaillante pour 1 million de puces produites. C'est mille fois plus exigeant que dans l'industrie de l'informatique. " Pour satisfaire cette condition, Melexis consacre son site d'Ypres aux tests des 200 millions de puces fabriquées chaque année. Là-bas, les semi-conducteurs sont soumis un par un à des températures extrêmes (de - 40 °C à environ 125 °C). " Ces tests représentent 20 % de la valeur d'une puce ", souligne Roland Duchâtelet. Ils représentent aussi une compétence qui protège Melexis de la concurrence sauvage de fabricants qui voudraient casser les prix. Aujourd'hui, l'entreprise belge partage un marché estimé à 10 milliards d'euros par an avec Motorola, Infineon ou STMicroelectronics. Certes, avec son 1 % de part de marché, elle fait figure de PME. Mais, à la différence des multinationales, elle table sur une croissance de 30 % en 2001.



MELEXIS

Ypres

Activité Fabricant de semi-conducteurs

Chiffre d'affaires 2000 85,4 millions d'euros

Chiffre d'affaires 1996 13,9 millions d'euros

Croissance 1996-2000 515 %

Effectif 350 personnes

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