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50 premières usines de France : cinq leçons sur l'industrie

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Publié le , mis à jour le 18/07/2013 À 10H28

Analyse L’Usine Nouvelle publie son classement exclusif des 50 premières usines de France. L’occasion de prendre le pouls de l’industrie et de confirmer cinq intuitions sur l’évolution de ce secteur.

50 premières usines de France : cinq leçons sur l'industrie © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Comme chaque année, nous sommes partis faire le Tour de France des sites industriels. À l’occasion de notre dossier spécial "la France de l’industrie", nous avons pris notre bâton de pèlerin pour aller prendre le pouls des grands écosystèmes industriels région par région. Celui de Safran en Ile-de-France, celui de Renault Trucks en Rhône-Alpes, celui de Renault à Cléon ou d’Eurocopter en Provence. Nous avons aussi et surtout voulu cette année publier le classement des 50 premières usines de France. À travers, ce palmarès, nous pouvons comprendre les grandes mutations en cours dans les filières industrielles françaises et surtout matérialiser le décrochage dont on parle si souvent. Voici les cinq informations majeures que je retiens de ce classement.


1. L’aéronautique plus forte que l'automobile
La reine des usines de France n’est plus PSA à Sochaux mais Airbus à Toulouse. À 2 000 salariés près, le site du géant de l’aéronautique surclasse celui du constructeur automobile. Bien sûr, l’automobile demeure prépondérante : plus de la moitié des sites (28 exactement) de notre top 50 peut en effet être rattachée à ce secteur. Mais ils sont en perte de vitesse : tous ont vu leurs effectifs baisser sur une année. À l’inverse l’aéronautique s’impose comme le secteur en forme. Avec 12 sites industriels classés, la filière affiche sa bonne santé avec des effectifs à la hausse presque partout. Ce passage de relais n’est pas que symbolique. Il révèle les mutations en cours dans l’écosystème industriel français. Pendant longtemps, l’automobile fut le modèle de l’industrie. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Comme nous l’avons déjà écrit souvent ici, c’est désormais l’aéronautique qui s’impose comme le nouveau benchmark de l’industrie.

 

2. La première industrie de France sous-représentée
L’agroalimentaire, pourtant la première industrie de France en nombre d'emplois, est presque totalement absent de notre classement. Seules deux usines réussissent à se placer en 26ème (Roquette) et 29ème position (LDC). Cela souligne une fois de plus l’éclatement des sites de production dédiés à l’alimentaire : souvent de petites unités disséminées dans les campagnes. Un handicap pour s'imposer à l'international ?

 

3. Le Nord toujours dominant
Un rapide coup d’œil à notre carte suffit pour en prendre conscience : l’industrie, c’est plutôt une spécialité du Nord de la France que du Sud. Si l’on trace une ligne imaginaire allant de La Rochelle à Oyonnax, on se rend compte que seuls 14 sites industriels sur les 50 répertoriés sont implantés en dessous de cette frontière. Les causes de cette répartition sont évidemment historiques (la révolution industrielle française a démarré dans l’Est et le Nord) mais également économiques. Comme aimait à le dire Toyota au moment de son implantation à Valenciennes, depuis sa base nordiste, il dessert une zone de chalandise de 200 millions de consommateurs.

 

4. Le décrochage industriel est réel
C’est LE point noir de notre classement : il démontre très clairement que les effectifs de 28 usines sur 50 sont en repli très net. Dans l’automobile, la sidérurgie et également dans la défense, les sites de production ont vu leurs effectifs fondre. Cela confirme le lent décrochage de l’industrie en France : ce secteur ne pèse plus que 10,1% du PIB selon les statistiques européennes. Pour le relancer, il faudra sans doute en passer par la réanimation.

 

5. L’industrie est plus grande que ses usines
Si nous appelons notre classement "Les 50 premières usines de France", c’est un peu abusif. Quand on se penche sur notre palmarès, on se rend compte que les plus gros sites industriels français sont aussi des centres de R & D et d’ingénierie. C’est le cas pour le premier d’entre eux, Airbus Toulouse, où une bonne partie des 13 217 salariés est en fait des ingénieurs œuvrant à l’ingénierie des futurs avions. Mais aussi de Renault à Guyancourt (ex-technocentre) qui se classe 4ème ou de PSA à Vélizy-Villacoublay, 12ème. La place de ces sites démontre bien que pour être un industriel aujourd’hui qui compte, l’enjeu ne se situe pas seulement dans les usines et les lignes d’assemblage mais aussi et surtout dans les centres de développement et de conception. L'industrie ce n'est plus que des usines !


Thibaut De Jaegher

 

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1 commentaire

Nom profil

18/07/2013 - 09h30 -

Les sites "de production" ne sont-ils pas aussi virtuels? Et l'industrie, au sens large: "une symbiose entre les Sciences, Techniques et Arts et le Business", ce qui autorise bien des méthodes et des organisations?

Par exemple, le plus gros secteur industriel US s'appelle "l'entertainment"... "Le divertissement" in French. Un secteur que les européens méprisent encore, alors que notre fonds culturel immense ne demande qu'à être exploité - et sans beaucoup de problème avec l'environnement!
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